Jeux vidéo

Une polémique au sujet des jeux vidéo a récemment éclaté en Russie : une fusillade dans la région du Baïkal a provoqué l’émoi de plusieurs collectifs, parmi lesquels la société d’anciens combattants « Officiers de Russie », qui a expliqué le drame par l’influence des jeux vidéo violents (le Comité des mères de soldats a, quant à lui, carrément exigé la « fermeture d’internet »).

Ceux qui ont un peu pratiqué le jeu en ligne se sont sans doute rendu compte du nombre très important de joueurs russes. Cette caractéristique explique notamment pourquoi une part étonnante de jeunes Français connaissent le juron « cyka blyat » (le mélange d’alphabets est authentique), insulte que je ne me risquerai pas à traduire à mes lecteurs convenables. En effet, si vous jouez un jour en réseau avec des Russes, vous avez 95 % de chances d’être apostrophé de la sorte dès lors vous commettrez une erreur de tactique fatale à votre équipe.

Si les joueurs russes représentent un énorme marché dans le domaine du jeu vidéo, la production russe est encore loin du niveau de ses concurrents internationaux. Nombre de jeux vidéo russes sont d’ailleurs codéveloppés avec des entreprises indiennes. On trouve cependant un nombre croissant de jeux dont l’action se situe en Russie.

Ainsi, le célèbre jeu en plusieurs parties Metro : Exodus, d’après le roman Metro 2035 de Dmitri Gloukhovski, se passe à Moscou, plus exactement dans le métro moscovite, où la population est recluse depuis une catastrophe nucléaire. Le jeune héros, Artiom, est seul contre tous à vouloir tenter des expéditions à l’extérieur, persuadé de pouvoir y rencontrer des survivants.

Metro Exodus. Photo : 4A Games / Deep Silver

À côté de ce gros succès, on trouve également nombre de jeux de moindre diffusion et, il faut le dire, aux sujets plutôt étonnants. Ainsi, récemment est sorti le jeu Zima, « Hiver », dont l’objet est de… ne rien faire, si ce n’est vivre comme un Moscovite. Vous êtes chez vous, en hiver, de nuit – chez vous, c’est-à-dire dans un petit appartement, lui-même dans une gigantesque barre d’immeubles grise, elle-même entourée d’autres gigantesques barres d’immeubles. Après vous être fait une omelette, vous pouvez sortir sous la neige qui tombe à gros flocons, et descendre dans une aire de jeux glauque, composée de trois balançoires grinçantes, qu’éclaire un réverbère jaunâtre. Vous passez ensuite devant une enseigne d’épicerie en néons verts, puis entre les immeubles, vous remontez chez vous, vous jetez la poubelle dans le vide-ordures, le tout dans le plus grand silence, car il n’y a pas de musique. Cette ambiance triste, muette et solitaire a malgré tout été saluée par plusieurs magazines, qui y ont trouvé une certaine poésie moderne.

Dans le genre poétique, vous pouvez également jouer à The Franz Kafka Videogame, un jeu lunaire où vous incarnez K., le héros bien connu du Procès, à travers une série de mini-jeux d’énigmes et de puzzles. La particularité de ce jeu est notamment qu’il n’a pas eu de véritable programme de développement et a donc été créé « au jour le jour », par un concepteur qui ne savait jamais précisément où il allait. Hautement kafkaïen.

The Franz Kafka Videogame. Photo : igromania.ru

On retrouve un peu cette ambiance dans l’étonnant Graveyard Keeper, où vous incarnez un gardien de cimetière ayant pour mission de nettoyer les tombes et d’acheter de nouvelles concessions. Cependant, si vous préférez l’action, n’hésitez pas à jouer à Red Comrades save the galaxy : nous sommes en 1917, et le coup de canon tiré depuis le croiseur Aurore pour lancer l’attaque du Palais d’Hiver l’a été par des marins ivres : il arrive donc droit sur la Lune, où il réveille des aliens qui décident alors d’envahir la Terre. À vous de gérer la situation en pleine guerre civile pour sauver la galaxie…

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