La Russie bat le record de récolte céréalière de l’URSS

130 millions de tonnes de céréales : c’est ce que la Russie a récolté sur ses champs cette année, dépassant ainsi le record établi par l’Union soviétique en 1978, de 127 millions de tonnes.

Le chiffre a été annoncé par le président Vladimir Poutine le 13 octobre dernier. « Cette année, nous allons battre un record historique », s’est-il félicité, rappelant que l’agriculture est devenue un des moteurs du développement de l’économie russe, alors qu’il s’entendait constamment répéter, au début des années 2000, que le secteur était « un trou noir qui ne fera[it] qu’engloutir tous les investissements ». « Aujourd’hui, la situation a changé », a martelé le président. En effet, la branche agraire se porte bien et devrait croître de 2,5-3% d’ici la fin 2017, selon le ministère de l’agriculture.

Cette remontée en flèche est avant tout due à la modernisation des technologies agricoles, explique Arkadi Zlotchevski, président de l’Union russe du blé, interrogé par Le Courrier de Russie, qui rappelle que l’URSS avait récolté ses 127 millions de tonnes de céréales sur 78 millions d’hectares, alors que la récente récolte record ne provient que de 47 millions d’hectares. « Dans dix ou vingt ans, nous devrions récolter entre 150 et 170 millions de tonnes », a d’ailleurs prédit récemment le ministre russe de l’agriculture, Alexandre Tkatchev. Un pronostic qui place la Russie face au défi de trouver davantage d’acheteurs dans le monde pour ses céréales, elle-même n’en consommant, en propre, que 70 millions de tonnes.

Le processus est déjà enclenché : alors que la Russie n’exportait ses produits agricoles que dans un peu moins de 40 pays il y a dix ans, elle les vend aujourd’hui à 140 pays partenaires, selon le ministère de l’agriculture.

Depuis juillet 2017, le pays a exporté 10 millions de tonnes de céréales, dont 8 millions de blé, soit plus d’un tiers de plus que l’année précédente, a précisé Alexandre Tkatchev. Et d’ici juin 2018, la Russie espère exporter 45 millions de tonnes au total, dont 30 de blé – soit 20 % de plus que l’an dernier. En fait, la Russie espère regagner ainsi sa position de premier exportateur mondial de blé, qu’elle a dû céder l’année dernière aux États-Unis, qui avaient exporté 28,1 millions de tonnes de blé, contre 27,1 millions pour la Russie. (L’année agraire débute en juillet et s’achève au mois de juin suivant, ndlr).

Les plus gros importateurs de céréales russes sont l’Égypte, la Turquie, le Bangladesh et l’Arabie saoudite, selon le président de l’Union du blé russe, qui précise que la Russie a déjà commencé d’en livrer également au Maroc, à la Tunisie, à l’Algérie et à Cuba – des pays qui achetaient traditionnellement du blé français. « Nous améliorons notre politique d’exportation afin de proposer des délais de paiement plus longs et de gagner de nouvelles parts de marché », commente Arkadi Zlotchevski.

Mais cette belle récolte, paradoxalement, constitue aussi un problème pour les producteurs : l’offre de céréales trop abondante tire les prix vers le bas, rendant le travail peu rentable. Afin de soutenir ses agriculteurs, le gouvernement russe a donc décidé de subventionner le transport des céréales depuis les régions de l’Oural et de la Sibérie vers les ports de la mer Noire. C’est l’État qui se chargera de régler la totalité de la facture – d’un montant de 3 milliards de roubles – directement à la société des Chemins de fer. « Ainsi, les régions n’ayant jamais exporté leurs céréales à l’étranger pourront enfin le faire », a souligné Alexandre Tkatchev.

Plus généralement, la Russie prévoit de maintenir son soutien au secteur agraire. Aux 242 milliards de roubles alloués par l’État aux agriculteurs en 2017 viendront s’ajouter 20 milliards supplémentaires en 2018, et la même somme les deux années suivantes, a promis Vladimir Poutine. « Des ressources qui nous permettront de réaliser beaucoup de belles choses sur tout le territoire de notre pays », s’est réjoui Alexandre Tkatchev.

3 commentaires

  1. Bravo aux Russes et à Vladimir Poutine au niveau international car les sanctions ont été transformées en avantages pour les Russes !!!!!

  2. Les dindons de la farce sont les agriculteurs de l’UE!!!!
    Au lieu d’avoir un client qui vous achète vos produits, vous vous retrouvez avec un monstre de concurrent.
    Je félicite le peuple Russe ainsi que son président.
    Le dirigeants de l’UE sont responsable de meurtre de masse d’emplois agricoles!!!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *