Vu de Russie : pourquoi Palmyre est-elle retombée sous le contrôle de l’État islamique ?

Dimanche 11 décembre, l’État islamique (EI) a repris la ville antique de Palmyre, dans la région d’Homs, après quatre jours de combats contre l’armée syrienne, appuyée par l’aviation russe.

Palmyre Baal-Shamin Syrie
Temple de Baal-Shamin à Palmyre, en Syrie. Crédits : Wikimedia

Le gouvernement syrien a confirmé qu’environ 4000 combattants du groupe terroriste État islamique (EI) avaient réussi à reprendre la ville de Palmyre, située à 250 km au nord-est de Damas. 80% de ses habitants auraient été évacués, selon le gouverneur de la province de Homs, Talal Barazi, qui est intervenu à la télévision syrienne. Les archéologues russes présents sur place ont également été rapatriés à Moscou, rapporte le porte-parole de l’institut d’archéologie de Saint-Pétersbourg.

Les djihadistes ont déclenché l’offensive sur Palmyre jeudi 8 décembre. Le 10, ils avaient déjà repris plusieurs zones périphériques de la ville mais avaient été forcés de se retirer suite aux bombardements de l’aviation russe. Les combats se sont toutefois poursuivis le 11, penchant finalement au profit des hommes au drapeau noir de l’État islamique.

« Un coup dur » pour la Russie

Alors que les forces gouvernementales syriennes, soutenues par les forces aériennes russes, avaient réussi à libérer Palmyre des terroristes en mars 2016, aujourd’hui, la défense russe reconnaît que la perte de la ville représente un coup dur pour la Russie.

« Il faut reconnaître honnêtement que l’entrée des combattants terroristes dans Palmyre, même pour une courte période, est un coup dur, avant tout psychologique », a déclaré le sénateur Franz Klintsevitch, chef adjoint du Comité de défense et de sécurité du Conseil de la Fédération à l’agence Interfax.

Le sénateur a toutefois souligné que sans l’aide des forces aériennes russes, les conséquences de l’offensive menée par les terroristes sur Palmyre auraient pu s’avérer « bien plus importantes ». Dimanche 11 décembre, au matin, le ministère de la défense russe a indiqué avoir empêché plus de 300 terroristes d’atteindre la partie historique de la ville, ainsi que d’avoir détruit 11 tanks et 31 pièces d’artillerie.

Le Kremlin, de son côté, estime qu’il ne s’agit pas d’un coup dur que pour la Russie. « L’État islamique endommage l’image de toute l’Humanité », a déclaré l’attaché de presse du président russe, Dmitri Peskov, avant d’ajouter qu’une « coopération entre la Russie et les États-Unis en Syrie aurait permis d’éviter de pareilles attaques de la part des terroristes ».

« Un mauvais calcul »

Pour l’ancien chef de l’état-major général des forces armée russes (2004-2008), Iouri Baluyevsky, la perte de Palmyre était « prévisible » et résulte d’un mauvais calcul dans la planification militaire de la défense russe. « Il était clair que les combattants ne s’arrêteraient pas là. En revanche, nos actions, notamment les pauses humanitaires, étaient incompréhensibles. C’est une chose d’assurer la sécurité de la population mais lorsque ces trêves durent des semaines, cela permet aux combattants de reprendre des forces », a-t-il commenté à Interfax.

Le journaliste de Kommersant et expert politique, Maxime Ioussine, voit quant à lui d’autres raisons à la reprise de Palmyre par l’État islamique. « Premièrement, le moment n’a pas été choisi par hasard : il permet de détourner l’attention des forces gouvernementales syriennes et de leurs alliés d’Alep. Deuxièmement, cela prouve une fois de plus du faible potentiel militaire de l’armée syrienne, qui lors de la première attaque n’a pas pu repousser quelques centaines de combattants. Troisièmement, cet échec montre que la guerre n’est pas du tout finie et qu’Assad compte beaucoup d’ennemis au sein du pays. Enfin, la réaction rapide de la Russie confirme que Palmyre est plus qu’un simple oasis au milieu du désert pour Moscou », indique le spécialiste.

En effet, Palmyre demeure un vrai symbole de l’opération militaire russe en Syrie. En mai 2016, soit environ deux mois après la libération de la ville, le célèbre chef d’orchestre russe, Valeri Guerguiev, sous l’œil des journalistes venus du monde entier, avaient notamment donné un concert dans l’amphithéâtre de la cité antique, à peine reprise des mains des terroristes. Pour Moscou, cette victoire militaire sur l’État islamique venait redresser le prestige de son armée et renforcer son influence dans la région. Aujourd’hui, les experts et commentateurs russes craignent que les membres de l’État islamique ne reprennent leur travail de destruction des ruines gréco-romaines, inscrites au Patrimoine mondial de l’humanité.

Vu de France

Le ministre français des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a accusé Moscou de « prétendre » combattre le terrorisme tout en laissant le groupe Etat islamique (EI) reprendre Palmyre.

« Et puis enfin, les Russes qui prétendent lutter contre le terrorisme, se concentrent en fait sur Alep et ont laissé un espace à Daech, qui est en train de reprendre Palmyre, tout un symbole ! », a-t-il déclaré.

1 commentaire

  1. c’est 1 coup des l’occidentaux pour qe la ruisse cesse sa frape aerienne e la progression d l’arme en alep est .bientot ells viendra mettre Fin a l’etat islamiqe en syrie.

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