Le cinéma russe bat des records

2017 a été l’année la plus rentable de l’histoire du cinéma russe, et le film Aller plus haut (Dvijenie vverkh) son plus gros succès.

Sorti le 28 décembre 2017, le film Aller plus haut, qui revient sur la victoire des joueurs de basketball soviétiques face aux Américains lors des Jeux olympiques de 1972, a engrangé 1,88 milliard de roubles (27 millions d’euros) en deux semaines. Il devient ainsi le plus gros succès de toute l’histoire du cinéma russe (depuis 1991), détrônant le précédent détenteur du titre, Le dernier guerrier (Posledni Bogatyr), sorti le 19 octobre 2017.

Aller plus haut a déjà rentabilisé son budget de 450 millions de roubles (7 millions d’euros). La valeur du rouble ayant dégringolé ces dernières années, le nombre d’entrées est devenu un critère plus précis pour apprécier le succès d’un film en Russie. Aller plus haut a déjà attiré près de sept millions de spectateurs, se classant en quatrième position par le nombre d’entrées.

Extrait du film Aller plus haut. Crédits : IMDb
Extrait du film Aller plus haut. Crédits : IMDb

À ce jour, le film russe ayant comptabilisé le plus grand nombre d’entrées est L’Ironie du sort. Suite (Ironia soudby. Prodoljenie), avec 8,87 millions de billets vendus. Aller plus haut, qui fait de plus en plus parler de lui, a toutes les chances de prendre sa place.

En 2017, l’industrie du cinéma russe a pulvérisé tous les records. Le box-office national a augmenté de 10,9 %, atteignant les 53,6 milliards de roubles (775 millions d’euros). La part des films russes dans les recettes totales est passée à treize milliards de roubles (188 millions d’euros), soit 24 %, contre 8,6 milliards de roubles (125 millions d’euros), soit 18 %, en 2016.

« Cinquante-cinq millions de spectateurs et treize milliards de roubles d’entrées pour les films russes : ces chiffres sont deux fois supérieurs à ceux de 2012. Dans ce secteur, le PIB a ainsi doublé en cinq ans », a commenté Vladimir Medinski, ministre russe de la Culture, dans une interview à l’agence TASS.

Vladimir medinski
Vladimir Medinski. Crédits : kremlin.ru

Les films les plus rentables, toutes époques confondues, restent néanmoins des superproductions américaines : Avatar (2009) et Pirates des Caraïbes : La Fontaine de jouvence (2011).

Les autorités russes mettent tout en œuvre pour changer cette situation. Le ministère de la Culture a par exemple reporté la sortie du film Paddington 2 parce que cette dernière coïncidait avec celle d’un « autre film ». D’après le quotidien Kommersant, le ministère cherche ainsi à écarter les concurrents d’Aller plus haut.

Le ministère de la Culture a reporté la sortie du film Paddington 2. Crédits : Warner Bros
Le ministère de la Culture a reporté la sortie du film Paddington 2. Crédits : Warner Bros

Le succès du cinéma russe s’explique principalement par les financements généreux dont il bénéficie. Fin décembre, le Fonds russe du cinéma, soutenu par le ministère de la Culture, a annoncé l’octroi aux productions russes de subventions pour un montant de 3 milliards de roubles (45 millions d’euros).

En janvier, le Fonds doit sélectionner les sociétés de production qui bénéficieront de cette aide. Son choix reposera sur les critères suivants : avis des spectateurs, audiences télévisées, avis des experts, nombre de récompenses obtenues et durée de vie de l’entreprise sur le marché. Au total, le Fonds a reçu 170 candidatures pour un montant de 10 milliards de roubles (145 millions d’euros).

Par ailleurs, les autorités ont annoncé en janvier que le Fonds du cinéma devrait aussi soutenir les films russes à l’étranger. Si le principal indicateur de l’efficacité des films russes reste leur succès en Russie, le nombre d’entrées à l’étranger sera désormais également pris en compte.

Selon le Fonds du cinéma, en 2016, vingt films russes diffusés à l’étranger ont rapporté 44 millions de dollars, contre 17 millions en 2015. L’an dernier, les marchés les plus friands de cinéma russe ont été la Chine, les États-Unis, le Canada et l’Ukraine.

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