Masques, gants… Moscou se met au tri

Sur une initiative privée, des poubelles exclusivement destinées aux masques et aux gants de protection jetables apparaissent, depuis le début du mois de juin, dans les rues de Moscou.

Dès le début de l’épidémie de coronavirus en Russie, l’association Pays propre, qui réunit soixante entreprises soucieuses de l’environnement, a appelé les municipalités à organiser la collecte et le traitement séparés des déchets médicaux – masques, gants, lingettes désinfectantes, etc. – en installant des poubelles prévues à cet effet dans les immeubles et les lieux publics.

« Ne pas trier des déchets potentiellement contaminés met en danger les éboueurs et les employés chargés de l’entretien des rues », souligne Rouslan Goubaïdoulline, directeur de l’association Pays propre. La proposition de ne trouve toutefois aucun écho favorable auprès des autorités.

Gaspillage et pollution

Les autorités sanitaires se contentent d’adresser des « recommandations » à la population : emballer les protections utilisées dans des sachets hermétiques et les jeter au bout de trois jours, avec les ordures ménagères… À en juger par la multitude de masques et de gants emplissant les poubelles publiques voire jonchant les trottoirs de Moscou, ces instructions sont loin d’être suivies.

Outre les risques sanitaires, la question du gaspillage se pose également. Chaque jour, plus de quatre millions de masques à usage unique sont vendus dans la capitale russe et un grand nombre de gants en plastique sont distribués gratuitement aux clients des cafés et supérettes, qui les jettent aussitôt leurs achats effectués.

Mieux vaut prévenir que guérir

Lorsqu’il devient évident que les accessoires de protection ne disparaîtront pas de sitôt des garde-robes des Moscovites – leur port est obligatoire depuis le 12 mai dans les transports, magasins et autres lieux publics –, Pays propre s’associe au fabricant de conteneurs TorgKoms-Group.

Une poubelle de tri sur le quai d’une gare, à Moscou. Photo : the-village.ru

Ensemble, ils conçoivent des poubelles disposant de deux compartiments réservés : l’un pour les gants, l’autre pour les masques. « De cette façon, les éboueurs savent à quel genre de déchets ils ont affaire », précise M. Goubaïdoulline.

Vingt-deux conteneurs ont d’ores et déjà été installés près de plusieurs supermarchés et stations de métro de la capitale, ainsi que dans des musées. « Des entreprises de nettoyage ont acheté plusieurs poubelles [vendues 120 euros pièce], précise le directeur de Pays propre. D’autres apparaîtront prochainement sur les terrasses des gratte-ciel du centre d’affaires Moskva-City. »

Un projet similaire a été initié à Irkoutsk (Sibérie) où, dès le début du mois de mai, l’entreprise de traitement des ordures RT-NEO Irkoutsk a installé une dizaine de conteneurs destinés aux masques de protection.

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