Charles Michel à Moscou : la Belgique intermédiaire entre l’UE et la Russie ?

Le Premier ministre belge Charles Michel a clôturé mercredi 31 janvier une visite de trois jours à Moscou. L’occasion pour lui de briser la glace avec les dirigeants russes.

Charles Michel sur la place Rouge. Crédits : Charles Michel - Instagram
Charles Michel sur la place Rouge. Crédits : Charles Michel – Instagram

Sept ans que cela n’était plus arrivé. Le dernier déplacement d’un Premier ministre belge en Russie remontait à 2011. Pour l’occasion, Charles Michel a été reçu en grande pompe puisqu’il a rencontré son homologue russe, Dmitri Medvedev, et le président russe Vladimir Poutine.

L’objectif de ce déplacement était clair : renouer le dialogue avec Moscou. Officiellement, via l’Union européenne (UE), la Belgique soutient les sanctions économiques adoptées par l’UE et les États-Unis contre la Russie depuis le début de la crise ukrainienne en 2014. Mais l’économie du royaume – son agriculture notamment – est touchée par l’embargo russe sur les produits européens (décrété en représailles aux sanctions occidentales). « Les sanctions ne sont pas une fin en soi mais un instrument pour faire bouger les lignes », a répété, tout au long de son séjour, Charles Michel. Selon lui, l’UE n’a jusqu’à présent jamais réellement tenté d’avoir un dialogue stratégique avec la Russie.

« J’ai dit au Premier ministre que, depuis quelques années, on parle beaucoup de la Russie à l’UE. Mais on ne parle pas avec la Russie », a expliqué le chef du gouvernement belge, à l’issue de sa rencontre avec Dmitri Medvedev. « L’Union européenne a pris la décision de ne pas soutenir le renforcement des sanctions », a-t-il ajouté, précisant toutefois que la mise en œuvre des accords de Minsk restait « le cadre qui doit permettre de les alléger si des progrès sont réalisés. Ce n’est pas le cas pour l’instant. »

La « position belge » est « beaucoup plus aimable que celle de l’Union européenne », a fait remarquer à son tour Dmitri Medvedev, assurant que la levée de l’embargo russe dépendait directement de la levée des mesures de rétorsion européennes.

Le Premier ministre belge, Charles Michel, et le chef du gouvernement russe Dmitri Medvedev. Crédits : gouvernement russe
Le Premier ministre belge, Charles Michel, et le chef du gouvernement russe Dmitri Medvedev. Crédits : gouvernement russe

Charles Michel s’est ensuite entretenu avec Vladimir Poutine, qui s’est dit persuadé que cette visite serait « dans l’intérêt des économies de nos deux pays ». Un entretien qui aura duré plus de deux heures et qui devrait permettre, selon le Premier ministre belge, de mettre « la Belgique sur la carte internationale, mais aussi dans le cockpit de l’Union européenne ».

Une nouvelle approche

Certes, la Belgique ne fait pas partie des principaux interlocuteurs européens de la Russie, plus habituée à discuter avec le couple franco-allemand. Mais les lignes sont peut-être en train de bouger en Europe vis-à-vis de Moscou. « Il ne faut pas exagérer ici l’importance de la Belgique, mais il ne faut pas non plus la réduire. Précisément parce qu’elle n’est pas un grand pays moteur de l’Union européenne, elle peut présenter un intérêt pour initier un dialogue ou servir d’intermédiaire », estime la politologue et spécialiste de la Russie Nina Bachkatov, interrogée par la radio nationale belge RTBF.

Fin 2017, Charles Michel s’était déjà dit partisan d’une autre façon de faire avec la Russie. « Il faut peut-être dialoguer sur d’autres thèmes. Par exemple, à propos de nos intérêts économiques, ou sur la question de l’énergie, qui est un défi stratégique crucial », avait-t-il déclaré lors des journées diplomatiques de Bruxelles.

Le Premier ministre belge estime que cette visite constitue un premier pas : « Je ne pense pas qu’en une visite, un entretien, on règle de manière miraculeuse des différends vieux de plusieurs années. Mais c’est une première étape pour renouer un dialogue. »

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders se rendra, lui aussi, à Moscou en février, pour une rencontre bilatérale avec son son collègue russe Sergueï Lavrov, puis à Sotchi pour ouvrir une commission mixte économique belgo-luxembourgeoise avec la Russie.

1 commentaire

  1. J ‘espère aussi que les relations Belgo-russe vont s’améliorer ,il y a beaucoup d’opportunité en Russie et en Belgique, la Russie est un pays d’avenir

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