Culture, tourisme… : Paris et Kazan resserrent les liens

Les villes de Kazan et de Paris ont conclu, en décembre dernier, un accord de coopération en matière de tourisme. Inscrit dans le cadre de l’Année franco-russe du tourisme culturel 2016-2017, ce partenariat vise à tisser des liens culturels sur le long terme entre la capitale française et celle de la république russe du Tatarstan. Tour d’horizon.

tatares fête
Fête tatare Sabantuy. Elle sera organisée à Paris en 2017. Crédits : my-ural.com

Signé le 13 décembre 2016 à l’Hôtel de Ville de Paris par Ilsur Metshin et Anne Hidalgo, maires respectifs de Kazan et de Paris, le texte officiel de l’accord stipule que la coopération concernera les domaines touristique, culturel et de l’investissement, afin d’établir entre les deux villes des « échanges fructueux mutuellement bénéfiques » sur le long terme.

L’accord, conclu pour une durée de cinq ans à compter de la date de sa signature, sera automatiquement prolongé pour une période équivalente, à moins que l’une des parties ne s’y oppose.

Une coopération « gagnant-gagnant »

Si les deux villes semblent de prime abord avoir peu en commun, le communiqué de presse publié par la mairie de Kazan affirme qu’elles ont « beaucoup à apprendre » l’une de l’autre, notamment en matière de développement touristique et d’organisation d’événements sportifs.

La capitale de la république du Tatarstan, sujet de la Fédération de Russie, qui a accueilli en 2016 environ 2,4 millions de touristes étrangers et compte augmenter ce nombre jusqu’à 5 millions par an à l’horizon 2030, entend bien pour ce faire bénéficier de l’expérience de Paris – riche de ses 9,5 millions de visiteurs annuels – en termes de communication et de promotion du tourisme.

Paris, pour sa part, souhaite s’inspirer de l’expérience de la cité tatare en matière d’accueil d’événements sportifs internationaux, notamment en vue de sa candidature aux Jeux olympiques de 2024, poursuit le communiqué.

Lors de la rencontre du 13 décembre, Anne Hidalgo a d’ailleurs noté avoir été impressionnée par « la beauté extraordinaire et le niveau de préparation » du championnat du monde de sports aquatiques à Kazan en 2015.

Sans oublier la culture

Ilsur Metshin et Anne Hidalgo
Ilsur Metshin et Anne Hidalgo lors de la signature de l’accord, le 13 décembre. Crédits : inkazan.ru

Ilsur Metshin et Anne Hidalgo ont en outre discuté de l’organisation de plusieurs projets culturels, qui se tiendront réciproquement dans leurs deux villes.

Kazan consacrera ainsi une exposition de peinture à de grands maîtres français, tandis que la capitale française accueillera cet été le festival de culture tatare Sabantuy. « Les Parisiens pourront y découvrir la gastronomie et les traditions tatares. Nous nous sommes entendus avec Mme Anne Hidalgo pour que cette fête se déroule sur le Champ de Mars, près de la Tour Eiffel », a déclaré Ilsur Metshin au journal Rossiïskaïa Gazeta, ajoutant que Kazan avait l’intention de proposer que le festival soit inscrit à la liste du patrimoine culturel immatériel mondial de l’UNESCO.

Ilsur Metshin a énuméré les nombreux atouts culturels de sa ville susceptibles d’attirer les touristes français, tels le Théâtre tatar d’opéra et de ballet Musa Jalil, qui figure parmi les grandes scènes musicales du pays, ou l’orchestre symphonique régional, dirigé par le Russe Alexandre Sladkovsky.

Selon la mairie de Kazan, Anne Hidalgo devrait elle-même se rendre dans la capitale tatare courant 2017.

Année croisée France-Russie

Le 5 avril 2016, sur la grande scène du théâtre Bolchoï, à Moscou, la vice-ministre russe de la culture Alla Manilova et Anne-Marie Descôtes, directrice générale de la mondialisation, du développement et des partenariats pour le ministère français des affaires étrangères, ont donné le coup d’envoi de l’Année croisée franco-russe du tourisme et du patrimoine, qui vise à « faire prendre conscience aux Français et aux Russes de la proximité de leurs cultures ».

« Le tourisme est la meilleure et peut-être la seule façon de populariser notre héritage culturel et de favoriser les rencontres entre les personnes. L’attirance mutuelle entre les cultures française et russe, leur interdépendance remontent loin dans le passé. Et nous allons cette année prendre un soin tout particulier de cette culture commune », avait alors déclaré la représentante russe pour la Culture.

Le 27 mai 2016, les deux pays ont signé des conventions de jumelage concernant plusieurs monuments français et russes : le château de Champs-sur-Marne et le manoir de Kouskovo, surnommé le « Versailles moscovite » ; la basilique Saint-Denis et la forteresse Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg, qui abrite les tombeaux des souverains de la dynastie des Romanov ; la maison de Léon Tolstoï à Khamovniki et celle de Georges Sand à Nohant ; la villa Savoye du Corbusier à Poissy et la maison Melnikov à Moscou, monuments emblématiques de l’architecture moderne.

Un communiqué de presse de l’ambassade de France à Moscou, publié en juillet 2017, rappelle que ces jumelages permettront d’approfondir encore la coopération culturelle et scientifique bilatérale.

Le saviez-vous ?

Mosquée Qolsharif à Kazan
Mosquée Qolsharif à Kazan. Crédits : Pixabay

Le maire de Kazan Ilsur Metshin et la maire de Paris Anne Hidalgo se connaissent depuis plusieurs années. Ils ont tous deux été vice-présidents de l’organisation mondiale des villes jumelées, la CGLU (Cités et gouvernements locaux unis), et se rencontrent régulièrement au cours des forums organisés par cette dernière.

Kazan est la capitale de la république russe du Tatarstan. En 2016, la population de cette ville située sur les berges du fleuve Volga s’élevait à plus d’1,2 million d’habitants. Kazan est aujourd’hui un centre universitaire et industriel majeur de Russie, mêlant influences occidentales et orientales. La cité, qui est également le centre historique de l’islam de Russie, abrite la deuxième plus grande mosquée d’Europe – la mosquée Qolsharif, inaugurée en 2005.

Le Sabantuy est une fête bachkir et tatare d’origine païenne, célébrée avant la saison des semences afin d’apaiser les esprits de la fertilité et de s’assurer de bonnes récoltes pour l’année à venir. Depuis le début du XXe siècle, le Sabantuy est considéré comme étant la principale fête nationale tatare.

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