Arctique : une base nazie dévoile ses secrets

Construite dans le plus grand secret par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, la station Schatzgraber – « Chasseur de trésor » -, en plein cœur de l’Arctique, a été découverte en 1947 par les Soviétiques. Aujourd’hui, les scientifiques russes en analysent les vestiges et en déconstruisent les mythes.

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Les restes de la base nazie sur la Terre d’Alexandra. Crédits : rus-arc.ru

« On dit que la base était un atelier de réparation de sous-marins », « Les nazis l’auraient occupée pendant des dizaines d’années », « Il paraît qu’ils cherchaient un trésor »… : de nombreuses rumeurs circulent autour de ce site militaire allemand découvert lors d’une expédition soviétique, en 1947, sur l’île de la Terre d’Alexandra, dans le Nord russe.

En cause ? Le silence officiel maintenu autour de cette découverte depuis près de 70 ans. Et le mythe aurait pu durer encore longtemps sans les chercheurs du parc national Arctique russe, qui y ont coupé court, le 25 octobre, en dévoilant les résultats de recherches entamées il y a deux ans.

Au cours d’une expédition organisée en août dernier, les chercheurs du parc ont retrouvé pas moins de 500 objets sur le territoire de la base, remarquablement conservés dans ces conditions de grand froid et d’absence de micro-organismes.

Une base armée jusqu’aux dents

Les scientifiques ont notamment déniché des équipements militaires, parmi lesquels des morceaux d’uniformes de soldats de la Kriegsmarine et de la Wehrmacht : fragments de vestes, gants, chaussettes, chaussures, etc.

On y a également retrouvé une importante quantité d’armes de guerre, telles des mines antipersonnel, des débris de grenades, de nombreuses munitions et cartouches pour mitrailleuses et autres fusils. « Tout porte à croire que le site était à l’époque encerclé de champs de mines, qui ont été désamorcées par les Soviétiques à la fin des années 1940 », a expliqué au Courrier de Russie Irina Skalina, chercheuse du parc national Arctique russe.

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Étui et munitions découverts sur le site de la base nazie. Crédits : rus-arc.ru

Les scientifiques ont enfin recueilli des restes de livres, notamment de manuels de météorologie, de tables astronomiques et de cahiers recensant des données météorologiques, mais aussi de romans, comme Les aventures de Tom Sawyer. Certains ouvrages portaient le tampon de la bibliothèque de la Kriegsmarine, indique Irina Skalina.

Pas de trace de trésor caché, donc, ni d’usine de sous-marins : en revanche, des signes attestant l’existence d’une station météorologique secrète, habitée par des spécialistes armés jusqu’aux dents. « Installés sur un territoire qui ne leur appartenait pas, les Allemands, s’ils avaient été découverts, se seraient fait bombarder par les Soviétiques », poursuit la chercheuse.

Un point géostratégique

On sait aujourd’hui que la station a été construite en 1942 par les nazis. De septembre 1943 à juillet 1944, les météorologues allemands ont ainsi transmis pas moins de 700 bulletins météo à la Kriegsmarine et à la Wehrmacht afin de guider les missions effectuées sur le territoire de l’URSS.

Tout au long de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands tentaient en effet d’intercepter les convois de ravitaillement lancés depuis les États-Unis et l’Europe vers les ports d’Arkhangelsk et Mourmansk, par l’océan Arctique. « Les conditions climatiques étant très changeantes dans la région, ces informations en provenance de la station météo étaient essentielles pour la flotte et l’aviation allemandes », souligne Irina Skalina.

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Terre d’Alexandra, dans l’archipel François-Joseph.

L’armée allemande a toutefois été contrainte d’abandonner le site en juin 1944, après que le contingent qui y était déployé a été frappé par la trichinose, une épidémie attribuée à la consommation de viande d’ours polaire crue. Les scientifiques du parc national russe pensent aujourd’hui que certains membres de l’équipe sont morts sur place, tandis que les survivants ont été évacués en hydravion dans le cadre d’une mission spéciale de sauvetage. L’équipement le plus précieux aurait été récupéré un peu plus tard, par un sous-marin allemand.

« Cette station météo était une structure complexe », précise le chercheur responsable du parc Arctique, Evgueni Ermolov. Les scientifiques russes sont peu à peu en mesure d’établir une description complète de la base avec tous ses sites : les bâtiments d’habitation, la station météo elle-même, le réseau de fortifications, l’aérodrome temporaire qui a servi à évacuer le contingent en juillet 1944, etc.

L’île de la Terre Alexandra, située dans l’archipel François-Joseph, a aujourd’hui le statut de réserve naturelle au sein du parc national de l’Arctique russe. Le seul endroit habité de l’archipel est la localité de Nagourskoïe, qui abrite une base du service frontalier des services spéciaux russes (FSB) et l’aéroport le plus septentrional de Russie.

3 commentaires

  1. Pauvres ours polaires, abattus, mangés par des nazis affamés, presque congelés .Ils ont trouvé dans l’Arctique russe ce qu’ils étaient venus chercher, l’aventure, l’expansionnisme vital,la supériorité pour mille ans de la race supérieure,la seule sans doute capable de peupler le monde et de se développer harmonieusement pour des millénaires.Pauvres tarés, débiles barbares, ils ont trouvé à qui parler, la rigueur extrême d’un climat fait pour des hommes durs, des vrais ceux là ,capables d’affronter blizzard, températures de moins 50 , 60 degrés et plus, conditions de vie pour des êtres aptes à chasser, vivre dans des conditions épouvantables, avec des moyens qui nous semblent aujourd’hui bien dérisoires.Je parle ici des esquimaux et autres populations autochtones, qui tendent à se sédentariser.Et ils ont trouvé sur leur route un peuple debout,d’un courage exceptionnel, qui, malgré les atrocités, la plus extrême barbarie, le dénuement a trouvé les ressources pour lutter et vaincre l’armée nazie, et il a fallu payer pour les crimes commis,la sauvagerie, mais on aurait tendance à oublier ce passé récent, les massacres de masse,les dictatures sans nom, et autres « bouffons » paradant, gras et imbus de leur petite personne.Méfiance, l’histoire est un éternel recommencement.

  2. L’histoire est un eternel recommencement. Maintenant Poutine se prend pour Hitler, declenchant des conflits armes, annexant des territoires. Mais il a trouve sur son chemin, un peuple debout, d’un courage exceptionnel qui se battra jusqu’au bout pour defendre ses frontieres et ses valeurs! Vive l’Ukraine!

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