Le régiment immortel rassemble toujours plus de monde à Moscou

Cette année, quelque 850 000 personnes ont participé au défilé du Régiment immortel à Moscou dans le cadre des célébrations de la Victoire sur l’Allemagne nazie. Le Courrier de Russie y était.

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Crédits : Jean Colet

Sur toute la longueur du parcours, des enfants accompagnent leurs parents. Une occasion, pour eux, de porter fièrement les portraits de leurs ancêtres, tout en amassant les drapeaux, rubans et chapeaux distribués par les bénévoles.

Uniformes

Pour certains, le Jour de la Victoire est l’occasion de revêtir des costumes ou uniformes d’époque. On croise ainsi, sur le parcours, des soldats de l’Armée rouge, des cosaques, ou encore des gens vêtus de tenues folkloriques russes.

Parmi eux, il en est qui tiennent, coûte que coûte, à arborer des déguisements absolument complets – à l’image de ce groupe de cosaques, coincés aux portiques de sécurité à cause de leurs kinjali, ces dagues traditionnelles portées à la ceinture.

Régiment Immortel Uniformes Drapeau Russie Moscou
Crédits : Jean Colet

13h

Deux heures avant le départ officiel du cortège, la foule est déjà compacte à Bélorousskaïa. Des dizaines de milliers de personnes avancent vers la place Rouge. Le parcours complet débute au stade Dynamo et totalise un peu moins de six kilomètres. De nombreux participants, cependant, le rejoignent en route, en passant par les différents postes de contrôle installés dans les rues perpendiculaires.

Régiment Immortel Enfant Uniforme Moscou
Crédits : Jean Colet

International

Deux Ouzbeks défilent. Les représentants des minorités ethniques se regroupent sous leurs drapeaux respectifs et se mettent en marche avec entrain. Souvent réduits à l’image de travailleurs immigrés pauvres, ils sont, au mieux, ignorés par les autres Moscovites. Le Régiment immortel est pour eux une occasion, rare et précieuse, de rappeler que leurs aïeuls ont aussi défendu la Russie, partageant le sort de tous les citoyens soviétiques.

Armeniens Haut Karabakh Régiment Immortel Moscou
Un groupe d’Arméniens brandissent le drapeau du Haut-Karabagh, région azérie dont ils revendiquent l’appartenance – Crédits : Jean Colet

Plus le Régiment approche de la place Rouge, plus il devient compact. Les gens se serrent encore, au point de rappeler une rame de métro à l’heure de pointe – si cette rame faisait la largeur d’une avenue. Dans cette foule qui garde le sourire, on entend soudain un rugissement lointain, venu de l’avant du cortège, qui se déplace à la vitesse d’un raz-de-marée. Et tous reprennent en chœur ce hourrah qui traverse toute la marche, passant de groupe en groupe à grands renforts de voix. Une fois la vague passée, les gens rient et se félicitent. On sent l’impatience en prévision de la prochaine clameur collective.

Régiment Immortel Moscou Groupes Femmes
Crédits : Jean Colet

En solitaire

Nombreux sont ceux qui participent seuls. Ils arrivent en métro avec un unique portrait, marchent sans un mot, le regard vers l’avant, puis disparaissent, à l’arrivée, comme ils sont venus. Accompagnés de la mémoire de leurs parents, ils ont simplement pris le temps d’entretenir le souvenir – au milieu de milliers d’autres.

Régiment Immortel Homme Seul Moscou
Crédits : Jean Colet

En musique

Sur le parcours, des groupes de musiciens s’appliquent à divertir les participants. Des ensembles de cuivres aux accordéonistes amateurs en passant par les chanteurs spontanés, tous puisent dans le vaste répertoire des chants patriotiques soviétiques. Courageusement, sous une pluie glaciale, ils sont chaleureusement applaudis par les groupes qui se forment autour d’eux.

Trompettistes Régiment Immortel Moscou
Crédits : Jean Colet

Édimbourg – Moscou

À la surprise générale, un son de cornemuse résonne au loin – tranchant totalement avec la mélodie habituelle des accordéons. Un groupe d’une vingtaine d’Écossais, en tenue clanique, vient de sortir les célèbres bagpipes sous les yeux ébahis des Russes, qui ne tardent pas à se rassembler autour d’eux. Véritable phénomène dans le cortège, ils sont rapidement débordés par les demandes de selfies. Venus participer au Régiment immortel pour honorer la mémoire de leurs grands et arrière-grands-parents ayant combattu dans l’armée britannique, ils ont pris la peine de traduire en cyrillique les inscriptions sur leurs portraits.

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