Les 100 chansons préférées des Russes

La revue Expert a sondé ses lecteurs et établi un classement des cent chansons favorites des Russes, couvrant une période qui s’étend du début du XXe siècle à nos jours. La tête de la sélection est dominée par deux thèmes : la Seconde Guerre mondiale et la chute de l’URSS – probablement les deux plus grands bouleversements de l’Histoire russe, deux mémoires en miroir inversé. Un concentré d’âme russe : une poésie puissante et vivante, une philosophie omniprésente, simple et fondamentale, une sagesse toujours humble… Ce fatalisme qui n’est pas renoncement. Le Courrier de Russie vous fait partager l’expérience. Musique !

Les dix premières

 

1. Nuit noire (1943)

Chanson sur la guerre
Chanson d’amour
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Mark Bernes
Musique : Nikita Bogoslovski
Texte : Vladimir Agatov

J’ai confiance en toi, ma chère amie
Cette confiance m’a protégé des balles dans la nuit noire…
Je suis joyeux, je suis tranquille dans le combat mortel,
Je sais que tu m’accueilleras avec amour, quoiqu’il m’arrive.

Nuit noire, rendue célèbre par l’interprétation de Mark Bernes dans le film Deux combattants, tourné en évacuation à Tachkent en 1943, c’est une mémoire idéale de la Seconde Guerre mondiale en Russie – vraie, profonde, universelle, intemporelle. Ni bravade ostentatoire ni patriotisme artificiel – ici, rien que le courage réel, qui accepte l’inéluctable mais jamais ne subit, rien qu’une foi à toute épreuve, rien que l’humanité précieuse de chacun, sublimée dans le collectif, révélée par l’épreuve. Dans les films datant de la guerre, souvent, seules les scènes de chansons dépassent la propagande idéologique – révélant l’émotion et la fragilité. Et Mark Bernes est un roi du genre, dégageant lui-même ce mélange de force intrépide et d’immense sensibilité. Le public ne s’y est pas trompé : succès retentissant dès la sortie du film, Nuit noire n’a cessé d’être reprise depuis par les artistes les plus variés, de la pop à l’underground – jusqu’au rappeur Basta, à l’occasion du 70e anniversaire de la Victoire, en 2015.

 

2. Groupe sanguin (1987)

Chanson sur la guerre
Chanson philosophique

Interprète : Kino
Musique : Viktor Tsoï
Texte : Viktor Tsoï

Et j’ai de quoi payer, mais je ne veux pas
D’une victoire à n’importe quel prix.
Je ne veux écraser la poitrine de personne sous mon pied.
Je voudrais rester avec toi,
Simplement rester avec toi,
Mais haute dans le ciel, l’étoile m’appelle à prendre la route

Viktor Tsoï, c’est l’ange trop pur pour l’ici-bas, le prophète malgré lui au destin tragique – emporté par un accident de voiture à 28 ans. Groupe sanguin, dont le texte reste très hermétique, pourrait évoquer le conflit d’Afghanistan : absurde, tout sauf glorieux, voué à l’échec et à emporter l’URSS dans sa chute – véritable double maléfique de la Grande Guerre patriotique de 1941-1945. Tsoï la chante dans le film Igla (1988), où il tient le rôle principal et qui dépeint, dans les bas-fonds, les ravages de l’héroïne – majoritairement afghane – sur une jeunesse déboussolée. Entre le film et la chanson, une époque se dessine, ô combien sombre et troublée : les grands idéaux sont tournés en ridicule, la cupidité et le cynisme mènent le bal, la débâcle couve. Et pour ne pas sombrer, il reste ce rock soviétique de la fin des années 1980, dont Tsoï est probablement le représentant le plus culte – cette musique consciente que le sol s’effondre sous ses pieds et pourtant pleine de candeur et d’espoir, cette poésie des terrains vagues.

 

3. Je veux des changements ! (1985)

Chanson poétique engagée
Chanson philosophique
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Kino
Musique : Viktor Tsoï
Texte : Viktor Tsoï

Nos cœurs exigent des changements
Nos yeux exigent des changements
Dans notre rire et dans nos larmes
Et dans le battement des veines
Des changements ! Nous attendons des changements.

Viktor Tsoï encore, et le titre qui a fait de lui l’emblème de la perestroïka, un peu contre son gré. Devenue un véritable tube après que Tsoï l’a chantée dans le film Assa (1987), qui réunissait les plus célèbres rockeurs de la décennie, elle a même fini par lasser ses auteurs, qui estimaient qu’elle était mal comprise. Car ces « changements » n’avaient, pour eux, rien de politique – ils étaient profonds, individuels, philosophiques. Surtout, pas plus pour les artistes que pour les foules innombrables de jeunes gens qui reprenaient le refrain avec passion, le changement tant espéré n’était vraiment définissable… En tout cas, il était à mille lieues des réformes économiques libéralo-assassines de l’ère Eltsine. Je veux des changements, c’est une révolte russe trop souvent confondue avec la dissidence –politique, frontale. Une révolte contre tout et tous, contre l’immobilisme, la mesquinerie et l’injustice, une révolte libertaire et poétique rejetant non un régime mais toutes les formes de pouvoir – et en premier lieu les chaînes intérieures.

 

4. Il nous faut une victoire (Notre dixième bataillon de débarquement) (1970)

Chanson sur la guerre
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Nina Ourgant / Boulat Okoudjava
Musique : Boulat Okoudjava
Texte : Boulat Okoudjava

Depuis Koursk et Orel, la guerre nous a menés
Jusqu’aux portes ennemies elles-mêmes, frère, c’est comme ça
Un jour, nous nous souviendrons de cela
Et nous n’y croirons pas
Mais pour l’heure, il nous faut une victoire
Une pour tous, nous en paierons le prix

Okoudjava, c’est le barde. Celui que Vyssotski appelait son « maître spirituel » et celui qui fait le lien entre l’après-guerre et la modernité des années 1980. Fils d’un Géorgien et d’une Arménienne, révolutionnaires convaincus et victimes des purges staliniennes, Boulat Okoudjava, produit soviétique typique s’il en est, a très rapidement dénoncé les excès du communisme sans jamais en renier les idéaux. Le réalisateur de La gare de Biélorussie voulait, pour la chanson de la scène finale, un auteur ayant lui-même connu la guerre. Le film dépeint, vingt ans après la Victoire, la rencontre entre d’anciens compagnons d’armes qui se sont perdus de vue, réunis par la mort de l’un d’eux. Et dans l’époque nouvelle, parmi leurs contemporains plus jeunes, plus légers, malgré leurs chemins très différents et tout ce qui semble les séparer, l’amitié du front, née de l’épreuve, prend le dessus sur toutes les circonstances. L’équipe a dû s’y reprendre plusieurs fois pour tourner cette scène finale : l’actrice, fondant en larmes au milieu de la chanson, était incapable d’aller au bout…

 

5. Le Jour de la Victoire (1975)

Chanson sur la guerre

Interprète : Lev Lechtchenko
Musique : David Toukhmanov
Texte : Vladimir Kharitonov

Ce jour de la Victoire
Qui sent la poudre
C’est une fête
Aux tempes grisonnantes
C’est une joie
Les larmes aux yeux

Rejetée par l’Union des compositeurs, qui faisait alors la pluie et le beau temps en termes de politique musicale publique, Le jour de la Victoire, écrite par le poète et ancien combattant Vladimir Kharitonov, aurait dû sombrer dans les archives. Mais Lev Lechtchenko, en trompant gentiment son monde, est parvenu à la chanter lors d’un enregistrement télévisé – et la chanson a conquis le public. Les producteurs, submergés de lettres enthousiastes, ont été contraints de la programmer – encore et encore. Et Le Jour de la Victoire est devenu cet hymne officieux des vétérans, cette chanson avec laquelle – bien qu’écrite trente ans plus tard – tous ceux qui s’en souvenaient avaient l’impression d’avoir gagné la guerre. Peut-être simplement parce qu’elle dit toute la vérité de ce conflit superbe et effroyable : et l’horreur et la perte, et pas une famille qui n’y ait perdu l’un des siens, et les cicatrices douloureuses, irréversibles – et la grandeur et le courage, et la fierté et la gloire, et le sentiment de la cause juste. Ce jour, nous le rapprochions comme nous pouvions…

 

6. Guerre sacrée (1941)

Chanson sur la guerre

Interprète : Ensemble Alexandrov (Chœurs de l’Armée rouge)
Musique : Alexandre Alexandrov
Texte : Vassili Lebedev-Koumatch

Comme deux pôles opposés
Nous sommes ennemis en tout
Nous nous battons pour la lumière et la paix
Eux – pour le royaume des ténèbres

Lève-toi, pays immense ! Que la noble fureur bouillonne comme une vague… Le texte de Guerre sacrée fut publié dans les journaux deux jours après l’invasion allemande de l’Union soviétique, la mélodie composée par le fondateur des Chœurs de l’Armée rouge en un jour – et la chanson jouée dès le 26 juin 1941 en gare de Biélorussie, à Moscou, pour accompagner les soldats qui partaient au front. Quatre fois de suite, aux dires des présents. Guerre sacrée, c’est un chant de fleur au fusil, une marche guerrière qui ne craint pas le combat, qui s’y jette à corps perdu, soutient le moral des troupes, revendique la lutte fière pour une noble cause. C’est le chant d’une propagande assumée, nécessaire. Le chant du vaste pays messianique, celui qui fait bouclier, en première ligne et la tête haute – investi de la mission de débarrasser la terre russe et le monde de la pourriture fasciste aux ailes noires, de la horde maudite des violeurs, pilleurs et tortionnaires. Le chant immortel de la lutte à mort.

 

7. C’est quoi l’automne ? (1991)

Chanson poétique engagée
Chanson philosophique

Interprète : DDT
Musique : Iouri Chevtchouk
Texte : Iouri Chevtchouk

C’est quoi l’automne – c’est le vent
Qui de nouveau joue de ses chaînes usées,
L’automne – nous hisserons-nous
Volerons-nous jusqu’à atteindre l’aube,
Qu’adviendra-t-il du pays et de nous ?

Iouri Chevtchouk, autre rockeur culte de l’après-perestroïka, c’est le sentimental – un peu détaché, un peu loser, très mélancolique. C’est quoi l’automne, écrite en 1991, dépasse Chevtchouk et son groupe DDT – elle leur échappe, ils la trouvent pop, un peu mielleuse, trop grand public. Mais le titre fait un tabac, et l’auteur s’étonne et s’agace de l’entendre sortir de tous les magnétophones et autres autoradios, partout et tout le temps – chez les amoureux des bancs publics et chez les petits voyous en berlines allemandes. Chevtchouk s’interdit même de la jouer en concert jusqu’à ce que la folie se calme. C’est quoi l’automne, c’est le nihilisme des années 1990 dans toute sa splendeur, c’est la loi de la jungle et l’incertitude, la distance, la désillusion cruelle après les espoirs de changement, l’au-delà de la frustration. L’automne, c’est l’idée russe, l’approche de l’hiver et de la mort – le vague à l’âme. Le paradoxe d’une conscience apaisée par l’insignifiance de tout.

 

8. La ville dorée (ou Le Paradis) (1972)

Chanson philosophique
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Aquarium / Alexeï Khvostenko
Musique : Francesco da Milano (plus vraisemblablement : Vladimir Vavilov)
Texte : Anri Volokhonski

Et dans le ciel brûle une étoile ;
Elle est tienne, mon ange, elle est tienne toujours.
Celui qui aime est aimé, celui qui est lumineux est saint ;
Que l’étoile conduise ton chemin vers le jardin merveilleux.

Dans la famille du rock culte de la perestroïka, je demande BG et le groupe Aquarium. Boris Grebenchtchikov, c’est le perché, le bouddhiste. Le mystique, celui qui cherche et se nourrit de ce qu’il y a de commun à toutes les écoles de pensée et de poésie, de part et d’autre de l’histoire et de la planète. Le poète symboliste et le voyageur intérieur, le grand interprète des mondes voisins et parallèles, le messager. La ville dorée, c’est en soi une histoire d’innocentes mystifications, d’emprunts détournés et de galerie des glaces, de création aérienne – céleste –, libre, détachée des créateurs. L’auteur de la mélodie, citoyen tout ce qu’il y a de plus soviétique, a longtemps réussi à la faire passer pour un air de luth italien du XVIe siècle. Puis, BG a chanté dessus sa propre version, à sa sauce, du texte de Volokhonski qui l’avait touché. Notamment, Grebenchtchikov place son jardin divin sous le ciel et non au-dessus – le bonheur est terrestre. L’amour et la joie sont à portée de main, il faut les vouloir et les créer, y croire et s’en emparer.

 

9. Il n’y a qu’un instant (1972)

Chanson philosophique
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Oleg Anofriev
Musique : Alexander Zatsepine
Texte : Leonid Derbenev

Le repos éternel ne réjouit guère le cœur
Le repos éternel, c’est pour les pyramides chenues
Mais pour l’étoile, qui se décroche et tombe
Il n’y a qu’un instant, aveuglant instant.

Il ne faudrait jamais rien expliquer – en matière d’art et de poésie, les œuvres parlent d’elles-mêmes. Et si c’est vrai de toutes les chansons – celle-ci plus qu’une autre. Tout est illusion en ce monde déchaîné ; Il n’y a qu’un instant, accroche-toi à lui ; Il n’y a qu’un instant entre le passé et l’avenir ; c’est lui que l’on appelle la vie. Un coup de poing dans le ventre – une leçon de philosophie géniale, aussi simple qu’efficace. Et l’histoire de la chanson incarne sa vérité. Oleg Dahl, qui devait l’interpréter dans le film La Terre de Sannikov, est arrivé ivre à l’enregistrement, puis a disparu des radars – parti en zapoï. Quant au texte, il a coûté cher à son auteur – pour Il n’y a qu’un instant, immense succès dans tout le pays, Leonid Derbenev fut exclu de l’Union des écrivains d’URSS et fustigé par la toute-puissante Pravda. Accusé de « déséquilibre moral ». L’attaque était probablement trop puissante contre les fables sur l’avenir radieux. Comme un hommage…

 

10. Je veux être avec toi (1987)

Chanson d’amour

Interprète : Nautilus Pompilius
Musique : Viatcheslav Boutoussov
Texte : Ilya Kormiltsev

J’ai brisé la vitre comme du chocolat dans ma main
J’ai coupé ces doigts parce qu’ils
Ne peuvent te toucher j’ai regardé ces visages
Et n’ai pu leur pardonner
Le fait qu’ils ne t’aient pas et qu’ils puissent vivre

Last but not least, pour clore ce panthéon du rock soviético-russe : Slava Boutoussov et le légendaire Nautilus Pompilius. Boutoussov, c’est le torturé, le grave, l’ombrageux. Le mystérieux et le laconique, celui qui parle une langue propre, faite d’émotions plutôt que de concepts. À l’abri dans sa carapace comme le mollusque dont le groupe porte le nom, Boutoussov craint la foule, chante toujours les yeux fermés. Je veux être avec toi, c’est encore l’histoire d’une chanson autonome, qui a fait courir les lectures les plus folles, que ses interprètes eux-mêmes n’ont comprise pleinement qu’avec le temps. Un texte aussi insaisissable que Boutoussov lui-même, qui confie l’avoir chanté longtemps d’une voix exprimant la souffrance, avant d’en comprendre le sous-entendu religieux, l’adresse à Dieu. L’amour vrai, en unissant les êtres entre eux, les rattache aux forces supérieures. Il existe envers et contre tout, éternel et immuable, à condition de foi, il est plus puissant que tous les échecs et autres circonstances, plus puissant que la peur, l’absence et la disparition.

 

Les 90 titres suivants

 

11. L’Espoir (1971)

Chanson d’amour
Chanson philosophique

Interprète : Anna German
Musique : Alexandra Pakhmoutova
Texte : Nikolaï Dobronravov

De nouveau, entre nous, des villes,
Comme autrefois, la vie nous sépare,
Dans le ciel, une étoile inconnue
Brille – comme un monument à l’espoir

 

12. Jamais je ne t’oublierai (1981)

Chanson d’amour

Interprète : Guennadi Trofimov / Nikolaï Karatchentsov
Musique : Alexeï Rybnikov
Texte : Andreï Voznessenski

Elles ne scintillent pas dans le vent – elles pleurent,
Les cerises brunes désespérées
Revenir, ça porte malheur
Jamais je ne te reverrai

 

13. Katioucha (1938)

Chanson sur la guerre
Chanson d’amour

Interprète : Lydia Ruslanova, Gueorgui Vinogradov
Musique : Matveï Blanter
Texte : Mikhaïl Issakovski

Qu’il se rappelle, lui, de la jeune fille simple,
Qu’il l’entende chanter.
Qu’il protège sa terre natale,
L’amour, Katioucha se charge de le protéger

 

14. Tout suit son plan (1988)

Chanson poétique engagée
Chanson philosophique

Interprète : Grajdanskaïa Oborona (« Défense civile »)
Musique : Egor Letov
Texte : Egor Letov

La clé des frontières est brisée,
Et notre père Lénine est mort.
Il s’est décomposé en pourriture et en miel,
Et la perestroïka suit son plan.
La boue est gelée,
Et tout suit son plan.

 

15. Chanson sur un ami (1966)

Chanson philosophique
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Vladimir Vyssotski
Musique : Vladimir Vyssotski
Texte : Vladimir Vyssotski

Tire-le, ce gars, dans la montagne – prends-en le risque
Ne le laisse pas seul.
Quand il sera dans la même cordée que toi,
Tu sauras qui il est

 

16. Les grues (1968)

Chanson sur la guerre

Interprète : Mark Bernes
Musique : Yan Frenkel
Texte : Rassoul Gamzatov, traduction Naoum Grebnev

Il passe dans le ciel, leur vol en V fatigué
Il plane dans le brouillard, à la tombée du jour,
Et dans cette formation serrée, se forme un petit espace
Peut-être est-ce une place pour moi.

 

17. Les balançoires ailées (1979)

Chanson de film/dessin animé

Interprète : Chœur des enfants du Bolchoï
Musique : Evgueni Krylatov
Texte : Iouri Entine

Tout sur cette terre est oublié
Le cœur se fige dans la poitrine
Il n’y a que le Ciel, il n’y a que le vent
Il n’y a que la joie à venir

 

18. La chanson des lapins (1968)

Chanson de film/dessin animé

Interprète : Iouri Nikouline
Musique : Alexander Zatsepine
Texte : Leonid Derbenev

Courageux est celui
Qui trois fois dans l’année
À l’heure la plus terrible
Fauche l’herbe folle et se fiche de tout

 

19. Le lointain magnifique (1985)

Chanson de film/dessin animé

Interprète : Tatiana Daskovskaïa
Musique : Evgueni Krylatov
Texte : Iouri Entine

J’entends une voix depuis le lointain magnifique
Elle m’appelle vers des contrées merveilleuses
J’entends la voix, la voix demande sévèrement
Mais qu’ai-je fait aujourd’hui pour demain ?

 

20. Que nous étions jeunes (1975)

Chanson philosophique

Interprète : Alexander Gradski
Musique : Alexandra Pakhmoutova
Texte : Nikolaï Dobronravov

Rien ne passe sur Terre sans laisser de traces
Et la jeunesse en allée est pourtant immortelle
Que nous étions jeunes, que nous étions jeunes
Que nous nous aimions sincèrement, que nous croyions en nous

 

21. Lettre d’adieu (Goodbye America) (1985)

Chanson philosophique

Interprète : Nautilus Pompilius
Musique : Viatcheslav Boutoussov
Texte : Viatcheslav Boutoussov, Dmitri Oumetski

Tes jeans usés
Me sont devenus trop petits
On nous a si longtemps appris à aimer
Tes fruits défendus

 

22. Les Nuits de Moscou (1955)

Chansons sur la patrie

Interprète : Vladimir Trochine
Musique : Vassili Solovev-Sedoï
Texte : Mikhaïl Matoussovski

L’aube est de plus en plus visible
Et je t’en prie, aie la bonté
De ne pas oublier, toi non plus,
Ces nuits d’été près de Moscou

 

23. Ma douce (1973)

Chanson d’amour

Interprète : Iouri Vizbor
Musique : Iouri Vizbor
Texte : Iouri Vizbor

Soudain, là-bas, entre les pins
Un petit bout de feu rougeoie
Et près du foyer, on attend
Imaginez qui – moi

 

24. Chansonnette des amis (ou Il n’y a rien de mieux sur Terre) (1969)

Chanson de film/dessin animé

Interprète : Oleg Anofriev
Musique : Guennadi Gladkov
Texte : Iouri Entine

Nous n’oublions pas notre vocation –
Nous apportons aux gens rire et joie !
Pour nous, les dômes séduisants des palais,
Ne remplaceront jamais la liberté.

 

25. La chanson du crocodile Guena (ou Que courent les piétons maladroits) (1969)

Chanson de film/dessin animé

Interprète : Vladimir Ferapontov
Musique : Vladimir Chaïnski
Texte : Alexander Timofeevski

Je joue de l’accordéon
Sous le nez des passants.
C’est bien malheureux, que l’anniversaire
Ne soit qu’un jour par an.

 

26. Quelle joie d’être tous réunis ici aujourd’hui (1978)

Chanson philosophique

Interprète : Oleg Mityaev
Musique : Oleg Mityaev
Texte : Oleg Mityaev

Et pourtant, nous nous souvenons avec douleur de ceux
Dont les noms, comme des blessures, se sont gravés dans nos cœurs.
De leurs rêves et chansons, nous emplissons chacune de nos inspirations
Quelle joie d’être tous réunis ici aujourd’hui !

 

27. La Tendresse (1965)

Chanson d’amour
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Maya Kristalinskaïa
Musique : Alexandra Pakhmoutova
Texte : Nikolaï Dobronravov, Sergueï Grebennikov

Les feuilles continuent de tomber dans les jardins,
Et tous les taxis se précipitent quelque part.
Mais c’est si vide à terre, seule sans toi
Et toi, tu voles, et les étoiles
T’offrent leur tendresse.

 

28. Le fichu bleu (Le 22 juin à 4 heures pile du matin) (1940/1941)

Chanson sur la guerre
Chanson d’amour

Interprète : Lydia Ruslanova / Klavdia Chouljenko
Musique : Eji Petersbourski
Texte : Yakov Goldenberg / Boris Kovynev

Pour eux, pour les proches,
Les aimés, les tant désirés,
Le mitrailleur tire,
Pour le petit fichu bleu,
Qui était sur les épaules adorées !

 

29. Un jour, le monde pliera devant nous (1997)

Chanson poétique engagée
Chanson philosophique

Interprète : Machina Vremeni
Musique : Andreï Makarevitch
Texte : Andreï Makarevitch

Non, je ne brûle pas du désir d’aller faire le malin chez les autres,
J’ai vu cette vie sans fard.
Il ne faut pas plier devant ce monde inconstant,
Mieux vaut qu’il plie devant nous

 

30. Le tournant (1979)

Chanson philosophique

Interprète : Machina Vremeni
Musique : Alexander Koutikov
Texte : Andreï Makarevitch

Voilà un nouveau tournant,
Et le moteur rugit
Que nous apportera-t-il –
le précipice ou l’envol,
le tourbillon ou le gué ?
Mais tu ne le sauras pas,
tant que tu n’auras pas passé
Le tournant.

 

31. Vladivostok 2000 (1996)

Chanson philosophique

Interprète : Mumiï Troll
Musique : Ilya Lagoutenko
Texte : Ilya Lagoutenko

Quand le brouillard s’est dissipé et que la lune est apparue
Ma jeune femme n’est pas revenue de l’usine
L’eau s’empoisonne, la lumière s’éteint, le son se tait.
Je ne te reviendrai plus – voilà l’ami que je suis devenu.

 

32. Je t’aime, ma vie (1956)

Chanson philosophique

Interprète : Mark Bernes
Musique : Eduard Kolmanovski
Texte : Konstantin Vanchenkine

Dans le carillon de chaque jour
Je suis si heureux que je n’ai pas de repos
J’ai l’amour
Ma vie, tu sais ce que c’est

 

33. Les péniches pleines de mulet (1943)

Chanson d’amour
Chanson sur la patrie
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Mark Bernes
Musique : Nikita Bogoslovski
Texte : Vladimir Agatov

Je ne parlerai pas pour toute Odessa
Toute Odessa est très grande…
Mais la Moldavanka et le Peresyp
Adorent le marin Kostia.

 

34. Attends, locomotive (Années 1940)

Chanson de film/dessin animé
Chanson réaliste

Interprète : Iouri Nikouline, Gueorgui Vitsine
Musique : Inconnu, possible Nikolaï Ivanovski
Texte : Inconnu, possible Nikolaï Ivanovski

Attends, locomotive, roues, ne tambourinez pas
Nous avons bien le temps de regarder le destin en face
Il n’est pas encore trop tard pour faire un arrêt
Conducteur, appuie sur le frein !

 

35. La sérénade du troubadour (ou Le rayon du soleil doré) (1973)

Chanson de film/dessin animé

Interprète : Muslim Magomadev
Musique : Guennadi Gladkov
Texte : Iouri Entine

La nuit passera, viendra le matin clair
Je crois que le bonheur nous attend, toi et moi
La nuit passera, passera la saison pluvieuse
Et le soleil se lèvera…

 

36. Les chevaux fous (1972)

Chanson philosophique

Interprète : Vladimir Vyssotski
Musique : Vladimir Vyssotski
Texte : Vladimir Vyssotski

Nous avons bien le temps – les invités de Dieu ne sont jamais en retard.
Mais pourquoi les anges chantent-ils avec de si méchantes voix ?
Ou est-ce les clochettes, déchirées de sanglots,
Ou encore moi, qui hurle aux chevaux de ne pas emporter si vite le traîneau ?

 

37. Il n’est pas revenu du combat (1969)

Chanson sur la guerre

Interprète : Vladimir Vyssotski
Musique : Vladimir Vyssotski
Texte : Vladimir Vyssotski

Je ne saurai plus jamais qui de nous deux avait raison
Dans nos disputes sans sommeil ni repos
Il n’a commencé de me manquer que maintenant,
Quand il n’est pas revenu du combat

 

38. Smugklyanka-Moldavanka (1940)

Chanson sur la guerre
Chanson d’amour
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Sofia Rotarou / Ensemble Alexandrov
Musique : Anatoli Novikov
Texte : Yakov Chvedov

O Moldave basanée
Que j’ai si souvent imaginée la nuit
Et soudain, ma basanée,
Je l’ai rencontrée dans les rangs des partisans

 

39. On ne renie pas quand on aime (1976)

Chanson d’amour

Interprète : Alla Pougatcheva
Musique : Mark Minkov
Texte : Veronika Touchnova

Tu voudras tellement cette chaleur
Qu’autrefois, tu n’aimais pas
Que tu ne pourras pas attendre ton tour
Derrière les trois personnes à la cabine téléphonique –
Voilà comme tu voudras cette chaleur !

 

40. Mon cœur (2000)

Chanson d’amour

Interprète : Spleen
Musique : Alexander Vassiliev
Texte : Alexander Vassiliev

Et moi je ne suis, Dieu merci, ni Ricky ni Martin
Je ne suis pas allé aux Oscars, je n’ai pas marqué contre les Français,
Aucune ville sur la carte ne porte mon nom
Mais les rideaux sont tirés, et le canapé défait

 

41. Prends ton manteau, on rentre à la maison (1975)

Chanson sur la guerre
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Ensemble Alexandrov / Boulat Okoudjava
Musique : Valentin Levachov
Texte : Boulat Okoudjava

Et que vais-je dire aux tiens ?
Comment me tiendrai-je devant ta veuve ?
Me faudra-t-il jurer sur les jours anciens ?
Prends ton manteau – on rentre à la maison.

 

42. Il me plaît… (1975)

Chanson d’amour
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Alla Pougatcheva
Musique : Mikael Tariverdiev
Texte : Marina Tsvetaeva

Merci de tout cœur et avec mes deux mains,
De m’aimer tant sans le savoir. Merci
Pour le calme de mes nuits. Merci de venir
Si rarement me voir au crépuscule,
Merci pour nos non-promenades au clair de lune
Pour le soleil brillant non au-dessus de nos têtes

(Traduction Véronique Lossky, Syrtes, 2015)

 

43. Au dernier automne (1990)

Chanson philosophique

Interprète : DDT
Musique : Iouri Chevtchouk
Texte : Iouri Chevtchouk

Au dernier automne – ni ligne, ni soupir
Les dernières chansons sont tombées en été
L’époque achève de brûler dans le brasier d’adieu
Et nous observons l’ombre et la lumière

 

44. Personne n’entend (1990)

Chanson poétique engagée
Chanson philosophique

Interprète : Tchaïf
Musique : Tchaïf
Texte : Vladimir Chakhrine

La Lune est apparue et grimpe, tenace
De plus en plus haut
De toutes mes forces, je hurle de chagrin –
Et personne n’entend !

 

45. Le vent des changements (1983)

Chanson philosophique
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Pavel Smeyan, Tatiana Voronina
Musique : Maxim Dounaevski
Texte : Naoum Olev

Mais il y a sur Terre le vent des changements
Il souffle et chasse le vent des tromperies
Il dispersera, quand viendra l’heure
Le vent des séparations, le vent des offenses

 

46. Vaste est mon pays (1936)

Chanson sur la patrie
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Chœur de la radiotélévision soviétique
Musique : Isaak Dounaevski
Texte : Vassili Lebedev-Koumatch

Le vent du printemps souffle sur le pays
La vie devient plus joyeuse chaque jour
Et personne sur Terre ne sait
Rire et aimer mieux que nous !

47. La chasse aux loups (1968)

Chanson poétique engagée
Chanson philosophique

Interprète : Vladimir Vyssotsky
Musique : Vladimir Vyssotsky
Texte : Vladimir Vyssotsky

Ce n’est pas à armes égales que les chasseurs
Jouent avec les loups, mais leur main ne tremble pas !
En enfermant notre liberté dans leurs fanions
Ils tirent fermement, visent à coup sûr.

 

48. Le wagon bleu (1974)

Chanson philosophique
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Vladimir Ferapontov
Musique : Vladimir Chaïnski
Texte : Alexander Timofeevski

Peut-être avons-nous mal agi et avons-nous eu tort
Mais cette feuille du calendrier sera arrachée aussi
Hâtons-nous vers de nouvelles aventures, mes amis
Accélère, conducteur !

 

49. WWW (2002)

Chanson sur la patrie
Chanson philosophique

Interprète : Leningrad
Musique : Sergueï Chnourov
Texte : Sergueï Chnourov

J’ai oublié quand j’ai déménagé,
J’étais sûrement bourré
Mon adresse, ce n’est ni un numéro, ni une rue,
Mon adresse, aujourd’hui, la voilà :
WWW Leningrad
Spb point ru

 

50. L’écho de l’amour (1977)

Chanson d’amour

Interprète : Anna German
Musique : Evgueni Ptitchkine
Texte : Robert Rojdestvenski

Et même au bord des ténèbres qui rampent,
Au-delà du cercle mortel,
Je le sais : nous ne nous séparerons pas,
Nous sommes le souvenir, nous sommes le souvenir,
Nous sommes le souvenir étoilé l’un de l’autre.

 

51. Comme à la guerre (1992)

Chanson d’amour
Chanson philosophique

Interprète : Agata Kristi
Musique : Gleb Samoïlov
Texte : Gleb Samoïlov

La douleur, c’est la douleur, quel que soit le nom que tu lui donnes
C’est la peur, et où il y a de la peur, il n’y a pas de place pour l’amour
J’ai dit : Calme-toi et ferme-là.
Et c’est tout. Au revoir, et va au diable.

 

52. Valse-boston (Années 1980)

Chanson philosophique

Interprète : Alexander Rosenbaum
Musique : Alexander Rosenbaum
Texte : Alexander Rosenbaum

Je fais si souvent ce rêve, mon rêve étonnant,
Dans lequel l’automne nous danse une valse-boston.
Les feuilles tombent, le disque tourne
« Ne pars pas, reste avec moi, toi, mon caprice. »

 

53. Si vous n’avez pas de tante (Aria d’un hôte moscovite) (1975)

Chanson philosophique
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Sergueï Nikitine
Musique : Mikael Tariverdiev
Texte : Alexander Aronov

Si vous n’avez pas de maison,
Elle ne craindra pas les incendies
Et votre femme ne s’en ira pas chez un autre
Si vous n’avez, si vous n’avez
Si vous n’avez pas de femme.

 

54. P.M.M.A. (Pardonne-moi, mon amour) (2000)

Chanson d’amour

Interprète : Zemfira
Musique : Zemfira
Texte : Zemfira

C’est calme. On n’entend ni les horloges, ni les mouettes
Docilement, on éteint son cœur
Et tu es dans le sable, comme dans du bronze
Pardonne-moi, mon amour.

 

55. Ils ne nous rattraperont pas (1999)

Chanson d’amour

Interprète : t.A.T.u
Musique : Sergueï Galoyan
Texte : Elena Kiper, Valeri Polyenko

Nuit-conductrice, cache nos ombres
Derrière le nuage, derrière les nuages
Ils ne nous trouveront pas, ne nous changeront pas
Ils ne peuvent pas attraper les étoiles avec les mains

 

56. La forêt de Bialowieza (1975)

Chanson sur la patrie

Interprète : Pesnyary
Musique : Alexandra Pakhmoutova
Texte : Nikolaï Dobronravov

Mon cœur réchauffé auprès des grands bouleaux,
J’emporterai avec moi, pour soulager les vivants,
Ton chant précieux, ton chant miraculeux
Forêt de Bialowieza, forêt de Bialowieza.

 

57. Combat (1995)

Chanson sur la guerre

Interprète : Lioube
Musique : Igor Matvienko
Texte : Alexander Chaganov

Et à la guerre comme à la guerre
Balles, vodka et tabac bon marché.
Et à la guerre, le boulot difficile
Tire, ou tu seras tué

 

58–59. La rame part pour Tikhorestk (1962)

Chanson d’amour
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Alla Pougatcheva
Musique : Mikael Tariverdiev
Texte : Mikhaïl Lvovski

Le compartiment fumeurs se met à fourrer son nez
Dans mon passé et mon présent
Je vais leur raconter trois kilos de mensonges, qu’ils s’étonnent –
À qui j’ai dit adieu, ça ne vous regarde pas.

 

58–59. Mourka (Années 1920)

Chanson d’amour
Chanson réaliste

Interprète : Arkadi Severny et beaucoup d’autres
Musique : Inconnu
Texte : Inconnu

Salut, ma Mourka, salut, chérie,
Salut, ma Mourka, et adieu !
Tu as balancé toute notre bande
Et pour ça, prends une « lame »

 

60. La route (1992)

Chanson philosophique

Interprète : Auktyon
Musique : Leonid Fedorov
Texte : Dmitri Ozerski

La terre m’a tenu par les pieds
La terre nue et lourde
M’a aimé lentement, en ruminant.
Et s’est envolée en poussière dans les nuages
De ses ailes lançant des nuages
La longue route, inconnue.

 

61. La prison centrale de Vladimir (1998)

Chanson réaliste

Interprète : Mikhaïl Krug
Musique : Mikhaïl Krug
Texte : Mikhaïl Krug

Là-bas, derrière la fenêtre du prisonnier, la fente étroite
Et bien que tu sois court, mon printemps,
Je me réjouis que ce soit là, c’est au moins ça
Comme j’ai besoin de ton amour.

 

62. Chanson sur la patrie lointaine (1973)

Chanson sur la patrie
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Iossif Kobzon
Musique : Mikael Tariverdiev
Texte : Robert Rojdestvenski

Quelque part loin dans ma mémoire
Aujourd’hui comme dans mon enfance, il fait bon
Bien que ma mémoire soit couverte
De si hautes neiges

 

63. Les roses blanches (1988)

Chanson philosophique

Interprète : Laskovy maï
Musique : Sergueï Kouznetsov
Texte : Sergueï Kouznetsov

Qui s’est mis en tête de vous faire pousser en hiver,
Ô, roses blanches
Et de vous apporter dans ce monde de rêves cruels,
De vents glacés

 

64. Le soleil las (1937)

Chanson d’amour

Interprète : Pavel Mikhaïlov
Musique : Eji Petersbourski
Texte : Iossif Alfek

Le soleil las a dit tendrement adieu à la mer
À cette heure tu m’as avoué qu’il n’y avait pas d’amour.
J’ai été un peu triste
Sans angoisse, sans chagrin.
À cette heure ont résonné tes mots.

 

65. Sur un idiot (1990)

Chanson philosophique

Interprète : Grajdanskaïa oborona
Musique : Egor Letov
Texte : Egor Letov

La Mort marche dans la rue, elle porte une assiette de crêpes
Celui qui l’attrapera sera exaucé
Elle l’attrapera par l’épaule, l’embrassera chaudement
Et les kopecks s’envoleront de sa poche

 

66. Je marche, je fume (1991)

Chanson philosophique

Interprète : Nol
Musique : Fedor Tchistyakov
Texte : Fedor Tchistyakov

Dans mes oreilles bruissent les feuilles
Et le brouillard surplombe la Neva
Au-dessus du fleuve Neva le brouillard
Au-dessus de l’herbe-aux-fous le brouillard.

 

67. La musique nous a liés (1988)

Chanson philosophique

Interprète : Miraj
Musique : Andreï Lityaguine
Texte : Valeri Sokolov

De nouveau je file voir mes amis
Qu’est-ce qui m’attire ici, je ne sais pas.
Je ne peux pas rester longtemps sans musique.

 

68. Arlecchino (1975)

Chanson philosophique

Interprète : Alla Pougatcheva
Musique : Emil Dimitrov
Texte : Boris Barkas

Je suis un bouffon, je suis Arlequin, je ne suis qu’un rire
Sans nom, et pour tout dire, sans destin.
Et franchement, qu’avez-vous donc à faire,
De ceux sur le compte de qui vous êtes venus vous divertir ?

 

69. Arrivederci (1998)

Chanson philosophique

Interprète : Zemfira
Musique : Zemfira
Texte : Zemfira

Brûler les bateaux dans mon port,
Je me ferai rembourser mon billet en roubles
Laisser pousser jusqu’aux épaules
Jamais je ne rentrerai à la maison.

 

70. Et le Tsigane va (1983)

Chanson d’amour
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Nikita Mikhalkov
Musique : Andreï Petrov
Texte : Rudyard Kipling, traduction Grigori Kroujkov

Ensemble sur le sentier à la rencontre du destin
Sans savoir si c’est vers l’Enfer ou vers le Paradis –
C’est ainsi qu’il faut aller, sans craindre le chemin
Jusqu’au bout du monde, jusqu’au-delà !

(Both to the road again, again!
Out on a clean sea-track —
Follow the cross of the gipsy trail
Over the world and back!)

 

71. Les ennemis ont brûlé sa maison (1946)

Chanson sur la guerre

Interprète : Mark Bernes
Musique : Matvey Blanter
Texte : Mikhaïl Issakovski

Le soldat s’enivrait, la larme roulait,
La larme des espoirs déçus,
Et sur sa poitrine brillait
La médaille pour Budapest.

 

72. Le temps des clochettes (1984)

Chanson poétique engagée
Chanson philosophique

Interprète : Alexander Bachlatchev
Musique : Alexander Bachlatchev
Texte : Alexander Bachlatchev

Qu’avons-nous désormais à tourner autour du pot
Sur notre champ comme des maquisards ?
Si l’on n’a pas fondu la cloche en notre honneur
C’est qu’ici est venu le temps des clochettes

 

73. Pleure-le (1990)

Chanson philosophique

Interprète : Tchaïf
Musique : Tchaïf
Texte : Vladimir Chakhrine

À quoi bon veux-tu savoir ce qu’il a demandé
À quoi bon savoir qui il a aimé
À quoi bon savoir ce qu’il a tu
Pleure-le tant qu’il est vivant
Aime-le tel qu’il est.

 

74. Chanson des Goliards (1975)

Chanson philosophique

Interprète : Igor Ivanov
Musique : David Toukhmanov
Texte : Goliards, traduction libre de Lev Guinzburg

Tous, je vous réunirai
Si, en pays étranger,
Je ne meurs pas par hasard
De mon latin

 

75. À Saint-Pét, on picole (2015)

Chanson sur la patrie
Chanson philosophique

Interprète : Leningrad
Musique : Sergueï Chnourov
Texte : Sergueï Chnourov

Car j’ai beau avoir l’air d’un sacré branleur,
Je l’aime, mon pays, de tout cœur
C’est une chanson sur le tourisme, d’ailleurs
Et c’est pour les touristes que je la chante…

 

76. Vologda (1956)

Chanson d’amour
Chanson sur la patrie

Interprète : Pesnyary
Musique : Boris Mokrooussov
Texte : Mikhaïl Matoussovski

Je vois, je vois les grappes écarlates des sorbiers
Je vois, je vois sa maison, au numéro un
Je vois, je vois le jardin et son banc à la porte,
La ville, où m’attend le destin

 

77. Les chaussures jaunes (1987)

Chanson d’amour

Interprète : Bravo
Musique : Evgueni Khavtan
Texte : Janna Agouzarova

Ah, ces chaussures jaunes
Qui marchent vite sur le bitume
Et de nouveau tu vas à pied –
Je passe à côté en Tchaïka.

 

78. Le jeune meneur de chevaux de mine (Années 1910, supposé)

Chanson sur la guerre
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Lavrenti Massokha / Tchij
Musique : Inconnu
Texte : Inconnu

On nous tire de dessous les décombres, la carcasse est soulevée dans les bras
Et les salves de canons nous accompagnent sur le dernier chemin.
Et déjà s’envolent les télégrammes aux parents et aux proches, pour informer
Que votre fils ne reviendra plus et ne rendra pas visite.

 

79. Iceberg (1983)

Chanson d’amour

Interprète : Alla Pougatcheva
Musique : Igor Nikolaev
Texte : Lydia Kozlova

Et avec toi, j’oublie tout sur terre
Et je me jette dans l’amour tête la première, comme dans la mer
Et toi, tu es si froid, comme un iceberg dans l’océan
Et toutes tes peines sous l’eau noire.

 

80. La chanson de Niourka (1990)

Chanson philosophique

Interprète : Yanka Dyaguileva
Musique : Yanka Dyaguileva
Texte : Yanka Dyaguileva

La jeune fille a étalé les nippes au sol
Jeté dans les coins les cartes de trèfle
La jeune a fille a perdu sa joie pour le printemps
Oublié ses boucles d’oreille et ses perles chez les uns et les autres

 

81. Affreuse Elsa (1988)

Chanson philosophique

Interprète : Krematoriï
Musique : Armen Grigoryan
Texte : Armen Grigoryan

Nous avons 27 ans, et tout ce qui a été
Ne peut plus être lavé ni à la vodka ni au savon
De nos âmes.
Car nous vivons pour crever demain

 

82. Hold-up (Années 1970)

Chanson réaliste

Interprète : Alexander Rozenbaum
Musique : Alexander Rozenbaum
Texte : Alexander Rozenbaum

Tu portais des fourrures d’écureuil,
Et de la peau de crocodile
Tu faisais le lit des colonels
Tu te lavais les pieds pour la nuit
Tu avais totalement oublié le monde du crime
Et pour ça, prends une « lame »

 

83. Chanson sur ce qui vient à notre rencontre (1932)

Chanson sur la patrie
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Grand chœur de la radiotélévision soviétique
Musique : Dmitri Chostakovitch
Texte : Boris Kornilov

Le matin, la fraicheur vient à notre rencontre
Viennent à notre rencontre le vent et la rivière
Eh bien, bouclée, pourquoi n’es-tu pas heureuse
Du chant joyeux de la sirène de rassemblement ?

 

84. L’aiglon (1936)

Chanson sur la guerre

Interprète : Grand chœur des enfants de la radio télévision centrale
Musique : Viktor Biély
Texte : Yakov Chvedov

Aiglon, aiglon, brille de tout ton plumage
Recouvre de ton corps la lumière blanche
Crois-moi, on ne veut pas penser à la mort
Quand on est un garçon de seize ans

 

85. Conversation avec le bonheur (1973)

Chanson philosophique

Interprète : Valeri Zolotoukhine
Musique : Alexander Zatsepine
Texte : Leonid Derbenev

Soudain, comme dans un conte, la porte a grincé
Tout est clair pour moi désormais
Combien d’années ai-je contredit le destin
Pour cette rencontre avec toi

 

86. Chansonnette du raton-laveur (1974)

Chanson de film/dessin animé

Interprète : Klara Roumyanova
Musique : Vladimir Chaïnski
Texte : Mikhaïl Plyatskovski

Et alors à coup sûr, brusquement, les nuages
Se mettront à danser
Et la cigale se mettra à jouer du violon…
La rivière commence par un ruisseau bleu,
Et l’amitié, elle, commence par un sourire.

 

87. Nocturne (1983)

Chanson d’amour
Chanson philosophique

Interprète : Muslim Magomaev
Musique : Arno Babadjanyan
Texte : Robert Rojdestvenski

Et entre moi et toi, des siècles,
Des instants et des années,
Des rêves et des nuages.
Je les invite aujourd’hui à s’envoler vers toi
Car je t’aime
Encore plus fort

 

88. Ce que je dois dire (1917)

Chanson poétique engagée
Chanson sur la Patrie

Interprète : Alexander Vertinski / Boris Grebenchtchikov
Musique : Alexander Vertinski
Texte : Alexander Vertinski

Je ne sais pas à quoi ni à qui c’est utile
Qui les a envoyés à la mort d’une main sûre
Mais on les a de façon si absurde, si amère, si insensée
Envoyés au Repos éternel

 

89. Le vol en deltaplane (1981)

Chanson philosophique

Interprète : Valeri Leontiev
Musique : Eduard Artemiev
Texte : Nikolaï Zinoviev

Voilà que j’enfile mes deux ailes, et tu es plus proche, tu es plus proche
L’amour m’a arraché à la vanité
Certains n’ont peut-être pas d’ailes, mais à mes épaules, elles sont si légères.
Déjà résonne en moi l’appel de mon deltaplane, mon deltaplane.

 

90. Variations sur des thèmes tsiganes (1968)

Chanson poétique engagée
Chanson philosophique

Interprète : Vladimir Vyssotski
Musique : Vladimir Vyssotski
Texte : Vladimir Vyssotski

Dans les cabarets, les carafons verts et les serviettes blanches,
Un paradis pour les miséreux et les baladins, j’y suis moi, en revanche –
Comme un oiseau en cage !
Dans l’église, la puanteur et la pénombre, les sacristains agitent la fumée d’encens,
Non, même dans l’église, tout n’est pas, tout n’est pas comme il faut.

 

91. Il est temps de prendre la route (1945)

Chanson sur la guerre
Chanson d’amour
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Roujena Sikora
Musique : Vassili Soloviev-Sedoï
Texte : Solomon Foguelsohn

Que le destin nous éloigne, peu importe
Simplement, ne laisse personne entrer dans ton cœur
Je surveillerai sévèrement – de là-haut, je vois tout,
Sache-le !

 

92. Violon, ne trouble pas mon âme (1990)

Chanson philosophique

Interprète : Valeri Meladze
Musique : Konstantin Meladze
Texte : Konstantin Meladze

Je sors, je m’incline face à la maison
Je prie Dieu en silence
Et je pars à la recherche des contrées
Où vit mon amour

 

93. Les yeux noirs (1928)

Chanson d’amour

Interprète : Piotr Lechtchenko
Musique : Oskar Strok
Texte : Alexander Perfilyev

Ah!, ces yeux noirs m’ont capturé
Nulle part, je ne peux pas les oublier – ils brûlent devant mes yeux
Ah !, ces yeux noirs m’ont aimé.
Où donc êtes-vous cachés aujourd’hui ? Quel autre est près de vous ?

 

94. Le dernier poème (1970)

Chanson d’amour
Chanson philosophique
Chanson de film/dessin animé

Interprète : Irina Otieva, Vera Sokolova
Musique : Alexeï Rybnikov
Texte : Rabindranat Tagor, traduction : Adelina Adalis

Je largue les amarres, et le temps m’emporte
De contrée en contrée
De rive à rive, de plage à plage
Mon ami, Adieu !

 

95. La marche des aviateurs (1920)

Chanson sur la patrie

Interprète : Evgueni Kibkalo
Musique : Iouli Khaït
Texte : Pavel Guerman

Nous sommes nés pour faire du conte une histoire vraie
Franchir les espaces et les étendues
La Raison nous a donné des bras-ailes d’acier
Et à la place du cœur – un moteur embrasé

 

96. Achetez-moi des cigarettes (1922)

Chanson sur la guerre
Chanson réaliste

Interprète : Arkadi Severny et beaucoup d’autres
Musique : Guerman Iablokov
Texte : Inconnu

Mes amis, je ne vois rien
Je ne vous ferai pas l’offense de vous demander l’aumône
Approchez, n’ayez pas peur,
De l’orphelin, réchauffez-moi,
Regardez – mes pieds sont nus.

 

97. Rue Kachtanova (1985)

Chanson sur la patrie

Interprète : Iouri Antonov
Musique : Iouri Antonov
Texte : Igor Chaferan

Il y a rues centrales, hautes et importantes
Avec vitrines de verre, et guirlandes de lumières
Mais j’ai plus de tendresse pour les tranquilles, les sans étages
Dont les noms caressants nous éclairent

 

98. La chanson du commandant Shchors (1936)

Chanson sur la guerre

Interprète : Mark Reizen
Musique : Matveï Blanter
Texte : Mikhaïl Golodny (Epstein)

Sa vie a passé dans la faim et le froid
Mais son sang n’a pas coulé en vain
Nous avons rejeté l’ennemi féroce au-delà du cordon
Nous nous sommes aguerris tout jeunes, l’honneur nous est cher

 

99. Le pays de Limonie (1988)

Chanson poétique engagée
Chanson philosophique

Interprète : Duna
Musique : Sergueï Katine
Texte : Sergueï Katine

Le pays de Limonie est un pays sans souci
On se rend à Limonie par une voie souterraine
Essaie de la trouver seul
Je ne vais pas te l’enseigner

 

100. Le voleur (Années 1920)

Chanson réaliste

Interprète : Leonid Utesov
Musique : Inconnu
Texte : Inconnu

Au paradis aussi, je reprendrai le « travail »
Je prendrai avec moi ma pince monseigneur, mon revolver, mon passe-partout.
J’ai besoin d’argent coûte que coûte
Dans le vestiaire de Dieu, je me glisserai
Je ne l’offenserai pas beaucoup

 

 

Expert est un hebdomadaire économique national, tiré à 92000 exemplaires. Fondé en 1995 par une équipe de journalistes issus de la rédaction du quotidien Kommersant, Expert analyse le développement des grandes et petites entreprises en Russie et offre des analyses détaillées de la politique intérieure et internationale.

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