Syrie : après la guerre, les affaires

Au lendemain de la campagne russe en Syrie, la Russie entend bien faire partie des principaux reconstructeurs de la république arabe, comme en témoigne la visite récente d’une délégation russe à Damas.

Une semaine après l’annonce du retrait de la plupart des troupes russes stationnées en Syrie, le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine emboîtait le pas au président Poutine pour préparer le rétablissement de l’économie locale.

« Ici, nous ne perdrons pas d’argent. Au contraire, nous allons en gagner, aux côtés des Syriens. Et ils réinvestiront leur part dans le rétablissement de leur économie », a déclaré l’officiel, en visite dans la république, le 18 décembre.

Détaillant les projets d’affaires russo-syriens potentiels, Dmitri Rogozine a mentionné la remise sur pied et l’exploitation de sites majeurs d’extraction pétrolière, le rétablissement des chemins de fer et de l’approvisionnement en électricité. Le vice-Premier ministre a également indiqué que la Russie pourrait utiliser les ports syriens pour exporter du blé russe, dont les moissons battent tous les records, en Syrie et dans les pays voisins.

Dmitri Rogozine et Bachar al-Assad à Damas, le 18 décembre 2017. Crédits : oborona.gov.ru
Dmitri Rogozine et Bachar al-Assad à Damas, le 18 décembre 2017. Crédits : oborona.gov.ru

Security first

Selon Igor Iouchkov, chercheur de la Fondation russe pour la sécurité énergétique nationale, les entreprises russes peuvent effectivement retirer des bénéfices en Syrie, notamment de la construction de centrales électriques et de l’industrie du raffinage pétrolier.

Mais si le pays a besoin d’essence et de fioul pour reconstruire son réseau routier, la question de la sécurité n’est pas encore réglée, et les seules entreprises russes qui pourront travailler normalement en Syrie seront les corporations publiques, souligne l’expert.

« Il s’agit avant tout de Rostec, assez proche des structures de la Défense russe, et qui pourra aisément s’entendre avec les militaires pour qu’ils garantissent la sécurité de ses activités. Le groupe pourra également se charger de la construction de raffineries pétrolières. Gazprom pourra naturellement s’occuper de la sphère gazière, et Rosneft, de l’extraction pétrolière », a-t-il précisé à Kommersant FM.

Des entreprises publiques russes collaborent d’ailleurs déjà avec le gouvernement syrien. Stroïtransgaz, notamment, contrôlée par l’oligarque Guennadi Timtchenko, construit actuellement plusieurs sites d’exploitation de gisements de phosphates dans la république arabe.

Vladimir Poutine et Bachar al-Assad lors d'un défilé de troupe russe, le 11 décembre 2017. Créditss : ministère de la défense russe
Vladimir Poutine et Bachar al-Assad lors d’un défilé de troupe russe, le 11 décembre 2017. Crédits : ministère de la défense russe

La concurrence

Les États-Unis, s’ils ne possèdent pas de réelles positions économiques en Syrie, peuvent toutefois adopter des sanctions contre les entreprises russes collaborant avec le régime de Bachar el-Assad, rappelle le quotidien Kommersant.

Mais pour Vladimir Issaev, chercheur de l’Institut des pays d’Asie et d’Afrique de l’université d’État de Moscou, les vrais concurrents potentiels de la Russie en Syrie sur le plan économique sont ailleurs.

« C’est en premier lieu la Chine, qui pourra se tailler une niche sur les marchés des infrastructures et du textile. Ensuite, il y a l’Iran, qui va continuer de livrer du pétrole aux raffineries syriennes. Et enfin, il y a l’Europe, et en premier lieu la France et l’Italie, qui, du moins jusqu’au début de la guerre, achetaient la totalité du pétrole syrien d’export », énumère l’expert, cité par Kommersant FM.

Selon Vladimir Poutine, la Russie aurait dépensé 33 milliards de roubles (environ 480 millions d’euros) en Syrie en 2016. Reste à savoir à quel rythme les entreprises publiques russes pourront amortir ces dépenses en reconstruisant la république arabe.

1 commentaire

  1. tout simplement bravo à Mr Poutine , qui n a pas peur de s investir , pour aider un pays à lutter contre le térrorisme ; je suis admiratif de ce Monsieur , encore bravo Mr le president .

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