Les Russes espèrent la participation de Total dans leur nouveau projet d’exploitation gazière

« Total a de belles perspectives de développement dans l’Arctique », a déclaré Dmitri Artioukhov, gouverneur adjoint de la région de Yamal, où le groupe français achève en ce moment la construction d’un site de production de gaz naturel liquéfié.

La centrale GNL de Yamal LNG dont la construction s'achève avec la participation de Total, dans la région de Yamalie. Crédits : Novatek
La centrale GNL de Yamal LNG dont la construction s’achève avec la participation de Total, dans la région de Yamalie. Crédits : Novatek

« Nous sommes très reconnaissants à Total pour sa contribution à l’économie de notre région, a souligné le gouverneur adjoint, interrogé lors d’une conférence de presse à Moscou, mercredi 13 septembre. Total nous apporte ses technologies, ses compétences et son expérience. »

Dmitri Artioukhov a précisé que les autorités de la région de Yamal comptaient sur la participation active du groupe français aux ambitieux projets qu’elles ont l’intention de développer. « Nous envisageons de passer prochainement de l’extraction des hydrocarbures à leur transformation très poussée, et Total aura un large champ d’action pour appliquer ses compétences », a expliqué l’adjoint du gouverneur.

Pour Dmitri Artioukhov, la coopération de la région de Yamal avec Total est une preuve que « le bon sens finit toujours par l’emporter sur les considérations politiques ». Il a ajouté être « heureux » que le groupe français reste en Russie « malgré tous les aléas ». « Total a compris le Nord russe », a-t-il conclu.
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Yamal LNG, « un projet rentable »

Total construit depuis 2013 une immense usine de liquéfaction de gaz naturel dans le port de Sabetta, dans la région de Yamal, en Arctique russe. Dans ce projet, baptisé Yamal LNG, Total est actionnaire à 20 % aux côtés du groupe russe Novatek (50,1%), des Chinois CNPC (20 %) et du fonds Silk Road (9,9 %). En tout, 27 milliards de dollars y ont déjà été investis.

Selon Patrick Pouyanné, PDG de Total, l’usine permettra « un retour sur investissements au bout de 30 ans ». Dans un entretien accordé en juillet 2017 au quotidien russe Vedomosti, M. Pouyanné a assuré que Yamal LNG était « un projet rentable ». « Il a été conçu en comptant sur des contrats de longue durée avec la Chine, qui sont aujourd’hui signés », a-t-il précisé.

À propos des sanctions occidentales qui frappent la Russie depuis 2014, M. Pouyanné a qualifié ce régime de « situation malsaine », se prononçant pour sa levée. Selon le gouverneur adjoint de la région de Yamal, toutefois, les sanctions n’ont pas freiné le développement local. « La preuve, le site de Yamal LNG sera mis en exploitation dans les délais prévus », a-t-il précisé, ajoutant que les Russes possédaient tout l’équipement nécessaire pour extraire du gaz et du pétrole. « Ce qui nous manque, à l’heure actuelle, c’est un équipement spécifique pour l’extraction des hydrocarbures sur le plateau maritime, a-t-il concédé, précisant que la Russie travaillait à sa conception. « Un jour, nous serons reconnaissants pour toutes ces années où nous avons été privés des technologies occidentales, a-t-il ajouté. Ces privations nous permettent d’élaborer nos propres moyens de production. »

La région de Yamal est particulièrement riche en hydrocarbures : la Russie y extrait 85 % de son gaz naturel et 14 % de son pétrole. Le gouverneur adjoint de la région estime d’ailleurs que Yamal « apporte un rouble sur dix à la trésorerie de l’État ». En 2016, la région a versé, au total, plus de 650 milliards de roubles aux caisses publiques.

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