Centre spirituel russe à Paris : des Bretons à l’origine des coupoles

Yann Penfornis est le directeur général de l’entreprise bretonne Multiplast, à l’origine des cinq gigantesques coupoles du Centre spirituel et culturel russe de Paris. Spécialisé dans la confection de coques de bateaux de course, le groupe a relevé le défi technique de réaliser les bulbes en or.

Pose du dôme central en mars 2016. Crédits Bouygues Bat.
Pose du dôme central du Centre spirituel et culturel russe à Paris, en mars 2016. Crédits : Bouygues Bat.
Yann Penfornis.
Yann Penfornis

Le Courrier de Russie : Qu’y a-t-il de commun entre l’architecture navale et les dômes d’une cathédrale orthodoxe ?

Yann Penfornis : Les matériaux composites. Il y a quinze ans, nous avons entamé une diversification et sommes devenus experts dans les pièces en matériaux composites. Aujourd’hui, nous sommes ainsi capables d’assumer les chantiers les plus divers et de fabriquer des pièces aussi bien pour l’aéronautique que pour l’industrie du luxe, et même la défense. Le Centre russe est toutefois notre premier projet de grande envergure dans le génie civil.

LCDR : Comment a-t-on fait appel à vous ?

Y.P. : Les équipes de Multiplast ont été impliquées dès la première proposition de l’architecte espagnol Manuel Nunez Yanowsky, qui comprenait déjà des coupoles. La société Bouygues Construction, maître d’œuvre du projet, nous avait alors proposé de nous charger des structures devant relier les bâtiments entre eux.
Mais les dômes nous intriguaient également. Alors que Bouygues pensait les réaliser de façon traditionnelle, nos équipes ont proposé de les fabriquer en composite. Et l’idée est passée.

LCDR : Quels sont les avantages de ces matériaux dans ce cas précis ?

Y.P. : Les matériaux composites ont l’avantage d’être plus légers : chaque bulbe pèse 8 tonnes au lieu de 42 ! Ils offrent de la précision, de la régularité et surtout la possibilité de dorer les coupoles en atelier plutôt que sur l’édifice au dernier moment.

LCDR : Comment avez-vous procédé, pour la fabrication ?

Y.P. : Dans un premier temps, nous avons construit les cinq dômes dans nos ateliers. Le bulbe central fait douze mètres de haut et onze mètres de diamètre, alors que les quatre bulbes périphériques ont une hauteur et un diamètre identiques, de six mètres. Les 86 000 feuilles d’or – deux kilogrammes en tout – ont ensuite été réalisées à Vannes et apposées une par une par des artisans sur le chantier.

LCDR : Comment les avez-vous transportés ?

Y.P. : Une fois bénis – le 18 janvier 2016, dans les locaux de Multiplast, par l’évêque Nestor de Chersonèse –, les bulbes ont été transportés en hélicoptère, en pièces détachées, jusqu’à Paris. La première coupole a été posée au mois de mars. Les quatre autres ont été placées en août dernier, quelques mois seulement avant l’inauguration. Au total, le chantier aura duré près d’un an et requis sept employés.

LCDR : Que ressentez-vous aujourd’hui, quand vous voyez vos coupoles en plein centre de Paris ?

Y.P. : Nous sommes très heureux d’avoir pu participer à un projet d’une telle ampleur ! Les bateaux de compétition ont une durée de vie de maximum quatre ans, mais ici, nous avons fabriqué quelque chose qui va rester des siècles, et de surcroît en plein centre de la capitale.

En vidéo, la pose du grand dôme de la Cathédrale Sainte-Trinité à Paris

2 commentaires

  1. Vous avez accompli un chef d’oeuvre dans Paris, cette cathédrale est très belle : je suis chrétienne et croyante non pratiquante mais en revanche, je ne suis pas certaine que Jésus apprécierait de voir des croix partout qui lui rappellent le calvaire et les tortures qu’ils a subies.
    J’espère que la France combat aux côtés de la Russie CONTRE les anglo-saxons. J’aime profondément le peuple russe et j’admire sa fermeté et son courage. Honte à mon pays d’être dans la coalition avec les anglo-saxons qui sont l’incarnation du mal par excellence !!!!

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