Ce que l’on sait de l’auteur de l’attentat du métro de Saint-Pétersbourg

L’attentat terroriste ayant fait quatorze victimes et une cinquantaine de blessés dans le métro de Saint-Pétersbourg serait le fait d’un kamikaze. Selon les enquêteurs, il a été commis par un ressortissant kirghize possédant la nationalité russe et ayant des liens présumés avec l’organisation État islamique. Décryptage.

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Akbarjon Djalilov filmé par une caméra de surveillance du métro de Saint-Pétersbourg, le 3 avril. Crédits : DR

Son portrait capturé par les caméras de surveillance du métro tourne depuis mardi matin en boucle sur les chaînes de télévision et à la une des journaux russes. Bonnet bleu sur la tête, lunettes de vue et manteau chaud de couleur rouge, Akbarjon Djalilov, 22 ans, est désigné comme l’auteur présumé de l’attentat dans le métro pétersbourgeois du lundi 3 avril.

L’identité du kamikaze a été révélée par les services secrets du Kirghizistan (GKNB) dans la matinée du 4 avril, avant d’être confirmée par le Comité d’enquête de Russie en milieu d’après-midi.

D’après le quotidien Kommersant, les experts russes ont établi que la bombe artisanale – un extincteur rempli de poudre et de billes provenant de roulements – avait explosé à proximité immédiate d’Akbarjon Djalilov. Elle se trouvait dans un sac à dos, que portait manifestement, au moment de l’explosion, le coupable présumé, dont seule la tête a été retrouvée.

Les agents du Comité d’enquête, après expertises ADN, ajoutent que le kamikaze a en outre déposé à la station Plochtchad Vosstania un sac contenant une deuxième bombe. L’engin, pour une raison encore inconnue, n’a toutefois pas fonctionné.

Un Kirghiz russe

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Akbarjon Djalilov. Crédits : VK

Selon les données communiquées par le GKNB, Akbarjon Djalilov était originaire de la ville kirghize d’Och. Il avait quitté avec ses parents le Kirghizistan pour la Russie en 2011, où il vivait depuis seul, après le retour de sa famille au pays. Il disposait d’un passeport russe.

A en croire une source policière anonyme du journal Gazeta.ru, Akbarjon avait obtenu la citoyenneté russe avant son départ pour Saint-Pétersbourg. « Son père a la nationalité russe. C’est grâce à cela qu’Akbarjon a pu la demander et l’obtenir au consulat russe au Kirghizistan », indique l’informateur.

À Saint-Pétersbourg, le jeune homme a d’abord travaillé comme carrossier, avec son père, puis comme serveur dans un restaurant de sushis. Il fréquentait des clubs de lutte. Il n’a jamais été soupçonné d’un quelconque lien avec des groupes extrémistes, et n’était fiché ni en Russie ni au Kirghizistan. Néanmoins, selon Kommersant, les enquêteurs estiment que lors de son récent séjour à Och, il aurait pu entrer en contact, via des réseaux sociaux, avec des compatriotes se battant en ce moment dans les rangs de l’État islamique. À en croire les services spéciaux kirghizes, plus de 1 000 Kirghizes auraient déjà rejoint l’organisation terroriste.

Le Comité d’enquête de Russie a déjà demandé au GKNB des informations sur Akbarjon Djalilov, les membres de sa famille ainsi que ses amis et connaissances. D’après l’agence de presse kirghize 24.kg, les parents d’Akbarjon sont entendus par les services spéciaux du Kirghizistan depuis mardi midi.

Les enquêteurs cherchent à savoir en premier lieu si l’un d’eux était lié à l’organisation terroriste État islamique, qui compte actuellement dans ses rangs quelque 2 000 ressortissants kirghizes. Le GKNB a déjà promis officiellement à la Russie sa collaboration active dans l’enquête.

Réseau islamique social

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Le wagon du métro après l’explosion. Crédits : VK

À Saint-Pétersbourg, les agents du Comité d’enquête et du FSB étudient actuellement la correspondance qu’entretenait Akbarjon Djalilov sur les réseaux sociaux et interrogent ses amis et connaissances.

Selon une des versions envisagées, l’inspirateur idéologique de l’attentat se trouverait en Syrie, sur un territoire sous contrôle de l’EI, mais le kamikaze pourrait avoir eu des complices à Saint-Pétersbourg même.

Par ailleurs, les enquêteurs se penchent également sur le travail des agents de la sécurité du métro et de la police, afin de déterminer si ces derniers ont fait preuve de négligence en laissant entrer le suspect présumé sans le faire passer par les portiques détecteurs de métaux, dont sont équipées toutes les entrées des stations du métro pétersbourgeois.

3 commentaires

  1. « off » à la française – toujours étonnée que personne ne respecte la règle, et fasse prédominer « ov » à l’allemande…

  2. – Pour une meilleure sécurité, il serait judicieux de créer un club avec les pays amis limitrophes et étendre des relations culturelles ou autres socioprofessionnelles etc. qui rapprochent les peuples et deviendront les meilleurs ambassadeurs de la vie, et es autres.
    Mes sincères condoléances aux familles touchées par ce drame, ainsi qu’à la Ste Russie et son Exceptionnel Président, Monsieur Vladimir Vladimirovich PUTIN.

    Tahiti Polynesia

  3. Ma théorie est que les suspects, deux hommes (évidemment) etaient sur un train de nuit en depart de Moscou

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