Ingérence russe en Catalogne : Madrid persiste et signe

La ministre espagnole de la défense, Maria Dolores de Cospedal, présente le 13 novembre à Bruxelles, a affirmé que de fausses informations à propos du référendum en Catalogne avaient été répandues sur les réseaux sociaux depuis la Russie, rapporte l’agence Reuters.

Maria Dolores de Cospedal, ministre espagnole de la défense, a affirmé que de fausses informations à propos du référendum en Catalogne avaient été répandues depuis la Russie. Crédits : Wikimedia
Maria Dolores de Cospedal, ministre espagnole de la défense, a affirmé que de fausses informations à propos du référendum en Catalogne avaient été répandues depuis la Russie. Crédits : Wikimedia

La Russie aurait diffusé sur Twitter, Facebook et d’autres réseaux sociaux et sites internet diverses informations sur l’indépendantisme catalan afin d’influer sur l’opinion publique à la veille du référendum du 1er octobre dernier. « Nous savons qu’une part considérable [de cette activité] provenait du territoire russe », a déclaré la ministre, ajoutant que des « groupes, publics et privés », hébergés en Russie, « tent[aient] d’influer sur la situation et s’effor[çaient] de créer de l’instabilité en Europe ».

Le ministre espagnol des affaires étrangères, Alfonso Dastis, a confirmé que Madrid était convaincue de l’origine russe de ce contenu. « Oui, nous avons des preuves. », a-t-il affirmé à la presse.

À l’en croire, « les pistes de la moitié des faux comptes » ayant tenté de déstabiliser la situation en Catalogne « conduisent en Russie ».

Les responsables indépendantistes catalans, de leur côté, y compris l’ex-président de la Généralité de Catalogne Carles Puigdemont, nient toute ingérence de la Russie dans les événements de la région.

Madrid avait accusé les hackers russes d’ingérence dans le référendum catalan, notamment par la voix du porte-parole du gouvernement espagnol Inigo Mendez de Vigo, dès samedi dernier, 11 novembre. Moscou avait immédiatement démenti ces accusations, le vice-Premier ministre Dmitri Rogozine ironisant même, sur son compte Twitter : « Les hackers russes, dopés au meldonium, ont traversé l’Atlantique à la nage. L’Espagne a été la première de leurs victimes européennes. »

Inigo Mendez de Vigo, porte-parole du gouvernement espagnol. Crédits : La Moncloa
Inigo Mendez de Vigo, porte-parole du gouvernement espagnol. Crédits : La Moncloa

Rappelons que le parlement catalan a déclaré l’indépendance de la région le 27 octobre, à l’issue d’un référendum lors duquel les participants (43% environ des habitants) ont voté à 90 % pour la séparation d’avec l’Espagne. Madrid a immédiatement qualifié tout le processus d’illégal, dispersé le parlement catalan et renvoyé les responsables régionaux. Selon l’article 155 de la Constitution espagnole, la Catalogne est aujourd’hui passée en gestion directe de Madrid et l’autonomie a été abolie de facto. Une partie des parlementaires et des membres du gouvernement régional ont été arrêtés. Puidgemont, avec certains de ses partisans, a quitté l’Espagne et se trouve aujourd’hui à Bruxelles. L’État espagnol exige qu’il y soit arrêté.

 

Le jour du référendum en Catalogne, le 1er octobre. Sur les affiches : "Votons pour être libres". Crédits : Wikimedia
Le jour du référendum en Catalogne, le 1er octobre. Sur les affiches : « Votons pour être libres ». Crédits : Wikimedia