Le Paris-Moscou Express fête ses dix ans

Le 12 décembre 2017, la liaison ferroviaire directe entre Moscou et Paris a fêté les dix ans de sa remise en service. Le Courrier de Russie était sur le quai, au départ du train anniversaire.

À 20h, sur le quai n°3 de la gare de Biélorussie, dans la capitale russe, le Moscou Express est prêt à partir – comme tous les mardis depuis dix ans.

La danseuse, comédienne et écrivaine franco-américaine Consuelo de Haviland, qui fait partie des grands défenseurs de la ligne, s’apprête à embarquer. Aujourd’hui représentante de la compagnie des chemins de fer russes RJD en France, elle est à l’origine de la reprise du Moscou-Paris. « Les rails existant déjà, il était indispensable d’offrir aux voyageurs une alternative à l’avion », estime Consuelo, qui fait le trajet tous les mois depuis neuf ans.

Ouverte en 1994, la liaison ferroviaire directe entre les deux capitales avait été interrompue en 2007, à cause de retards de paiement du droit de passage sur les voies européennes accumulés par la RJD. Une fois les dettes réglées et les caisses renflouées, les chemins de fer russes ont finalement relancé la ligne, le 12 décembre 2007.

Le train Moscou Express au départ de la gare Biéloroussky. Crédits : Manon Masset - LCDR
Le train Moscou Express au départ de la gare Biélorousski. Crédits : Manon Masset – LCDR

« Un hôtel sur roues »

Confortable et spacieux, le Moscou Express offre tout le nécessaire pour un voyage agréable. Les wagons-lits sont répartis en trois classes : la VIP, où les passagers disposent d’un compartiment deux lits avec salle de douche privative, la SV, comprenant une douche et une toilette communes au wagon, et une deuxième classe, sans douche. « Ce train est comme un hôtel sur roues », commente Evgueni Gougvalov, directeur des RJD à Moscou.

Un compartiment "coupé", une deuxième classe sans douche. Crédits : Manon Masset - LCDR
Un compartiment « coupé », une deuxième classe sans douche. Crédits : Manon Masset – LCDR

Le voyage dure 38 heures, et le prix du billet va de 350 à 1000 euros. Plus cher et plus long que l’avion, le trajet en train vise une clientèle qui a le temps et les moyens. « Je suis prêt à mettre le prix, commente Alexandre, 46 ans, qui a payé 550 euros son billet de deuxième classe. L’avantage du train, c’est le voyage sans stress, on peut regarder par la fenêtre, se reposer, lire… », confie-t-il.

Voyager à la russe

Sur les plus de 20 000 passagers que transporte ce train mythique chaque année, on dénombre 80% de Russes, et seulement 20% de voyageurs originaires de 45 pays différents. Un déséquilibre qui n’étonne pas Vincent Roy, représentant de la SNCF, présent à Moscou pour l’occasion.

« Pour les Russes, le trajet en train fait partie intégrante du voyage, alors qu’il ne s’agit, pour les Français, que d’un moyen de se rendre d’un point A à un point B », commente-t-il.

Des tasses de thé typiques des trains russes. Crédits : Manon Masset - LCDR
Des tasses de thé typiques des trains russes. Crédits : Manon Masset – LCDR

Avec son trajet de 3217 km, via Minsk, Varsovie, Berlin et Strasbourg, le Moscou Express est d’ailleurs la plus longue ligne ferroviaire d’Europe – après le Moscou-Nice, alias le « train des tsars ».

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