2017 : Les scandales et les affaires qui ont marqué la Russie

Un ministre de l’économie condamné à huit ans de prison, un célèbre metteur en scène assigné à résidence, des militants ultra-orthodoxes déchaînés contre un film, des adolescentes cruelles, des hôtesses victorieuses et un danseur discriminé. Le Courrier de Russie revient sur les plus gros scandales de l’année.

L’AFFAIRE OULIOUKAÏEV

Au terme d’un an de procédure et de quatre mois de procès, la justice russe a condamné à huit ans d’emprisonnement l’ex-ministre de l’économie, Alexeï Oulioukaïev, accusé de corruption à grande échelle. Retour sur l’affaire de l’année 2017.

Alexeï Oulioukaïev, ex-ministre du développement économique. Crédits : Open Russia
Alexeï Oulioukaïev, ex-ministre du développement économique. Crédits : Open Russia

Alexeï Oulioukaïev, 61 ans, est le le plus haut responsable gouvernemental arrêté et traduit en justice depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine. Ministre de l’économie de 2013 à 2016, il a été reconnu coupable, vendredi 15 décembre, d’avoir réclamé un pot-de-vin de 2 millions de dollars au très influent Igor Setchine, patron du géant pétrolier Rosneft et ami de l’actuel président depuis plus de 25 ans.

Selon l’accusation, M.Oulioukaïev aurait demandé le versement de cette somme lors du sommet des BRICS, à Goa, en octobre 2016, en guise de « remerciement », pour avoir donné son feu vert à la vente des parts détenues par l’État dans le producteur pétrolier Bashneft à Rosneft (deuxième producteur de pétrole russe). Une vente à laquelle il s’était initialement opposé, menaçant, dans le cas contraire, de « gêner » de futures transactions de la compagnie.

L’ex-ministre de l’économie a toujours nié les faits, se disant « victime » d’une « provocation de la part du FSB (service de renseignement, NDLR), à partir d’accusations mensongères inventées par Igor Setchine ». Selon lui, le sac était censé contenir du vin que le président de Rosneft lui promettait depuis leur rencontre à Goa. Invité à comparaître en qualité de témoin, ce dernier ne s’est jamais présenté à une séance du tribunal.

Le panier avec du saucisson. Crédits : Vedomosti
Le panier avec du vin et du saucisson qu’aurait reçu Alexeï Oulioukaïev de la part d’Igor Setchine. Crédits : Vedomosti

Clamant haut et fort son innocence, M.Oulioukaïev était persuadé d’éviter la case prison. Mais la justice russe en a décidé autrement : 8 ans de colonie pénitentiaire et 130 millions de roubles d’amende (18,5 millions d’euros), soit le minimum requis dans une affaire de « perception d’importants pots-de-vin ». À noter que le Parquet avait demandé 10 ans fermes et 500 millions de roubles d’amende.

La sentence a été qualifiée d’« injuste » et d’ « inhumaine », par de nombreuses personnalités de la classe politique libérale et de l’opposition. Les représentants du gouvernement ont, eux, préféré garder profil bas. L’ancien ministre des finances, Alexeï Koudrine, a notamment parlé d’un « procès à charge », critiquant le « peu » de travail réalisé par les enquêteurs, alors que Ksenia Sobtchak, journaliste et candidate à la présidentielle, regrette une telle peine pour un homme « de cet âge ne représentant aucun danger pour la société ».

Ksenia Sobtchak a annoncé sa candidature dans une cuisine. Crédits : Instagram - @xenia_sobchak
Ksenia Sobtchak lors de l’annonce de sa candidature. Crédits : Instagram – @xenia_sobchak

M. Oulioukaïev est aujourd’hui comparé au milliardaire Mikhaïl Khodorkovski, dont la condamnation en 2003 pour fraude fiscale, escroquerie et blanchiment d’argent avait eu valeur d’exemple pour toute une catégorie de représentants de l’élite russe dénonçant la corruption au sein du pouvoir et fricotant avec l’opposition. M. Khodorkovski vit aujourd’hui à l’étranger. Il a été gracié par Vladimir Poutine après dix ans passés en prison. A Moscou, certains commentateurs pensent qu’un sort identique pourrait être réservé à l’ex-ministre de l’économie.

https://www.lecourrierderussie.com/politique/2017/11/affaire-oulioukaiev-an-apres-proces/

L’AFFAIRE SEREBRENNIKOV

Arrêté le 22 août dernier pour détournement de fonds publics, le célèbre metteur en scène Kirill Serebrennikov vit assigné à résidence dans l’attente de son procès. Il n’a pas pu assister à la première mondiale de son ballet Noureev qui s’est tenue les 9 et 10 décembre au théâtre Bolchoï.

Tout commence le 23 mai dernier, à Moscou, lorsque le domicile et le théâtre (le Centre Gogol) du réalisateur et metteur en scène Kirill Serebrennikov, lauréat du Prix spécial du festival de Cannes en 2016 pour son Le Disciple, sont perquisitionnés par la police.

Une perquisition entreprise dans le cadre d’une enquête portant sur le détournement de fonds publics attribués à sa société de production Studio-7. Interrogé par les enquêteurs, le metteur en scène est laissé en liberté.

Le 22 août, Kirill Serebrennikov est arrêté alors qu’il se trouve alors en plein tournage à Saint-Pétersbourg. Le lendemain, il est placé en résidence surveillée. À l’exception de son avocat et de ses proches, il n’a pas le droit de communiquer avec l’extérieur sans l’accord préalable de la justice russe.

Kirill Serebrennikov
Kirill Serebrennikov.

Outre Serebrennikov, d’anciens employés de Studio-7 sont également inquiétés : le directeur général du studio, Iouri Itine, et sa comptable en chef, Nina Masliaïeva, sont eux aussi placés en résidence surveillée. Le producteur Alexeï Malobrodsky est, quant à lui, placé en détention préventive.

Quelques semaines avant son arrestation, Kirill Serebrennikov, s’était déjà retrouvé au centre d’un scandale retentissant. Le ballet Noureev, inspiré de la vie du légendaire danseur classique soviétique – et dont il achève la mise en scène – était soudainement annulé par la direction du Bolchoï : « Il n’est pas prêt ».

Extrait du film Rudolf Nureyev - Dance to Freedom.
Extrait du film Rudolf Nureyev – Dance to Freedom.

Aujourd’hui, dans les cercles artistiques moscovites, encore ébranlés par la décision du Bolchoï, certains imputent cette annulation à des pressions politiques. D’autres, à l’évocation de l’homosexualité de Rudolf Noureev et aux scènes interprétées par des danseurs nus que comporte le spectacle.

https://www.lecourrierderussie.com/societe/2017/12/noureev-premiere-mondiale-tourmente

LES « BOUCHÈRES DE KHABAROVSK »

Le 25 août, un tribunal de Khabarovsk (Extrême-Orient), condamnent deux adolescentes accusées de maltraitance envers des animaux à 4 ans et 3 ans de prison ferme.

Les "bouchères de Khabarovsk", deux jeunes filles reconnus coupables de cruauté animale. Crédits : NTV.
Les « bouchères de Khabarovsk », deux jeunes filles reconnus coupables de cruauté animale. Crédits : NTV

Les deux jeunes filles âgées de 17 ans ont été reconnues coupables de « cruauté envers des animaux », d’acte de « délinquance » et du délit « d’offense aux sentiments religieux ».

Début novembre, elles avaient été arrêtées après la publication sur les réseaux sociaux de photographies sur lesquelles on les voyait maltraiter et tuer des animaux abandonnés, déclenchant une large vague de mécontentement au sein de la population et auprès des associations de défense des animaux. Ces clichés, repris par le site TJournal, ont fini par attirer l’attention de la police de Khabarovsk. Au total, 15 animaux ont souffert entre les mains des délinquantes.

Les jeunes filles, qui ont reçu entre temps le surnom de « bouchères », ont reconnu leur culpabilité à la mi-février. Lors de leur dernière audience au tribunal, elles ont demandé à recevoir une peine n’entraînant pas de privation de liberté, indique RIA Novosti.

Selon l’enquête, une des accusées a également fait la connaissance sur Internet d’un garçon de 20 ans, qu’elle a ensuite conduit dans un bâtiment abandonné où les attendait la deuxième fille, armée d’un pistolet et d’une batte de baseball. Les adolescentes ont attaqué le jeune homme, l’ont blessé à la mâchoire et ont commencé à lui demander de l’argent. Le garçon a finalement réussi à s’enfuir.

L’attaque a été filmée par un jeune homme de 18 ans, qui, avec les jeunes filles, a monté un film « visant à humilier une personne et un groupe de personnes pour appartenance à un groupe social ». Les adolescents ont ensuite publié la vidéo sur Internet « dans le but de bafouer la dignité humaine ». Elles diffusaient également, selon l’accusation, des messages et textes « offensant les sentiments religieux » . Leur complice a été condamné à trois ans de prison ferme pour « incitation à la haine ».

https://www.lecourrierderussie.com/societe/2017/08/boucheres-khabarovsk-prison-cruaute-animale/

LES HOTESSES « RONDES » D’AEROFLOT

Jugées insuffisamment minces par leur employeur, deux hôtesses de l’air d’Aeroflot ont poursuivi le transporteur aérien en justice et ont obtenu gain de cause. Une victoire de taille pour le syndicalisme russe.

Les deux hôtesses de l'air, Irina Ierousalimskaia, à droite, et Evguenia Magourina, à gauche. Crédits : Facebook - Projet W.
Les deux hôtesses de l’air, Irina Ierousalimskaia, à droite, et Evguenia Magourina, à gauche. Crédits : Facebook – Projet W.

Début 2017, deux employées du transporteur aérien russe Aeroflot ont porté plainte contre le groupe pour discrimination. « La direction nous a annoncé que les vols internationaux ne seraient plus assurés que par des jeunes et minces, et que les hôtesses âgées de plus de 40 ans et dépassant la taille 42 (ou taille L) en vêtements ne pourraient plus travailler que sur les vols intérieurs », explique l’une des plaignantes, Evguenia Magourina.

Au printemps 2017, deux tribunaux moscovites ont donné raison à Aeroflot, rejetant les plaintes des hôtesses. La compagnie aérienne, de son côté, s’est justifiée en affirmant que ces exigences spécifiques à l’égard des hôtesses étaient liées à l’espace restreint d’une cabine d’avion.

L’affaire a alors attiré l’attention de la société civile. Aliona Popova, fondatrice du réseau d’entraide féminine Projet W; a lancé sur le site Change.org une pétition dénonçant les exigences d’Aeroflot en matière d’âge et d’apparence physique. Une initiative soutenue par la journaliste de Rousski reporter, Marina Akhmedova, cofondatrice du projet W. « Nous n’appelons pas au boycott d’Aeroflot, ce qui reviendrait à priver de travail, précisément, les hôtesses que nous défendons. Mais nous estimons que 600 femmes désespérées parce que leur employeur leur a conseillé de perdre du poids ou d’avoir recours à la chirurgie esthétique, ce n’est pas un gage de sécurité en vol ! », s’indigne la journaliste sur sa page Facebook.

Cette mauvaise publicité n’a pas empêché la direction d’Aeroflot de maintenir la pression sur ses employés. En juillet, dans une interview accordée à Marina Akhmedova, l’hôtesse de l’air Irina Ierousalimskaïa a expliqué que sa direction lui avait interdit, le 8 mars 2017, de souhaiter aux passagères une bonne Journée de la femme. Par ailleurs, il existerait au sein du groupe des listes discriminatoires secrètes, classant les employées en catégories : « La catégorie A, ce sont les vieilles hôtesses, la B, les grosses, et la C, les moches », affirme l’employée d’Aeroflot, ajoutant que toutes les hôtesses visées ont cessé d’assurer des vols internationaux et sont moins bien payées que les autres.

La campagne des militantes de Projet W. a été soutenue et relayée par des milliers d’utilisateurs des réseaux sociaux.

Le 6 septembre, le tribunal municipal de Moscou a finalement interdit à Aeroflot de refuser d’embaucher des femmes dont le tour de taille est supérieur à 42. « Le tribunal a décrété que le critère du groupe concernant la taille des vêtements était inacceptable », s’est félicité l’avocate des deux hôtesses, Xenia Mikhaïlitchenko. « Cette victoire est notre victoire commune, la victoire de chacun d’entre vous, la victoire des 50 000 personnes qui ont signé la pétition ! C’est une grande victoire sur la voie de l’égalité et une contribution majeure à la lutte pour les droits des femmes en Russie », a déclaré Aliona Popova à l’issue du procès.

https://www.lecourrierderussie.com/economie/2017/09/body-hotesses-air-proces-aeroflot/

EVGUENI SMIRNOV, UN DANSEUR HANDICAPÉ DISCRIMINÉ

Le 4 mars 2017, le journaliste Vladimir Pozner et l’actrice Renata Litvinova, deux des membres du jury de l’émission de Pervy Kanal Minute de gloire, qui « déniche les meilleurs talents de Russie », ont dénoncé la participation d’Evgueni Smirnov, danseur professionnel ayant perdu une jambe dans un accident. Le Courrier de Russie revient sur une histoire qui a déclenché une polémique dans le pays.

Evgueni Smirnov
Evgueni Smirnov. Crédits : LCDR

Samedi 4 mars, 20h. Evgueni Smirnov et sa partenaire Aliona Chtcheneva présentent à des milliers de téléspectateurs une chorégraphie moderne sur la chanson Nous deux, de Maxim Fadeev. Lui, tout de rouge vêtu, enchaîne, sur sa seule jambe valide, portés et figures de break dance. Elle, en blanc, danse à l’unisson avec son partenaire, qui la soutient jusqu’à la fin.

À l’issue de la performance, de 2 minutes 30, le public, ému, applaudit vivement les deux danseurs. Mais c’est au jury, composé des acteurs Sergueï Svetlakov et Sergueï Iourski, du journaliste Vladimir Pozner et de l’actrice Renata Litvinova, d’évaluer la qualité du travail du jeune duo.

Si les deux premiers membres saluent inconditionnellement la prestation, Vladimir Pozner et Renata Litvinova ont des mots très durs pour le danseur, dénonçant, en pratique, la participation de personnes à mobilité réduite à de tels concours.

« Je vous admire vraiment, mais je pense qu’il y a des coups défendus, déclare ainsi Vladimir Pozner. Quand quelqu’un comme vous, unijambiste, monte sur scène, on ne peut pas lui dire non. Et je n’apprécie pas du tout l’utilisation, en art, de ce genre de procédés », conclut-il, avant de voter contre le couple.

Renata Litvinova, pour sa part, commence sur une note empathique, affirmant : « Je sais combien il est difficile, dans notre pays, d’être un amputé », et soulignant être consciente du peu de cas que la Russie fait de « ces gens-là ». Si l’actrice vote en faveur d’Evgueni, elle rejoint toutefois le point de vue de Pozner à l’issue de son intervention, en demandant au candidat s’il n’aurait pas pu mettre une prothèse pendant sa performance « pour que l’on ne voie pas autant qu’il vous manque une jambe, afin de ne pas exploiter ce thème ».

Des commentaires qui ont surpris et blessé Evgueni. « J’étais prêt à ce qu’on ne vote pas pour moi, mais c’est la première fois qu’on m’accuse de profiter de mon handicap !, a-t-il confié au Courrier de Russie. Je pensais naïvement que ces gens, ces adultes intelligents et professionnels, seraient capables de dépasser mon handicap pour juger mon travail, mon art, poursuit-il. Mais c’est comme s’ils avaient tourné le dos quand j’ai dansé et ne s’étaient retournés que pour me dire : Tu es handicapé, tu n’as pas ta place ici. »

Et le principal intéressé n’est pas le seul à s’indigner. Dès la fin de l’émission, le danseur reçoit un soutien public massif sur les réseaux sociaux. « Je ne m’attendais pas à voir arriver autant de messages, j’en ai été très touché », souligne-t-il.

En quelques jours, le scandale médiatique prend une telle ampleur que, le 11 mars, les deux jurés se sentent obligés de présenter des excuses en direct, tentant de convaincre le candidat de rester dans la compétition. Mais le jeune homme a déjà pris sa décision : « Plus personne ne pourra évaluer mes performances de manière objective », estime Evgueni.

Malgré cet abandon, le danseur se réjouit de la résonance de cette affaire : à l’en croire, le soutien massif dont il a bénéficié de la part des spectateurs et des internautes marque une évolution dans le rapport de la société russe aux personnes à mobilité réduite. « Peu à peu, les gens prennent conscience de notre existence, comprennent que nous ne sommes pas à plaindre, que nous avons des choses à montrer et à dire », insiste-t-il.

https://www.lecourrierderussie.com/societe/2017/03/evgueni-smirnov-danseur-handicape-tempete/

MATILDA

Le 26 octobre, le film Matilda, du réalisateur Alexeï Outchitel, qui raconte l’histoire d’amour entre la danseuse Mathilde Kschessinska et le futur tsar Nicolas II, sort en salles malgré la pression des extrémistes orthodoxes.

Extrait du film Matilda sortant le 26 octobre au cinéma. Crédits : Rock Films.
Extrait du film Matilda sortant le 26 octobre au cinéma. Crédits : Rock Films.

Le 24 octobre, jour de l’avant-première, la police moscovite a arrêté sept activistes orthodoxes près du cinéma Oktyabr, qui organisait la projection. Et le 26, à l’occasion de la sortie nationale, plusieurs régions du pays ont organisé des patrouilles de police à proximité des salles de cinéma. En Transbaïkalie, par exemple, où plusieurs directeurs de salle avaient reçu des lettres de menace. Cependant, la sortie de Matilda s’est passée « dans le calme » dans les cinémas de Tchita et d’autres villes de la région, a déclaré le ministre de la culture du kraï.

À Oufa, où des militants du « Mouvement de libération nationale » avaient organisé plusieurs piquets individuels de protestation contre la projection de Matilda, les cinémas ont pris des mesures de sécurité exceptionnelles, notamment contrôles des entrées et portiques détecteurs de métaux. La première s’est passée sans encombre.

Mais pourquoi ce mélodrame en costumes a-t-il à ce point déchaîné les passions ? Pour le critique Anton Doline, « consciemment ou non, Outchitel a touché à thème tabou, qui va bien au-delà du destin de l’empereur-martyr. Voilà un siècle que le cinéma russe garde le silence sur la révolution de 1917. Parce que tous sentent combien il est risqué de toucher autant aux rouges qu’aux blancs, à Lénine qu’au tsar : il y aura forcément quelqu’un pour se sentir insulté. »

https://www.lecourrierderussie.com/culture/2017/10/matilda-sortie-salles-malgre-pression/

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