Pourquoi Alexandre Loukachenko snobe-t-il le sommet du Partenariat oriental ?

Bruxelles accueille vendredi 24 novembre le 5e sommet du Partenariat oriental. Organisé par l’Union européenne dans le but de renforcer ses liens avec six pays post-soviétiques (Azerbaïdjan, Arménie, Biélorussie, Géorgie, Moldavie et Ukraine), l’événement est marqué cette année par l’absence du président biélorusse Alexandre Loukachenko, pourtant invité pour la première fois à y participer.

Les drapeaux de l'Union européenne et des pays du Partenariat oriental. Crédits : Eastern Partnership Youth Forum 2017
Les drapeaux de l’Union européenne et des pays du Partenariat oriental. Crédits : Eastern Partnership Youth Forum 2017

Pour la première fois depuis la levée des sanctions à son encontre en février 2016, le président Loukachenko a reçu une invitation personnelle à se rendre à Bruxelles à la tête de la délégation biélorusse, à l’occasion du sommet du Partenariat oriental. Une invitation qu’il a déclinée à la dernière minute, choisissant de se faire représenter par son ministre des Affaires étrangères, Vladimir Makei.

Ce nouveau pas de l’UE vers Minsk s’inscrit dans une logique de levée des sanctions contre la Biélorussie et son ouverture progressive à l’Europe. Des responsables politiques de pays voisins de la Biélorussie n’ont pas tardé à réagir à la fin de non-recevoir adressé par Mr. Lukachenko à Bruxelles. Ils considèrent son refus de participer au sommet comme un affront. Petras Auštrevičius, député lituanien au Parlement européen, opposé dès le départ à cette invitation, le qualifie de: « petite catastrophe dans les relations entre l’UE et la Biélorussie»; allant même jusqu’à parler d’« insulte ». Du côté de l’UE, on ne veut pas commenter: «Je ne vois pas pourquoi nous devrions commenter la décision de certains partenaires orientaux de se faire représenter lors du sommet», déclare ainsi un député européen.

Si l’on ne peut exclure qu’Alexandre Loukachenko ait décliné l’invitation de Bruxelles pour éviter de mécontenter Moscou, la portée politique de sa décision doit être toutefois relativisée. Les relations formelles entre la Biélorussie et l’UE étant actuellement presque inexistantes, aucun sujet de discussion sérieux n’est inscrit à leur agenda commun.

En outre, aucune décision majeure concernant la Biélorussie – du type accord de partenariat et de coopération ou assouplissement du régime de visa – n’est prévue au programme du sommet.

Ce nouveau sommet du Partenariat oriental (il se tient tous les deux ans) devrait uniquement aboutir sur la signature d’accords précédemment conclus, dont, parmi les plus importants, celui sur un partenariat complet et renforcé de l’UE avec l’Arménie. L’Ukraine, dont la délégation est dirigée par le président Porochenko, pourrait quant à elle demander à ce que la déclaration du sommet contienne une clause sur les perspectives d’adhésion des pays qui, comme elle, ont signé un accord d’association avec Bruxelles.

Les pays du Partenariat oriental de l'Union européenne. Crédits : DR
Les pays du Partenariat oriental de l’Union européenne. Crédits : DR

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