« Le Kremlin est tout à fait prêt à coopérer avec la France d’Emmanuel Macron »

Pourquoi les Russes demeurent-ils sceptiques à l’égard d’Emmanuel Macron ? Qu’est-ce que François Hollande a fait pour apaiser le conflit en Ukraine ? Et quel message les électeurs français ont-ils envoyé au pouvoir en votant pour des candidats antisystème ? Le Courrier de Russie a posé ces questions à Maxime Youssine, journaliste de Kommersant, spécialiste des questions internationales.

macron emmanuel
Emmanuel Macron. Crédits : En Marche !

Le Courrier de Russie : La victoire d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle française a-t-elle constitué une surprise pour vous ?

Maxime YoussineMaxime Youssine : Pas du tout. J’étais persuadé qu’il l’emporterait. J’avais même parié deux bouteilles de cognac sur lui et je les ai gagnées ! Durant la campagne, j’ai soutenu François Fillon, mais les Français ont fait un choix différent que je respecte entièrement.

LCDR : Au cours de la campagne, le soutien des Russes est allé massivement vers François Fillon et Marine Le Pen, Emmanuel Macron ne suscitant que peu d’enthousiasme. Pourquoi, selon vous ?

M.Y. : Ce sentiment des Russes est assez naturel : ayant pris connaissance des divers programmes, ils ont accordé leur sympathie aux candidats qui proposaient d’adoucir, sinon de lever les sanctions dirigées contre leur pays – ce qui était le cas de Marine Le Pen, François Fillon, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan. Rappelons qu’ensemble, ces candidats ont tout de même recueilli plus de 65% des voix. On ne peut décemment pas blâmer les Russes d’avoir soutenu les personnes qui leur semblaient les plus proches d’eux. Lors d’un match de football auquel votre pays ne participe pas, vous avez bien le droit d’encourager une équipe plus que l’autre, non ? Eh bien, c’est pareil. Éprouver de la sympathie envers un candidat à une présidentielle qui ne se déroule pas dans votre pays n’est ni un crime ni une atteinte à la souveraineté de ce pays. Comme je l’ai dit, personnellement, je soutenais François Fillon, mais je respecte tout à fait M. Macron.

LCDR : Pourquoi justement François Fillon ?

M.Y. : Je souhaitais un futur président français qui soit notre allié sur la question des sanctions car, pour l’heure, s’efforcer de les faire abroger doit être la tâche principale de la diplomatie russe. De nombreux Européens comprennent, aujourd’hui, que le prolongement à l’infini des sanctions contre la Russie est absurde, même s’ils se gardent encore de le dire à voix haute. La Russie est sommée d’accomplir les accords de Minsk si elle veut voir les sanctions levées, nous dit-on. Mais l’exécution de ces accords ne dépend pas uniquement de Moscou ! Kiev en répond tout autant : le parlement ukrainien doit voter des lois accordant une autonomie à la région du Donbass, il doit apporter les changements à sa Constitution prévus par les accords de Minsk. Or, il n’en a pas la moindre intention dans l’avenir proche… Je vais régulièrement à Kiev en tant que journaliste, je rencontre des députés et des membres de l’administration présidentielle. Et mes interlocuteurs ne cachent même pas leur refus de voter ces lois, et ce, quelle que soit la pression de l’Occident. Précisément car ils savent que leur vote pourrait entraîner la levée des sanctions contre la Russie, alors que leur objectif est qu’elles soient maintenues le plus longtemps possible. D’ailleurs, je peux comprendre la position des Ukrainiens. Mais en tout cas, je ne suis pas certain que Kiev veuille la même chose que la diplomatie française… Pour tout dire, je suis persuadé du contraire.

LCDR : Et que veut la diplomatie française ?

M.Y. : Obtenir l’exécution pleine et entière du processus de Minsk, précisément ! N’oublions pas que la classe politique française n’est pas contaminée par l’attitude particulièrement virulente envers la Russie qui est celle, notamment, des élites polonaises ou baltes. Tout au contraire – Paris a toujours été plutôt bienveillante envers Moscou. La France est pour nous un partenaire clé au sein de l’Union européenne. Dans ses rapports avec la Russie, Paris poursuit la ligne de Charles de Gaulle, de François Mitterrand et de Jacques Chirac, et je ne vois pas pourquoi Emmanuel Macron s’en écarterait.

François Fillon et Vladimir
François Fillon et Vladimir Poutine le 21 mars 2013. Crédits : kremlin.ru

LCDR : François Hollande a poursuivi cette ligne, lui aussi ?

M.Y. : Je dirais que oui. On n’en parle pas assez, mais la diplomatie française et François Hollande ont fait beaucoup pour endiguer le conflit dans le Donbass au moment où il a éclaté, en 2014. Le président français a notamment évité que la guerre ne se propage encore plus loin. Dans la résolution du conflit ukrainien, on a tendance à surestimer le rôle de la diplomatie allemande en sous-estimant celui des Français mais ces derniers sont intervenus à un moment décisif, quand il fallait refroidir les têtes brûlées des deux côtés de la frontière, en Russie comme en Ukraine. Certes, plus tard, François Hollande a dû céder à la pression colossale qui était exercée sur lui, et refuser de livrer les Mistral à Moscou. J’étais à Kiev à ce moment-là, et je me souviens de toutes ces manifestations contre la transaction dans la rue de l’ambassade de France ! L’Ukraine a exercé sur la France une pression émotionnelle très forte, de même que les États-Unis. Alors oui, M. Hollande a fini par plier, mais il est tout de même resté un interlocuteur bienveillant de la Russie au sein de l’UE, ce qui n’est pas le cas de l’Allemagne, par exemple. Quelque chose s’est brisé dans la relation entre Vladimir Poutine et Angela Merkel lors du sommet du G20 à Brisbane, en 2014 – et depuis, la chancelière allemande est une opposante farouche de notre pays. Mais la France, non. Et elle ne le sera jamais, j’en suis convaincu.

LCDR : Vladimir Poutine saura-t-il construire de bonnes relations avec Emmanuel Macron, selon vous ?

M.Y. : M. Poutine est un fin psychologue, il est capable d’établir de bonnes relations avec des gens très différents. Il a par exemple réussi à s’entendre avec Nicolas Sarkozy, qui avait affiché des positions très critiques vis-à-vis de la Russie durant sa campagne électorale, mais est devenu, rapidement après son élection, l’un des plus proches partenaires de M. Poutine au sein de l’Union européenne. Dans le même temps, il faut reconnaître que Poutine est meilleur dans le contact avec des hommes un peu machos, pas trop « politiquement corrects », qui aiment s’amuser et plaisanter – comme Sarkozy, justement, ou Berlusconi. À l’inverse, le président russe est beaucoup moins à l’aise avec des interlocuteurs froids, lisses et politiquement corrects. Et je ne sais pas s’il parviendra à instaurer une entente cordiale avec Emmanuel Macron. Les deux hommes n’ont pas le même tempérament, Poutine risque de trouver Macron un peu trop correct à son goût… Il faut se souvenir, aussi, qu’au Kremlin, Emmanuel Macron est considéré avant tout comme un membre de l’équipe Hollande – et rien que pour cette raison, il suscite un certain scepticisme. Pourtant, Moscou n’est nullement opposée à Emmanuel Macron, on ne le met pas au même niveau que John McCain, par exemple, qui est perçu comme un russophobe convaincu. Le Kremlin est tout à fait prêt à coopérer avec la France d’Emmanuel Macron, même s’il avait espéré beaucoup plus de la part de la France de François Hollande.

Vladimir Poutine, François Hollande, Angela Merkel et Petro Porochenko lors de la signature des accords de Minsk en février 2015. Crédits : kremlin.ru

LCDR : L’équipe d’Emmanuel Macron accuse la Russie d’avoir attaqué ses serveurs informatiques. Pensez-vous que ces accusations soient fondées ?

M.Y. : Sincèrement, je n’en sais rien. En revanche, je suis convaincu qu’après la victoire d’Emmanuel Macron, ce sujet sera relégué au second plan. Ce sera un non-sujet.

LCDR : Quelles conclusions peut-on tirer de cette présidentielle ? Qu’avons-nous appris sur les Français ?

M.Y. : Une fois de plus, les Français sont apparus comme des gens raisonnables et pragmatiques. En votant, ils ont exprimé leur mécontentement, tout en sachant éviter une catastrophe. Il n’y aura pas, dans l’avenir proche, de sortie de l’euro ni de l’espace Schengen, que Marine Le Pen promettait d’engager. Beaucoup de Français tirent leur avantage de la monnaie unique et des frontières ouvertes, et ils ne sont pas prêts à renoncer à ces acquis. Et c’est cette partie-là des Français qui a élu M. Macron. Dans le même temps, de très nombreux Français ont voté pour des candidats antisystème, comme Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, notamment, qui ont recueilli, ensemble, 40 % des voix. Ce n’est pas négligeable. Il s’agit d’un message très clair envoyé au pouvoir. Et il est alarmant. Les cercles dirigeants doivent l’entendre et le prendre en compte. Ce vote est signe que quelque chose ne va pas bien en France.

LCDR : Quoi exactement ?

M.Y. : Le problème le plus inquiétant, pour la France, est celui de l’islamisme radical, qui doit absolument être éradiqué. Je prône la tolérance zéro vis-à-vis de ceux qui font allégeance aux organisations terroristes et justifient leurs actions. Des individus qui sont allés se former en Irak ou en Syrie et qui sont répertoriés par des services ne doivent pas se promener librement dans la rue. Des innocents ne doivent pas mourir dans des attentats perpétrés par des gens qui haïssent l’Europe et son mode de vie. On entend certains dire que la France paie le prix de sa participation dans la guerre en Syrie. Mais regardez la Suède, qui ne participe à aucun conflit militaire : ses citoyens ne sont pas épargnés, eux aussi se retrouvent écrasés sous des roues de camion ! Faire en sorte que ces attentats ne se reproduisent plus, assurer la sécurité de ses concitoyens : voilà le défi le plus important que le nouveau président de la République française aura à relever.

1 commentaire

  1. Haine tu ne quitteras jamais les hyènes.
    Voilà dix ans que l’union soviétique s’est sabordée.
    Que nous avons retiré ce drapeau rouge.
    Frappé de la faucille et du marteau.

    Dix ans pour recréer une démocratie.
    Nous avançons à des pas de géants.
    Dans toutes les tourmentes que cela nous implique.
    Il nous a fallu tout essayer peut-être maladroitement.

    Mais courageusement avec des dirigeants peu scrupuleux.
    Aujourd’hui que nous avons une élite comme Vladimir Poutine.
    Qui veux remettre le pays dans les droits de la vrai Russie.
    Et s’aligner sur les autres démocraties.

    Il y a encore dans la vielle Europe.
    Des protagonistes qui n’ont pas encore avalé leur haine.
    Ils ne peuvent pas supporter que notre patrie existe.
    Ils sont comme les chevaliers teutoniques.

    Qui pendant des siècles ont cru que leur capitale.
    N’était pas Rome, ni le Rhin mais en Oural.
    Même nos ennemis par conviction « Les capitalistes »;
    Sont devenus des partenaires à nos reformes.

    Eux la seule chose qui les intéresse c’est de s’enrichir.
    Alors que les protagonistes eux veulent la disparition.
    De la Russie, de notre peuple, nos terres notre âme.
    Qu’ils se partageront comme des hyènes.

    Déjà qu’ils n’avaient jamais pu envisager.
    Que la grande Russie soviétique pouvait se saborder.
    Pendant dix ans on leur avait cloué le bec.
    Aujourd’hui que notre pays veut retrouver sa respectabilité.

    Dans le monde remettre de l’ordre dans ses lois.
    Redonner confiance eu peuple.
    Les hyènes se réveillent ils sortent d’anciens propos.
    Qui n’ont plus de valeur.

    Sur le droit de la liberté du culte.
    Nous avons reconnu le droit à la religion.
    Et nous encourageons sa pratique.
    En reconstruisant des édifices du culte.

    Ils veulent s’attaquer a nos libertés.
    Ils ont tort notre peuple est libre de passer nos frontières.
    Ce sont leur propre pays qui ferment leurs barrières.
    Quand à la liberté de la pensée.

    Nous sommes beaucoup plus tolérants que dans leur pays.
    Ils ne peuvent plus nous reprocher de privatiser.
    Puisque nous accordons des crédits à la propriété privée.
    Et aussi pour les biens à la consommation.

    Comme eux l’ont fait pour montrer à une certaine époque.
    Que leur peuple vivait mieux que chez les communismes.
    Ils peuvent encore critiquer notre monnaie.
    Pas pour bien longtemps.

    Eux ce qu’ils voudraient ce sont nos nouveaux spéculateurs.
    Qui sont prés à vendre notre pays notre terre.
    A tous les étrangers pour s’enrichir encore plus.
    Ce sont des apatrides, le peuple en a assez d’être trahi.

    Il se sent sur un bateau à la dérive, ou est le capitaine?
    Il est temps de remettre de l’ordre dans notre sainte Russie.
    Si l’on veut rayer ces protagonistes à tout jamais.
    Et retrouver notre respectabilité dans le monde.

    Qui ne doit pas oublier que nous somme une super puissance.
    Aussi bien économiquement que stratégique.
    Et que sans la Russie, ni l’Europe, ni l’Asie, ni l’Orient.
    Et les Amériques ne pourront trouver la tranquillité.

    C’est pour cela qu’ils nous faut vite donner.
    Au capitaine » Vladimir Poutine » un bon équipage.
    Ayant une vrai âme russe,pour notre mère.
    Notre grande et généreuse sainte Russie.µ

    Alain Parghentanian

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