La Russie punit désormais les parents laissant leurs enfants sans surveillance dans les voitures

Depuis le 12 juillet 2017, en Russie, le Code de la route interdit de laisser un enfant de moins de sept ans sans surveillance dans une voiture et punit les contrevenants d’une amende. La loi sur les sièges automobiles pour enfants, elle, s’assouplit. Kommersant fait le point.

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Selon un sondage mené par la radio Kommersant FM sur les réseaux sociaux, une écrasante majorité de Russes approuvent le fait de condamner les parents qui laissent des enfants dans une voiture sans surveillance. Crédits : RichardBH/Flickr

Laisser son enfant dans la voiture le temps d’une course rapide ? En Russie, c’est fini. Du moins, cela vous coûtera désormais 2 500 roubles d’amende (36 euros) à Moscou et Saint-Pétersbourg, et 500 roubles (7 euros) dans les régions.

Les experts qualifient de « longtemps attendue » l’introduction d’une telle condamnation. L’avocat Pavel Astakhov, ex-délégué pour les droits de l’enfant en Russie, était notamment un ardent partisan du durcissement de la loi en la matière, évoquant de nombreux cas d’enfants, laissés dans des voitures fermées, ayant « souffert de la chaleur, du froid ou du manque d’air ». Certains estiment d’ailleurs la mesure « insuffisante », à l’image de Viatcheslav Lyssakov, député conservateur à la Douma d’État, chambre basse du parlement russe, qui appelle à « doubler » le montant de l’amende, jusqu’à 5 000 roubles.

D’autres, à l’inverse, estiment que les législateurs sont allés « trop loin ». Olga Letkova, présidente de l’association russe des comités de parents et directrice du groupe de travail sur la défense des valeurs familiales auprès du Conseil présidentiel pour les droits de l’enfant, a notamment réagi ainsi : « Les parents peuvent aussi laisser leur enfant dans la voiture en toute sécurité, par exemple sous la surveillance d’un frère ou d’une sœur plus âgés. On n’est pas toujours obligé d’emmener tous ses enfants avec soi au magasin, par exemple. Si un enfant de 14 ou 16 ans est parfaitement capable de surveiller un plus jeune, pourquoi interdire aux parents de le laisser faire ? Il faut faire confiance aux parents – ils ne sont pas les ennemis de leurs enfants. Dans l’écrasante majorité des cas, ils savent quand leur enfant est exposé à telle ou telle menace, et d’eux-mêmes, ils ne le laissent pas dans cette situation. »

Selon un sondage mené par la radio Kommersant FM sur les réseaux sociaux, une écrasante majorité de Russes approuvent le fait de condamner les parents qui laissent des enfants dans une voiture sans surveillance. Sur les 20 000 utilisateurs ayant participé au vote organisé sur le réseau russe Odnoklasskniki, par exemple, 90 % estiment qu’une amende de 500 roubles, dans les régions, est une peine insuffisante.

Utilisation des sièges automobiles

Le Code de la route évolue également sur le thème des sièges automobiles : vers plus de liberté de choix pour les parents. Ainsi, à l’arrière, pour les enfants de plus de sept ans, le siège auto n’est plus obligatoire : la ceinture de sécurité classique est suffisante. En revanche, pour un enfant de moins de 12 ans assis à l’avant, côté passager, la loi exige toujours l’installation d’un siège automobile, punissant les contrevenants d’une amende de 3 000 roubles (44 euros). La police de la route précise toutefois que la façon de transporter les enfants en voiture dépend moins de l’âge de ces derniers que de leur taille. Ainsi, les autorités recommandent l’utilisation du siège auto pour un enfant de moins d’1m50, quel que soit son âge.

Le cas des motos

Concernant le transport à moto, la loi reste inchangée – il est interdit de faire monter, même sur une moto possédant un siège arrière, un enfant de moins de 12 ans, au risque de devoir s’acquitter d’une amende de 3 000 roubles. Plusieurs représentants de la société civile exigeaient pourtant un durcissement des textes, à l’image de Konstantin Krokhmal, directeur de l’Union civile pour la sécurité routière et membre du Conseil civil auprès du département moscovite du ministère de l’intérieur.

« Personnellement, j’interdirais totalement aux jeunes d’utiliser des motos, vu l’énorme quantité d’accidents de la route, notamment mortels, dus à ce moyen de transport et à des cas parfaitement idiots, notamment dans les régions, les villages. Les jeunes hommes et femmes se retrouvent infirmes littéralement du jour au lendemain. Rendez-vous compte du poids d’une moto et de celui d’un enfant. Un adulte est capable de conduire une moto et de la soulever si besoin. Mais si un enfant en est incapable, il n’a rien à faire sur un engin pareil, même sur le siège arrière », a déclaré l’activiste civil dans une interview à l’agence TASS.

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