Tastin’France : des viticulteurs français à l’assaut du marché russe

Le bureau moscovite de Business France a organisé début novembre une série de dégustations de vins et spiritueux français en Russie et CEI. Baptisé Tastin’France, l’événement a démarré le 30 octobre à Almaty, au Kazakhstan, avant d’investir Moscou, puis Ekaterinbourg.

Malgré la crise, 23 sociétés françaises sont venues présenter leurs produits en Russie et au Kazakhstan. « C’est un signe de l’intérêt que portent les producteurs de vin français au marché russe », a déclaré Sylvie Bermann, ambassadeur de France en Russie, face aux participants de l’événement à Moscou, le 1er novembre.

La salle de conférence de l’hôtel moscovite Lotte Plaza est devenue, pour cette demi-journée, un lieu de rencontre entre viticulteurs français et distributeurs russes. Certains des présents ne cachaient pas leur enthousiasme, à l’image de Josiane Chassagnard, associée d’une agence d’exportation de vins et spiritueux français basée en Corrèze, qui travaille avec la Russie depuis 2006 : « J’ai beaucoup voyagé en Russie et j’y ai trouvé des importateurs partout, de Mourmansk à Sotchi : les vins de qualité sont très demandés dans les régions, a-t-elle confié au Courrier de Russie. Ce genre de dégustations est une excellente occasion, pour moi, de présenter nos nouveaux produits à nos importateurs partenaires, mais aussi d’en trouver de nouveaux. »

L'ambassadeur de France en Russie Sylvie Bermann lors de la dégustation Tastin'France le 1er novembre à Moscou. Crédits : Business France
L’ambassadeur de France en Russie Sylvie Bermann lors de la dégustation Tastin’France le 1er novembre à Moscou. Crédits : Business France

Autour des tables, on s’entretenait de prix d’achat, de cépages, de certifications, de possibilités de livraison… « Tous vos vins sont-ils bio ? », demandait ainsi à un producteur de vins de Bordeaux Eldar Pateev, responsable d’une chaîne russe de distribution de produits biologiques. Son entreprise, qui distribue déjà des vins espagnols, cherche à promouvoir de nouveaux goûts. « J’ai trouvé aujourd’hui deux partenaires français, s’est-il félicité à l’issue de la dégustation. Vous pourrez très bientôt nous acheter du Châteauneuf-du-pape ! »

Beaucoup des viticulteurs français participants venaient en Russie pour la première fois. Parmi eux, Pierre Favarel, du Domaine de l’île Margaux : « Nous n’avons jamais vendu nos vins en Russie, a-t-il avoué. Mais aujourd’hui, j’ai pu rencontrer des distributeurs et des importateurs, faire connaître notre travail. Et j’espère bien nouer ici des relations commerciales de long terme ! ». « Ce salon est une porte d’entrée sur le marché russe », a confirmé Laurence Dalverny, productrice de vins d’Alsace. Il y a quelques années, sa première expérience d’export en Russie a échoué, probablement parce que le distributeur avait été mal choisi, suppose-t-elle. Mais Mme Dalverny, refusant de renoncer, s’est inscrite à l’événement organisé par Business France. « J’ai entendu dire que les vins blancs ont de plus en plus de succès en Russie. D’ailleurs, j’ai été agréablement surprise de rencontrer à Moscou un public d’authentiques connaisseurs », a-t-elle souligné.

Novices ou expérimentés, tous les participants ont visiblement pu profiter de rencontres utiles. « Il y a en Russie des consommateurs de toutes les catégories, expliquait ainsi Kristof Rumebe, qui distribue la marque Lucien-Lurton en Russie. Y compris des grands restaurateurs, qui commencent à atteindre des tailles significatives. La Russie est un marché important pour nous stratégiquement, et des événements comme celui-ci nous permettent d’élargir chaque année notre réseau de vente », a-t-il conclu.

L’embargo russe sur une série de produits américains et européens ne concerne pas les vins et spiritueux.
La France est le deuxième fournisseur de vins et spiritueux en Russie après l’Italie en volume, et précède l’Espagne en valeur. En 2014, la Russie a été la 23e destination des exportations de vins français, avec 8,37 millions de bouteilles et 55,23 millions d’euros en valeur.Le Kazakhstan connaît la plus forte croissance économique de la région CEI et représente 75% du PIB de l’Asie centrale. 11,5% des vins que le pays importe proviennent de France.

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