En Syrie, Emmanuel Macron parle d’avancées dans la collaboration avec la Russie

Dans un entretien au Journal du Dimanche, le 16 juillet, le président français Emmanuel Macron s’est félicité des avancées observées dans les relations franco-russes en Syrie depuis sa première rencontre avec Vladimir Poutine.

« Je constate depuis la rencontre de Versailles que nous avançons sur ces deux sujets [l’interdiction d’utiliser des armes chimiques et la création d’accès humanitaires pour les civils]. Sur le terrain, la collaboration entre nos services sur ces sujets est totalement transformée », a expliqué le président français.

Concernant le dossier syrien, Emmanuel Macron a également adopté une attitude plus ouverte au scénario russe en ce qui concerne le futur du président Assad. « Poutine est l’allié de Bachar el-Assad. Moi, je suis sur une position qui consiste à dire que je ne fais pas de la destitution de Bachar un préalable à tout, mais à chercher comment on peut reconstruire cette région en éradiquant le terrorisme. C’est une inflexion par rapport à mon prédécesseur », assure-t-il.

L’ingérence russe

Le chef d’Etat français a enfin expliqué avoir longuement discuté de la présumée ingérence russe dans les processus électoraux. « Avec Vladimir Poutine, l’ingérence russe dans la campagne française a été le sujet quasi exclusif de notre premier entretien téléphonique. Je lui ai dit quels étaient les éléments factuels en ma possession sur le piratage informatique et le comportement de certains médias », a-t-il souligné, avant de tempérer : « Ces sujets de susceptibilité ne doivent pas perturber notre relation bilatérale. Ce qui est important, c’est de bâtir un protocole pour éviter que les piratages informatiques ne se reproduisent. Nous y travaillons. L’argument utilisé [par les Russes] consiste à dire que ce ne sont pas des acteurs officiels qui agissent. Pour s’en assurer, il est important que nos services officiels puissent s’échanger leurs informations… », a-t-il ajouté.

Vladimir Poutine et Emmanuel Macron se sont rencontrés pour la première fois le 29 mai, à Versailles, à l’occasion de l’inauguration d’une exposition consacrée au tricentenaire de la visite de Pierre le Grand en France. Les deux hommes avaient alors annoncé la mise en place prochaine d’un forum franco-russe, sur le modèle du Dialogue de Saint-Pétersbourg, entre la Russie et l’Allemagne, afin de permettre de rapprocher les deux pays, qui pourrait porter le nom de « dialogue du Trianon ».