[VIDEO] Conférence de Yann Rousseau sur les relations russo-japonaises

Mardi 17 mai, Yann Rousseau, correspondant du quotidien français Les Échos à Tokyo, a donné, dans le cadre des Mardis, une conférence sur le thème « Vieille dispute des Kouriles vs. Nouvelles amours de Poutine et Abe ».

La version audio

Correspondant du quotidien français Les Échos à Tokyo depuis 2010, Yann Rousseau couvre l’actualité économique, politique et sociale du Japon et de la Corée du Sud. Il a notamment traité la catastrophe de Fukushima, les différends territoriaux sino-japonais, l’expérience des Abenomics ou encore le sacre de Samsung dans l’électronique mondiale. Arrivé en Asie en 1997, à l’âge de 24 ans, il a auparavant été en poste en Chine pendant près de six ans, ainsi qu’au Vietnam et au Cambodge. Avant d’intégrer Les Echos, il a travaillé en France pour le quotidien Le Monde et collaboré à différents médias audiovisuels. Il vit à Tokyo avec son épouse et leurs trois enfants.

Mikhaïl Gorbatchev avait raison. Il y a plus de 30 ans, il se plaignait du « vieux disque rayé » que les diplomates japonais faisaient tourner en boucle à chacun de leurs échanges avec leurs homologues russes. En 2015, la mélodie est toujours la même à Tokyo. Les autorités nippones restent obsédées par la question des îles Kouriles méridionales, dont elles revendiquent la souveraineté, et qui restent appelées, dans toutes les communications, « nos territoires du Nord ». Englués dans ce différend, les deux pays n’ont jamais réussi à signer de traité de paix formel après la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, les deux capitales sont conscientes du puissant intérêt stratégique mutuel qu’elles auraient à réchauffer leurs relations et tisser de nouveaux liens. Vladimir Poutine a activé son propre « pivot » vers l’Asie, et courtise aujourd’hui toutes les grandes capitales de la région – dont Tokyo, où il pourrait écouler de gigantesques volumes de gaz naturel. Totalement dépourvu de ressources énergétiques naturelles et premier importateur mondial de GNL, le Japon, désireux de trouver une source d’approvisionnement proche et de briser sa dépendance aux importations du Moyen-Orient, toujours risquées, achète déjà 10 % de son gaz à la Russie et serait favorable à une poussée de ces commandes chez son voisin. Vladimir Poutine et Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, qui semblent avoir noué depuis 2013 une véritable relation personnelle, partagent surtout une méfiance commune à l’encontre de la Chine, qui s’est imposée, depuis les années 2000, au centre du jeu diplomatique régional et rogne sur leurs sphères d’influence respectives. Parviendront-ils à mettre de côté la vieille brouille pour construire un authentique rapport de confiance ?

Pour aller plus loin

Interview de Yann Rousseau à lire ici.

Programme des Mardis à retrouver ici.

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