La Russie va réduire sa présence militaire en Syrie

La Russie s’apprête à rapatrier de Syrie une partie de ses hommes et de son équipement militaire, indiquent les sources diplomatiques et militaires de Kommersant. Il s’agit notamment de réduire le groupe aérien ainsi que celui des ingénieurs et des techniciens. Resteront sur place le contingent nécessaire à la protection des bases de Hmeimim et de Tartous ainsi qu’une division de police militaire et des conseillers militaires, précise le quotidien. Côté matériel, Moscou laissera en Syrie les systèmes de défense antiaérienne assurant la protection de ses sites sur place.

Selon le ministère russe de la défense, l’armée gouvernementale de Bachar el Assad contrôlant environ 95% du territoire syrien, l’attaque finale sur les positions des islamistes ne nécessite plus un soutien extérieur d’une telle ampleur.

Une opération qui touche à sa fin

Dès le 16 octobre, alors qu’il rencontrait son homologue israélien Avigdor Liberman, le ministre russe de la défense Sergueï Choïgou a annoncé que l’opération russe en Syrie « touch[ait] à sa fin ». Le ministre a précisé qu’au cours de ces deux ans de campagne, l’aviation russe avait anéanti 948 camps d’entraînement, 666 usines et ateliers de fabrication de munitions, ainsi que 1 500 pièces d’équipement militaire des combattants rebelles. « Le processus de rétablissement de la paix a commencé [en Syrie] : 1,12 million de personnes sont revenues dans leurs maisons, dont 660 000 seulement en 2017 », a affirmé M. Choïgou.

Sergueï Choïgou lors d'une réunion du ministère de la défense, le 27 octobre. Crédits : ministère de la défense
Sergueï Choïgou lors d’une réunion du ministère de la défense, le 27 octobre. Crédits : ministère de la défense

Les plusieurs dizaines d’avions et hélicoptères russes actuellement présents en Syrie ont presque tous été utilisés dans le cadre de l’opération Vozmezdie (« Châtiment ») : les Su-34 et Su-35S ont pris part à la reprise de la ville de Deir-ez-Zor en septembre et régulièrement anéanti des combattants à Idleb, tandis que les Su-25SM et Mi-35 ont été utilisés dans les combats à Hama et Homs. Le plus gros problème auquel ont dû faire face les troupes gouvernementales syriennes et l’aviation russe dans certaines zones, précise une source de Kommersant, est que la majorité des habitants avaient « adopté l’idéologie des combattants rebelles » – c’est notamment ce qui a rendu assez difficile la reprise de Deir-ez-Zor.

Des hélicoptères d'aide humanitaire lors des exercices Indra 2017 qui viennent de s'achever en Russie. Crédits : ministère de la défense
Des hélicoptères d’aide humanitaire lors des exercices Indra 2017 qui viennent de s’achever en Russie. Crédits : ministère de la défense

Les seules zones importantes toujours sous contrôle des islamistes sont la vallée de l’Euphrate et le territoire attenant à la frontière irakienne, partagé entre l’aviation russe et les forces de la coalition dirigée par les États-Unis. Restent également problématiques un territoire à proximité de la ville d’Akerbat, ainsi que plusieurs petits rassemblements de terroristes isolés, notamment près d’Idleb et dans une série d’autres provinces.

Déminage et échange des prisonniers

Lundi 30 octobre, le Kazakhstan accueille le septième round des négociations d’Astana, lors desquelles les parties du conflit syrien devront débattre principalement du déminage du territoire et des échanges de prisonniers. La délégation russe y est dirigée par le représentant spécial du président Poutine pour la Syrie, Alexandr Lavrentiev, celle de Turquie, par le vice-ministre turc des affaires étrangères Sedat Onal, et la représentation iranienne, par le vice-ministre iranien des affaires étrangères, Hussein Jaber Ansari. La rencontre réunira également des délégations du gouvernement syrien et de l’opposition syrienne, ainsi, en qualité d’observateurs, que des représentants de l’ONU, des États-Unis et de Jordanie.

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