Moldavie : Igor Dodon, un président « ni pro-russe, ni anti-européen, ni anti-roumain »

La Moldavie a élu un nouveau président : Igor Dodon. Candidat du Parti socialiste et partisan du rapprochement avec la Russie, il a recueilli 52,29 % des voix au deuxième tour de l’élection, dimanche 13 novembre. Son adversaire, la candidate unique de toute l’opposition pro-européenne et présidente du Parti de l’action et de la solidarité (PDS), Maia Sandu, a reçu le soutien de 47 % des électeurs.

Igor Dodon
Igor Dodon, le nouveau président moldave. Crédits : Dodon Igor/facebook.

« Pour la première fois depuis sept ans, toutes les forces pro-moldaves et pro-gouvernementales se sont unies pour l’amitié avec la Russie, pour la neutralité, pour notre orthodoxie, pour le rassemblement du pays vers une solution du conflit transnistrien. Un premier pas a été fait », a déclaré Igor Dodon le lendemain de son élection, lundi 14 novembre, dans une interview à la chaîne télévisée russe Rossia 24. Le nouveau président a également évoqué son intention d’accorder à la Transnistrie un statut particulier : « Ma position reste inchangée. J’estime que la fédéralisation du pays est la seule issue », a-t-il indiqué.

À la veille de l’élection, dans un entretien accordé au journal russe Izvestia, Igor Dodon avait affirmé qu’il soutiendrait l’intégration de la Moldavie à l’Union économique eurasiatique. « En tant que dirigeant du parti des socialistes, je prends – et je prendrai – ouvertement position pour l’intégration dans l’UEEA, c’est à dire pour la coopération économique eurasiatique », avait-il expliqué, soulignant que plus de 65 % des habitants de la république considéraient la Russie comme un État ami, et qu’ils étaient « plus de 55 % à être prêts à voter lors d’un référendum, si un tel scrutin était organisé, pour une adhésion à l’UEEA ». À en croire M. Dodon, les indices économiques prouvent que la Moldavie a eu tort de signer un accord d’association avec l’Union européenne. « Le président n’a pas le pouvoir d’abolir l’accord avec l’UE. Mais nous pouvons organiser un référendum, afin que les gens s’expriment », a-t-il déclaré au quotidien russe. L’accord d’association UE-Moldavie, signé le 27 juin 2014, est entré en vigueur le 1er juillet 2016.

Au quotidien russe Kommersant, qui lui demandait le 26 octobre dernier s’il se considérait comme un politicien « pro-russe », Igor Dodon avait répondu « viser un partenariat stratégique avec la Russie », tout en soulignant qu’il « ne serai[t] jamais ni anti-européen, ni anti-roumain ». « Je défendrai les intérêts nationaux du pays », avait-il insisté, ajoutant que « ceux qui distinguent les politiciens entre pro-russes, pro-américains, pro-roumains et pro-européens cherchent en réalité à diviser le pays selon un principe géopolitique. »

Dans cette même interview à Kommersant, Igor Dodon avait en outre affirmé que la Crimée appartenait « de facto » à la Russie. « Le monde entier le sait, avait-il déclaré. Juridiquement, tout cela n’est pas encore fixé, de très nombreux États, la majorité du monde occidental ne l’ont pas reconnu. Mais de facto, disons-le honnêtement, la Crimée appartient à la Russie. » Il avait également appelé les dirigeants moldaves à tirer les leçons des erreurs commises par l’Ukraine afin de ne pas les reproduire. « Si les dirigeants d’un pays se lancent dans la lutte contre les minorités ethniques, il arrive ce qui arrive. Nous ferons tout notre possible pour que cela ne se répète pas en Moldavie », avait-il martelé.

Le président russe Vladimir Poutine a félicité Igor Dodon pour sa victoire lors de l’élection à la présidence de la République de Moldavie, l’a invité à venir en Russie et lui a souhaité du succès dans ses nouvelles responsabilités de chef de l’État.

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