Vu de Russie : le nouveau président autrichien Alexander Van der Bellen a des origines russes

Alexander Van der Bellen, 72 ans, élu président de l’Autriche le 22 mai, a des origines russes. Son grand-père a été gouverneur de la région de Pskov en 1917, a déclaré à l’agence TASS le directeur des archives de la région de Pskov, Valeri Kouzmine. Une occasion parfaite pour sortir du placard de vieux dossiers sur le nouveau chef d’Etat autrichien.

Alexander Van der Bellen. Crédits : Franz Johann Morgenbesser/Wikimedia
Alexander Van der Bellen. Crédits : Franz Johann Morgenbesser/Wikimedia

« Nos documents attestent qu’Alexander Van der Bellen est le petit-fils du chef de la région de Pskov, un Alexander Van der Bellen lui aussi, désigné en 1917 par le gouvernement provisoire de Russie », a précisé Valeri Kouzmine.

L’ancêtre des Van der Bellen, un vitrier hollandais, s’était installé dans la région de Pskov en 1763.

De 1913 à 1917, l’aïeul du nouveau président autrichien, né en 1859, avait présidé l’assemblée de Pskov, puis gouverné la région de mars à juillet 1917, avant d’être démis de ses fonctions. « Nous avons des dizaines de documents concernant la vie et l’activité de la famille Van der Bellen dans la région de Pskov, assure le directeur des archives. Il s’agit de procès-verbaux de réunions des assemblées, de papiers d’assurance et de certificats de naissance. »

Le journal allemand Die Zeit précise, à l’issue d’une enquête, que les Van der Bellen sont restés à Pskov jusqu’en 1919, date à laquelle le père, son épouse et leurs trois fils se sont installés en Estonie, suivis par leurs deux filles, Irina et Nathalie, en 1922. Ces dernières ont connu un sort tragique : Irina a été tuée par son amant à Tallinn, en 1928, et Nathalie est morte à Vienne, en 1946, après avoir été internée en hôpital psychiatrique.

Alexander, le père du président autrichien nouvellement élu, s’est bien intégré dans la société estonienne. Né en 1889, il étudie l’économie à l’université de Tartu, puis travaille à la British Overseas Bank de Tallinn. Il se fait naturaliser estonien en 1934. En 1940, l’Armée rouge entre à Tallinn. L’Estonie devient une république soviétique, et Alexander Van der Bellen commence à préparer son départ. En 1941, il prend le train pour la Prusse orientale, accompagné de son épouse, Alma, de sa fille, Viviane-Diana, de sa mère, Adèle, et de sa sœur Nathalie. Son frère, Konstantin, décide de rester pour des raisons personnelles. La séparation sera définitive. Konstantin a continué de travailler comme médecin à Tallinn, sans jamais être inquiété par les autorités soviétiques. Sa fille, Irina, confie que Konstantin a toujours gardé sous son bureau une valise avec le strict nécessaire à emporter dans le cas d’une arrestation immédiate.

Du camp de réfugiés où ils étaient arrivés près de Wurtzbourg, en Bavière, la famille d’Alexander van der Bellen rejoint finalement Vienne. Alexander trouve un poste au sein d’une société de commerce extérieur. C’est dans cette ville que naîtra, le 18 janvier 1944, le nouveau président autrichien. Ce dernier n’apprendra jamais le russe, qui est pourtant la langue maternelle de ses deux parents. « Mon père et ma mère voulaient éviter tout indice qui aurait pu nous désigner comme des réfugiés », confiera-t-il plus tard.

Dans une interview à la chaîne télévisée autrichienne ORF en date du 10 avril dernier, Alexander van der Bellen a déclaré que la Russie devait effectivement être sanctionnée pour « ce qui se passe en ce moment à l’Est de l’Ukraine », avant d’ajouter toutefois que « la situation en Crimée n’[était] pas aussi simple qu’on pourrait le croire », et qu’il était prêt à faire une conférence sur les raisons qui ont poussé la Russie à agir de la sorte avec la péninsule.

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