Après treize ans de pause, les vols reprennent entre la Russie et l’Irak

Après treize ans d’arrêt, les vols entre la Russie et l’Irak ont repris, dimanche 17 septembre. Le premier avion au départ de Bagdad a atterri à l’aéroport de Vnoukovo, à Moscou, avec, à son bord, une délégation de personnalités officielles, dont le ministre irakien des transports. L’événement annonce-t-il le début d’une vague de tourisme russe en Irak ? Le quotidien Kommersant s’interroge.

Le zoo de Bagdad, en Irak, très apprécié par les touristes. Crédits : Flickr
Le zoo de Bagdad, en Irak, est très apprécié par les touristes. Crédits : Flickr

Il y a treize ans, la Russie stoppait ses vols pour l’Irak en raison de problèmes de sécurité. À l’heure de la reprise des communications aériennes, ceux-ci n’ont pas disparu.

« C’est le principal problème, explique le journaliste Ilya Varlamov, spécialiste de la région, à Kommersant. En Irak, comme dans d’autres pays connaissant une situation similaire, les choses changent littéralement tout le temps – chaque jour, chaque heure. Il faut toujours prendre des guides locaux. Quand je me déplaçais là-bas en voiture, il m’est arrivé que les gens qui m’accompagnent me conseillent de me baisser et de rester caché ainsi pendant 10 km. Car dans certains villages, le seul fait d’être un Blanc dans une voiture peut vous valoir une embuscade… »

Pourtant, à côté de la situation géopolitique pour le moins compliquée, l’Irak possède de nombreux atouts pouvant attirer les touristes russes, précise le rédacteur en chef de Tourizm.ru, Alexeï Perskov, contacté par Kommersant.

« L’Irak pourrait bien constituer une nouvelle destination en vogue : ce territoire situé entre le Tigre et l’Euphrate a une histoire ancienne, dont il a conservé de nombreux monuments. Mais il ne faut pas se leurrer : aujourd’hui, même en devenant une destination touristique, l’Irak peut attirer quelques centaines de voyageurs par an, au mieux, quelques milliers, mais pas plus », estime ce dernier.

Ruines de Babylone, Bagdad, porte d’Ishtar… : autant de noms qui stimulent, en effet, l’imaginaire du voyageur curieux. Conscientes de ce potentiel, les autorités irakiennes ont récemment mis les bouchées doubles pour attirer les touristes, en ouvrant notamment un musée à Bassorah, en lieu et place de l’ancien palais de Saddam Hussein.

Néanmoins, pour les touristes russes, le voyage risque d’être encore long. L’Union russe de l’industrie et du voyage a précisé à Kommersant que les agences russes de voyage ne proposaient pas, actuellement, d’offres directes pour l’Irak. Pour s’y rendre, les touristes doivent faire une demande spéciale auprès des opérateurs afin d’obtenir des billets. Une fois sur place, enfin, il leur est fortement conseillé de faire appel à des services de gardes du corps privés.

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