L’OTAN se mobilise pour contrer une éventuelle « menace russe »

L’OTAN continue de se préparer à une guerre éventuelle contre la Russie. Mercredi 8 novembre, les ministres de la défense des pays membres de l’Alliance ont pris la décision d’augmenter la mobilité de ses troupes et de faire en sorte que les soldats américains puissent débarquer et se déplacer sur le continent européen le plus rapidement possible.

Des soldats américains, britanniques et roumains lors des exercices militaires Bull Run II en Pologne, le 6 septembre dernier. Crédits : ministère de la défense américain
Des soldats américains, britanniques et roumains lors des exercices militaires Bull Run II en Pologne, le 6 septembre dernier. Crédits : ministère de la défense américain

« L’Alliance doit se déplacer plus rapidement que les soldats russes pour que nos capacités de dissuasion soient plus efficaces, a déclaré Ben Hodges, lieutenant général de l’armée américaine. La rapidité est précisément ce qui permettra à nos états-majors civils, le cas échéant, de mener une guerre défensive, et non de libération nationale. »
Actuellement, près de 62 000 soldats américains sont déployés sur le territoire de l’UE, mais de nombreux renforts seront nécessaires en cas de conflit avec la Russie, estime l’Alliance. De 1952 et 2003, un commandement distinct était chargé des questions logistiques liées à leur traversée de l’océan Atlantique par bateau. Lors de leur dernière rencontre, les ministres de la défense ont décidé de faire renaître cette structure dans la mesure où, selon un rapport de l’OTAN, « un grand nombre de sous-marins russes sont présents [dans l’océan Atlantique], dont la majorité passent inaperçus ». Par ailleurs, le commandement atlantique se chargera également de la logistique de l’OTAN dans les mers septentrionales et proches de l’Arctique, « qui sont de plus en plus militarisées par la Russie », a confié à Kommersant un représentant de l’OTAN.

Exercices militaires Aurora 17 de l'OTAN en Suède, peu avant les exercices russes Zapad 2017. Crédits : Wikimedia
Exercices militaires Aurora 17 de l’OTAN en Suède, peu avant les exercices russes Zapad 2017. Crédits : Wikimedia

Les ministres de la défense des pays membres de l’OTAN vont également créer un nouveau commandement logistique, qui devra assurer le mouvement rapide des troupes dans le théâtre militaire européen. Selon un rapport de l’OTAN publié fin décembre par la revue Der Spiegel, depuis 1991, l’infrastructure permettant le déplacement rapide des soldats en Europe a été presque entièrement démantelée. Actuellement, les camions et les wagons spéciaux pour le transport des chars sont en nombre insuffisant, la majorité des ponts ne peuvent pas supporter le poids de véhicules de 64 tonnes, et aucune coordination n’est assurée entre les autorités civiles et militaires des États membres.

Ainsi, en 2017, un régiment ayant fait le trajet Allemagne-Bulgarie (pour ensuite participer à des exercices militaires en Géorgie) a perdu jusqu’à une heure et demie pour traverser chacune des frontières des pays membres de l’OTAN, malgré les accords préalablement conclus entre les ministères de la défense, explique le colonel américain Patrick Ellis dans une interview pour le portail Defense One.

L’emplacement concret des nouveaux postes de commandement sera déterminé en 2018, a précisé Jens Stoltenberg, directeur général de l’OTAN. « Une des principales raisons pour lesquelles l’OTAN déploie ses forces sur le flanc oriental de l’Alliance et modifie sa structure de commandement réside dans l’annexion de la Crimée et les opérations continues de déstabilisation dans l’Est ukrainien », a-t-il affirmé.

Le secrétaire d'État américain à la défense Jim Mattis et le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg lors de la rencontre des ministres de la défense des pays membres de l'Alliance, mercredi 8 novembre. Crédits : ministère de la défense américain
Le secrétaire d’État américain à la défense Jim Mattis et le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg lors de la rencontre des ministres de la défense des pays membres de l’Alliance, mercredi 8 novembre à Bruxelles. Crédits : ministère de la défense américain

Les ministres de la défense ont également discuté de la réalisation du programme visant à augmenter la protection des Alliés contre les cyberattaques, dont, en premier lieu, l’hypothétique attaque de la Russie contre les infrastructures (centrales nucléaires, systèmes de gestion du transport, etc.). Ce programme avait été adopté lors du sommet de l’OTAN à Varsovie en 2016.

L’Alliance a reconnu le cyberespace en tant que domaine d’opérations dans lequel elle doit se défendre aussi efficacement qu’elle le fait dans les airs, sur terre et en mer. Autrement dit, une cyberattaque contre n’importe quel Allié peut maintenant entraîner l’activation de l’article 5 du traité de Washington sur la défense collective, qui stipule qu’une attaque contre un membre de l’Alliance est considérée comme une attaque dirigée contre tous les Alliés.

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