La Russie exclue des Jeux paralympiques de Rio : réactions

Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a confirmé, mardi 23 août, la décision du Comité international paralympique (CIP) d’exclure tous les sportifs russes des Jeux paralympiques qui auront lieu du 7 au 18 septembre à Rio. Une mesure qui a à la fois surpris et fâché en Russie.

L'équipe russe paralympique. Crédits : www.paralymp.ru.
L’équipe russe paralympique. Crédits : www.paralymp.ru.

Le TAS vient de rejeter l’appel déposé le 15 août dernier par le Comité paralympique russe contre la suspension du pays par le Comité international paralympique (CIP), suite au scandale autour du dopage des athlètes russes.

Le président du CIP, Philip Craven, avait alors justifié cette décision ainsi : « Nous nous sommes demandé si la Russie pouvait respecter ses obligations vis-à-vis du code mondial antidopage. Et nous avons conclu qu’elle ne remplissait pas les critères exigés. »

M. Craven avait également fait état d’échantillons suspects concernant 44 sportifs paralympiques russes lors des JO de Sotchi en 2014.

« Une femmelette »

Le ministre russe des sports, Vitali Moutko, a sur-le-champ dénoncé une décision «  plus politique que juridique », jugeant qu’il n’y avait « aucune raison » justifiant le rejet de cet appel. Le ministre avait déjà qualifié d’ « inhumaine » la première décision du Comité international paralympique, le 7 août dernier.

De son côté, Lev Seleznev, membre du comité exécutif du Comité paralympique russe, a sévèrement critiqué le président du CIP. « Thomas Bach [le président du CIO, ndlr] est un homme, mais Philip Craven est une femmelette », a-t-il asséné.

Le président du CIO s’était en effet montré plus clément envers les athlètes russes aux Jeux olympiques de Rio, avec sa décision de ne pas exclure les Russes en bloc et de laisser le choix d’une telle mesure à chaque fédération sportive internationale. C’est un tiers de la délégation russe – 113 sportifs au total – qui a finalement été privé de Jeux.

22 / 86

Vladimir Osipov, commentateur sportif russe pour Kommersant FM, ne s’attendait pas non plus à cette décision du TAS. « Nous pensions que le tribunal serait toujours de notre côté », a admis le commentateur. En effet, à l’issue de la polémique autour de la participation des équipes russes à Rio, le Tribunal arbitral des sports avait fini par annuler l’exclusion des sportifs suspendus pour dopage dans le passé. La nageuse Ioulia Efimova, sur la touche pendant un an et demi en 2014 pour dopage, a notamment été autorisée à concourir.

Cependant, a poursuivi le journaliste, les rapports de l’Agence mondiale antidopage pour 2013 et 2014 sont accablants, faisant état de 22 violations des règles antidopage par les sportifs paralympiques russes, sur un total de 86 infractions dans le monde.

« Si seules quatre violations sur 22 ont été épinglées,  les rapports indiquent que de nombreux échantillons ont été perdus », a précisé Vladimir Osipov. Le commentateur a ainsi conclu qu’il comprenait la décision du TAS, qui « au vu des statistiques », a finalement décidé de suspendre les sportifs paralympiques russes.

L'équipe russe aux Jeux paralympiques de Rio de Janeiro. Crédits : www.paralymp.ru
L’équipe russe aux Jeux paralympiques de Londres en 2012. Crédits : www.paralymp.ru

Des Jeux russes

Pour autant, le Comité paralympique russe ne s’avoue pas vaincu. Mikhaïl Terentiev, membre du comité exécutif de l’organisation, a promis qu’il continuerait à se battre pour les droits des sportifs exclus. « Les juristes étudient actuellement point par point les arguments du Tribunal d’arbitrage et mettent au point une stratégie pour défendre nos athlètes », a-t-il indiqué.

Vladimir Loukine, le président du Comité, a pour sa part annoncé que les athlètes russes allaient saisir la Cour européenne des droits de l’homme à titre individuel.

Alors que le sort des sportifs russes aux Jeux paralympiques de Rio semble scellé, le président de la Chambre civile de la Fédération de Russie, Alexandre Bretchalov, a d’ores et déjà proposé d’organiser des jeux alternatifs en Russie. « Je souhaite sincèrement beaucoup de courage à nos sportifs paralympiques dans une telle situation, et je propose d’organiser en Russie, du 7 au 18 septembre, des Jeux paralympiques pour les plus forts d’entre eux », a-t-il déclaré, mardi 23 août.

Le président du Comité paralympique biélorusse, Oleg Chepel, qui avait d’abord annoncé que la délégation biélorusse porterait le drapeau russe lors de la cérémonie d’ouverture, s’est finalement rétracté, précisant que seuls quelques représentants de la délégation, dont lui-même, le porteraient dans les loges officielles, en plus du leur. « Nos pays ont beaucoup en commun, notamment les deux champions paralympiques biélorusses qui concourent aujourd’hui pour la Russie, a-t-il déclaré. Pourquoi devrais-je leur tourner le dos ? J’agis en tant que président du Comité paralympique biélorusse mais aussi en tant que sportif. »

Le scandale du dopage en Russie remonte à fin 2014. Une série de documentaires allemands avaient alors dénoncé un vaste système de dopage organisé et couvert au niveau de l’État russe. Interpellée, l’Agence mondiale antidopage avait enquêté sur le sujet et publié, dès novembre 2015, plusieurs rapports dénonçant effectivement un système de dopage organisé impliquant des officiels russes au plus haut niveau.

1 commentaire

  1. Racisme et stigmatisation anti Russe de la part des Occidentaux Anglo Saxons: tout ce qui est Russe, donc indépendant d’eux, ne leur plait pas; Les Russes et le Président Poutine vivent ce que le Général De Gaulle a vécu de l’administration de Roosevelt de 1941 à 1945, puis ensuite de 1960 à 1969; Si le Président Poutine allait soumettre les plans Russes à Washington et si le Président Poutine n’agissait que suivant les instructions des Anglos, alors la Russie, vassale, serait admise partout et bien notée dans les médias, occidentales; Mieux vaut se passer de sports que de perdre son Honneur et son Ame

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