12 juin : le meilleur et le pire de la Journée de la Russie

Malgré les mesures de distanciation sociale encore en vigueur, qui excluent notamment les rassemblements trop importants, chaque ville de Russie a tenu, le 12 juin, à célébrer vaille que vaille la Journée de la Russie. Quoique moins importante en termes de moyens déployés que le Jour de la Victoire du 9 mai (la vraie fête nationale, accompagnée de sa fameuse parade militaire), la Journée de la Russie reste une célébration chère au cœur des Russes.

Certaines villes n’ont donc pas lésiné sur les moyens mis en œuvre, tout en faisant en sorte que les habitants puissent rester chez eux. Ainsi, les autorités de Stavropol ont lancé l’opération « drapeaux de Russie », et distribué aux habitants pas moins de vingt mille drapeaux à accrocher à leurs fenêtres. L’université agricole a quant à elle eu l’honneur d’étendre sur sa façade un drapeau couvrant presque quatre étages : dix mètres par seize, soit la taille de huit appartements parisiens.

À Oufa, c’est à l’hymne russe que l’on n’a pas voulu renoncer : les choristes ne peuvent plus se réunir ? Qu’à cela ne tienne : la ville entière a été invitée à se mettre au balcon à midi pile, pour le chanter à l’unisson depuis sa fenêtre ! Les pouvoirs publics avaient, dans ce but, installé des enceintes à travers la ville, de sorte que le glorieux chant puisse résonner aussi fort que possible. Et puisque les réseaux sociaux étaient à la mode, une seconde opération a été lancée (toujours sur le thème des fenêtres) : poster sur Instagram la photo d’une feuille de papier décorée en l’honneur de la journée nationale et collée à la fenêtre, accompagnée du hashtag #ОкнаРоссии, « fenêtres de Russie ».

Cette dernière initiative a pris une dimension nationale, et une rapide recherche sur Instagram permet de découvrir pas moins de soixante-dix mille publications provenant des quatre coins du pays, certaines plus étonnantes que d’autres : parfois, une simple fenêtre, sans drapeau ni message, mais bordée de moulures en bois patinées typiques de la campagne – tellement russe, en somme, qu’elle se suffit à elle-même en tant que symbole national. N’oublions pas les traditionnels chats, stars pour ne pas dire tsars d’internet, qui apparaissent de nombreuses fois à côté des drapeaux et des matriochkas en papier collées aux vitres.

S’afficher malgré la distanciation sociale, c’était le maître-mot. Hélas, cela a parfois mal tourné… La ville de Novotcherkassk s’est ainsi illustrée en commettant la pire erreur orthographique possible sur des affiches placardées dans toute la ville : lesdites affiches, qui apparaissaient notamment sur les abribus, ne présentaient pourtant que deux mots : « Journée (de la) Russie ». Et il y avait une faute au mot… Russie, auquel n’avait été mis qu’un S :

Photo : znak.com

Patatras, Journée de la Rusie ! Ne nous moquons cependant pas trop, ce jour se voulant également un petit havre de bienveillance généralisée : à Nijni-Taguil, les actions déployées ont notamment consisté à fournir en médicaments ceux qui en avaient besoin (on n’oublie pas le virus-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom), et à l’échelle nationale a été lancée l’opération « Prépare une tourte et dis merci » (Испеки пирог и скажи спасибо), proposant à ceux qui le souhaitaient de cuisiner une tourte (les fameux pirogui russes), d’écrire « Merci » dessus et d’y déposer un petit drapeau russe, avant d’en faire don à quelqu’un. Si j’avais su, j’aurais pris un billet d’avion !

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