Attaque meurtrière au Daghestan

Dimanche 18 février, un partisan de l’État islamique (EI) de 22 ans, Khalil Khalilov, a ouvert le feu avec un fusil de chasse sur des fidèles à la sortie d’une église orthodoxe au Daghestan, provoquant la mort de cinq femmes.

« Selon les premiers éléments de l’enquête, un homme a ouvert le feu sur des femmes, tuant quatre d’entre elles et en blessant trois grièvement. L’une de ces dernières est décédée à l’hôpital. L’agresseur a blessé deux membres des forces de l’ordre avant d’être éliminé », détaille Svetlana Petrenko, porte-parole du Comité d’enquête fédéral.

L’attaque a commencé à 16h15, à proximité de l’église Saint-Georges, dans la ville de Kizliar près de la frontière tchétchène. L’office religieux du Dimanche du Pardon, dernier dimanche avant le Grand Carême, venait de s’achever quand la fusillade a éclaté. « Aujourd’hui vers 16 heures, nous avions terminé le service, les gens commençaient à sortir. Un homme avec une barbe a couru vers l’église en criant Allahou Akbar ! Il a tué quatre personnes et en a blessé trois, ainsi que deux policiers. Lorsque nous avons entendu les coups de feu, nous avons vite fermé les portes pour qu’il n’entre pas », a raconté le pope Pavel à l’agence de presse TASS, indiquant qu’au moment de l’attaque il y avait environ 500 personnes dans l’église, des femmes et des enfants pour la grande majorité.

Khalil Khalilov, né au Daghestan en 1995, a rejoint l’organisation terroriste EI l’année dernière. D’après les données actuelles, il faisait partie de la « cellule dormante » de l’EI : il n’avait encore jamais participé à une attaque armée et ne figurait pas dans la liste des membres d’organisations radicales. L’EI a par ailleurs revendiqué l’attaque via son agence de presse, Amaq, sans apporter de preuves pour le moment.

Le patriarche Kirill a condamné ce crime, perçu comme une provocation dirigée contre la coexistence pacifique des différentes religions dans le Caucase. Son secrétaire de presse, Alexandre Volkov, a déclaré dimanche : « Le primat de l’Eglise russe considère ce crime odieux, commis la veille du Grand Carême, comme un acte visant à provoquer une confrontation entre les orthodoxes et les musulmans, qui, pendant des siècles, ont vécu en paix dans le Caucase. »

Le Muftiate du Daghestan (organisation religieuse islamique) a également condamné la fusillade sur Instagram, ainsi que « toutes les manifestations de violence », indiquant que « les wahhabites, qui se cachent aujourd’hui derrière un pseudo-islam, n’ont rien à voir avec l’islam ».

Gadzhimet Safaraliyev, député à la Douma d’État (chambre basse du parlement), a annoncé au journal Izvestia que des mesures préventives seraient prises dans la république : « Il s’agit d’un acte de fanatiques religieux dont le but est de provoquer un conflit ethnique. Les forces de l’ordre travailleront avec les citoyens afin d’accroître leur vigilance et, si possible, empêcher de telles tragédies. » Par ailleurs, les autorités du Daghestan verseront aux familles des victimes une aide financière de 500 000 roubles (7 140 euros).

Le Comité d’enquête a ouvert une affaire pénale. Les enquêteurs devront établir les circonstances du crime. Pour le moment, la piste du « djihadiste isolé » est favorisée. Le chef du FSB, Alexandre Bortnikov, expliquait en septembre dernier que le terrorisme international s’orientait vers de nouvelles tactiques : suite aux défaites militaires de l’EI, la nouvelle stratégie de l’organisation consisterait en des attaques simples, visant principalement les civils. Réalisées en solitaire, elles seraient moins susceptibles d’attirer l’attention des services de sécurité lors de leur préparation.

Si cette attaque est la plus meurtrière, ce n’est pas la première réalisée par un « djihadiste isolé » rappelle Kommersant. En août 2017, deux jeunes Tchétchènes ont attaqué un poste de police avec une hache, tuant un policier. Le même mois, dans le centre de Sourgout, situé en Sibérie occidentale, un fanatique religieux, ayant également prêté serment à l’EI, a agressé des passants au couteau, blessant 8 personnes avant d’être abattu par un policier.

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