Roumen Radev, le président bulgare qui veut renforcer les liens avec la Russie

Le nouveau président bulgare, Roumen Radev, ancien général des forces militaires aériennes, soutient la levée des sanctions contre la Russie et le renforcement des liens russo-bulgares. Pour les diplomates spécialistes de la région interrogés par Kommersant, l’élection du général pourrait annoncer un rapprochement de Sofia et Moscou et influer sur les relations de la capitale bulgare avec l’OTAN et l’UE.

Roumen Radev de bulgarie
Roumen Radev, le nouveau président bulgare. Crédits : Pan.bg

La victoire de Roumen Radev à l’issue du deuxième tour de l’élection présidentielle, dimanche 13 novembre, s’est révélée bien plus certaine que ne le prévoyaient les responsables politiques et les experts. Alors qu’il n’avait dépassé son adversaire – Tsetska Tsatcheva, la candidate du parti de centre droit au pouvoir, le GERB – que de 3 ou 4 % au premier tour, cet ex-général des forces aériennes bulgares soutenu par le Parti socialiste l’a littéralement écrasée au second tour, une semaine plus tard, recueillant, selon les données préliminaires, près de 60 % des voix. Même le soutien actif du Premier ministre Boïko Borissov, qui avait promis de démissionner si sa candidate échouait, n’est pas venu en aide à Mme Tsatcheva.

Le Premier ministre a tenu sa promesse. Lundi, il a adressé au parlement une lettre annonçant sa démission. Ainsi, la Bulgarie doit manifestement se préparer aussi, désormais, à des élections parlementaires anticipées, ce qui pourrait radicalement modifier le paysage politique national.

Mais le cours politique du pays pourrait changer même avant cela – dès l’entrée en fonctions du nouveau président. Ces dernières années, l’actuel chef de l’État, Rossen Plevneliev, a sévèrement critiqué la politique de la Fédération de Russie, appuyé par le Premier ministre, qui soutenait activement le projet américain d’installer un bouclier antimissile en Europe orientale. À l’inverse, le nouveau président est considéré en Bulgarie comme « pro-russe » ; et Roumen Radev a fourni à cela de nombreux motifs.

Il réclame ainsi la levée des sanctions contre la Russie, soutient le rétablissement de liens politiques et économiques actifs entre la Bulgarie et la Fédération russe et, selon son entourage, « comprend » le rattachement de la Crimée à la Russie. Pour autant, au cours de la campagne électorale, le général a promis de respecter les obligations de son pays envers l’UE et l’OTAN, affirmant que « l’amélioration des relations avec la Russie ne signifie[rait] pas le recul des valeurs euro-atlantiques ». M. Radev défend également des positions anti-élites et anti-immigration. Prenant la parole le 13 novembre, il a promis qu’il « ne permettra[it] pas que la Bulgarie devienne un ghetto pour immigrés ».

Pour les diplomates occidentaux en poste dans les Balkans interrogés par Kommersant, la victoire de Radev pourrait entraîner un rapprochement entre Sofia et la Russie, même s’ils rappellent que, selon la constitution bulgare, les pouvoirs du président ont un caractère relativement formel et le cèdent largement aux possibilités du parlement et du Premier ministre. Le chef de l’État bulgare assume toutefois le commandement des forces armées, désigne les dirigeants des forces spéciales et peut opposer son véto à l’adoption de lois.

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