Top 5 des choses à faire le 9 mai à Moscou

Tous les ans fleurissent des articles sur la « Fête de la Victoire » à Moscou : on se demande à chaque fois ce que les Russes pourront bien faire d’étonnant cette fois-ci. Une année, ce sont les avions qui volent en formation de sorte à écrire « 70 » dans le ciel pour les 70 ans écoulés depuis 1945 ; la suivante, des millions de roubles sont dépensés pour… souffler les nuages plus loin, afin qu’ils ne perturbent pas la parade aérienne (!) ; plus tard encore, des robots défilent… Chaque année, les manifestations semblent plus spectaculaires. Restent cependant des constantes, et le touriste ou l’expatrié qui se trouverait sur place a intérêt à y participer en cochant cette check-list spéciale 9 mai :

Être le premier à crier « SAMALIOT »

Tous les ans, les régiments défilent sur la place Rouge, mais le commun des Moscovites est cantonné en dehors. Depuis les trottoirs, on peut assister au défilé des blindés et autres véhicules militaires dans les rues. Il dure assez longtemps, ce qui explique que l’on en sorte dans une espèce de torpeur joyeuse et hypnotique, en continuant à crier machinalement « Hourra ! » au passage de chaque véhicule. Puis le silence tombe : tout le monde se demande si c’est fini, on se réveille un peu, on essaie d’être le premier à s’extirper de la foule, et c’est là que la parade aérienne commence, alors qu’on l’avait presque oubliée. « SAMALIOT ! » (« avion ! »), crie alors quelqu’un dans la foule, pour faire lever les yeux de tout le monde. Cette personne peut être vous : ne ratez pas votre heure de gloire !

Manger de la kacha sur un tank

Parmi les « animations » de la journée, on vous propose de manger de la kacha, cette bouillie de riz, de semoule ou de gruau, mais dont la présentation est soignée en ce jour spécial : elle est servie par un soldat, avec une louche, depuis une grosse citerne militaire vert kaki – on s’y croirait.

Danser avec un soldat

Autre animation phare, la musique de guinguette (version URSS des années quarante) jouée dans la rue. ça donne envie de danser, non ? Justement, des soldats en uniforme et des jeunes filles aux tresses blondes sont là pour entamer une valse-musette avec vous : vous saurez alors ce que ça fait de danser sur l’air de Katioucha au milieu de la place Pouchkine dans les bras d’un militaire (ou prétendu tel).

Accrocher votre ruban de Saint-Georges de la manière la plus originale possible

Si vous n’en achetez pas, on vous en mettra de toute façon un dans les mains. Ce petit bout de ruban rayé de noir et d’orange est emblématique de la victoire et du patriotisme russes. Accroché au poignet ou à la veste, sur une barrette à cheveux ou un sac, noué simplement ou en papillon, c’est l’accessoire phare du défilé. Autre idée d’activité : compter le nombre de gens qui n’en portent pas (si vous en trouvez).

Faire silence devant le Régiment Immortel

Au beau milieu de cette liesse, la musique et les festivités s’interrompent soudain au lent passage d’une étrange manifestation. Pas de slogans, pas de banderoles, mais les gens ont tous un panneau à la main : ce sont les photos de leurs parents morts pendant la guerre. Des milliers et des milliers de photos, avec un nom, des dates, un visage en noir et blanc imprimé et collé sur un petit panneau fait à la maison. De loin, on ne voit que ces visages figés qui avancent en se balançant drôlement, et on a l’impression d’une lente procession de morts qui répand son ombre en nuances de gris dans les rues de Moscou.

On comprend alors pourquoi le 9 mai est si important en Russie : c’est peut-être la seule célébration qui unisse tout le monde, car la guerre a frappé chaque famille. Les opinions et les modes de vie divergent, mais la mémoire reste un terrible et puissant ciment collectif.

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