Trois ans de colonie pour l’administrateur d’un groupe de la mort sur Vkontakte

Mardi 18 juillet, un tribunal municipal de la ville de Tobolsk a condamné à trois ans et quatre mois de colonie pénitentiaire à « régime allégé » Filip Boudeïkine, 22 ans, administrateur de groupes sur le réseau social russe Vkontakte, pour « incitation au suicide ».

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Filip Boudeïkine, alias Filip Lis, 22 ans, lors de son arrestation en novembre 2016. Crédits : MVD/FSB

« Au cour du procès, il a été prouvé que le jeune homme était responsable d’avoir incité des jeunes adolescentes à penser au suicide », a déclaré le juge, rapporte le journal local 72.ru.

Selon l’accusation, Filip Boudeïkine, alias Filip Lis sur la Toile, a encouragé à se suicider deux jeunes femmes de 16 et 17 ans, originaires respectivement  d’Astrakhan et du village de Priirtychski, dans la région de Tobolsk.

La première affaire remonte au 2 mars 2016. Les enquêteurs de la région d’Astrakhan avaient alors ouvert une enquête contre Filip Boudeïkine pour avoir « promotion du suicide » dans un groupe secret sur Vkontakte. Le jeune homme était également accusé d’avoir poussé une « adolescente âgée de 16 ans » à mettre fin à ses jours. Cette dernière a été sauvée grâce à l’intervention du FSB.

La seconde affaire accuse Filip Boudeïkine d’avoir obligé, en ligne, une « jeune habitante de 17 ans de la région de Tobolsk » à se suicider pour avoir refusé de maltraiter des animaux. L’adolescente a finalement téléphoné à sa mère et n’est pas passée à l’acte.

Filip Boudeïkine a plaidé coupable dans les deux affaires. Le jeune homme, originaire de la région de Moscou, a été arrêté en novembre 2016. Les enquêteurs le soupçonnaient alors d’administrer des groupes sur Vkontakte, où il faisait la promotion du suicide parmi les adolescents à travers, notamment, de jeux.

Rappelons que le phénomène des « groupes de la mort », comme ils ont été surnommés dans la presse russe, a été dévoilé par le journal russe Novaïa Gazeta en mai 2016. La journaliste, Galina Mursalieva, y faisait état de 130 victimes dans tout le pays entre novembre 2015 et avril 2016.

Le 7 juin 2017, Vladimir Poutine a ratifié une loi prévoyant des poursuites pénales pour les créateurs de ces « groupes de la mort » et la « provocation au suicide » auprès des enfants, allant de trois à six ans de prison.

En France, le fait de provoquer au suicide d’autrui est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende lorsque la provocation a été suivie du suicide ou d’une tentative de suicide. Les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et à 75 000 euros d’amende lorsque la victime de l’infraction est un mineur de quinze ans.