Quand le coronavirus finit par nous rattraper

Les informations tournant de près ou de loin autour du coronavirus semblent fonctionner par vagues, comme la CoViD elle-même, et se font oublier aussi rapidement qu’elles resurgissent. Ce début de chronique voit la possibilité de les éclipser avec une petite brève de presse tout droit arrivée de la Russie maritime orientale.

La ville d’Artiom, peut-être pas si à contre-courant de l’actualité, cherche à redorer le blason d’une profession injustement méprisée par les jeunes : fossoyeur. Pour la rendre plus attractive, les autorités ont imaginé un grand concours, portant le nom étonnant de « Pétaudière tombale ». L’objectif ? Creuser une tombe fonctionnelle (le cercueil témoin doit y entrer du premier coup) le plus rapidement possible. Les équipes, composées chacune de deux personnes, creuseront dans la joie et la bonne humeur le 6 août, soutenues par l’organisation Necropolis, qui organise chaque année un grand salon du funéraire.

Qui sait, peut-être des vocations naîtront-elles… Le cimetière de Bouzoulouk, non loin d’Orenbourg, a également fait parler de lui cette semaine. Désireuses d’afficher publiquement leur reconnaissance aux soignants, les autorités locales ont décidé d’installer à l’entrée de la ville un grand panneau sur lequel figure le personnel hospitalier, accompagné de la mention « Merci docteur ! ». Problème : l’emplacement se trouve entre un grand cimetière et un affichage publicitaire pour les pompes funèbres du coin… D’aucuns y ont vu un cynisme grinçant.

Photo : Oren.mk.ru

Il reste cependant sur Terre de rares personnes qui semblent avoir, pour un temps, échappé au virus. Ainsi en est-il de ce député de Tcheliabinsk, parti il y a six mois pour un grand tour en yacht. Personne ne parlait du coronavirus, et notre homme a longé tranquillement les côtes africaines puis indiennes lors d’une expédition célébrant le bicentenaire des voyages de Fabien von Bellingshausen, un amiral russe qui fut aussi explorateur de l’Antarctique.

Si l’équipage n’a guère été inquiété par la pandémie mondiale, celle-ci a malgré tout réussi à les rattraper : le moteur s’est endommagé récemment au large de la Nouvelle Calédonie, et le bateau, en raison des restrictions sanitaires, n’a pu ni obtenir de visa – nécessaire pour accoster – ni bénéficier d’une aide technique. Celle-ci est promise depuis longtemps, mais se fait attendre, tous les circuits habituels étant compliqués par l’épidémie. Nos héros sont donc, pour l’heure, coincés dans l’océan Pacifique tels les personnages d’une dystopie.

Ils ne sont pas les seuls, bien évidemment, à avoir fait des projets en janvier sans se douter de ce qui allait arriver : huit jours après le Nouvel An ont ainsi suffi à un lycéen de Novossibirsk pour en avoir assez de l’année scolaire 2020, et le jeune garçon, décidé à ne pas retourner en cours, a tout simplement décidé de mettre le feu à son établissement scolaire. Il aurait pourtant suffi d’attendre deux mois de plus, et les choses se seraient faites d’elles-mêmes : beaux projets ou malveillance, le coronavirus nous aura donc tous pris la main dans le sac, à la manière d’un petit Jugement dernier.

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