Vu de Russie : Qui peut aider la Belgique à arrêter les barbares ?

Le chercheur russe Boris Knorre, spécialiste des religions et maître de conférence à l’École des hautes études en sciences économiques de Moscou, fait en ce moment un stage à Bruxelles, en Belgique. Dans un billet pour Lenta.ru, il partage ses impressions sur la capitale européenne au lendemain des attentats du 22 mars.

Forces de police belges. Crédits : Wikimedia
Forces de police de Belgique. Crédits : Wikimedia

Trois jours avant les attentats, les forces de l’ordre ont annoncé des risques accrus à Bruxelles. Les organisateurs présumés du massacre de Paris ont été arrêtés, le quartier de Molenbeek encerclé et ses habitants sommés de ne pas quitter leurs domiciles. Mais cette opération antiterroriste n’a semblé effrayer personne. Après la capture de Salah Abdeslam, les policiers ont renforcé les patrouilles de rue, accompagnés de militaires armés ; ce qui n’a pas le moins du monde vidé Bruxelles de ses foules de promeneurs, citadins et touristes.

Il paraît vraiment difficile d’inculquer ici un sentiment de danger, surtout quand on voit des policiers parader sur des monocycles… Les gardiens de la paix deviennent ici un élément de décoration urbaine et de carnaval. On s’habitue à ne pas avoir ses papiers sur soi, parce que l’on sait que personne ne vous demandera de les présenter. Dans les commissariats – si par hasard vous vous y retrouvez, par exemple pour régler une affaire de déclaration de séjour –, on vous offre immanquablement un thé.

Nulle part ailleurs qu’en Belgique on ne ressent de façon si aiguë la fameuse ouverture proprement européenne, jusqu’aux fenêtres qui n’ont pas de rideau, même au rez-de-chaussée. On ne croise de gardien à l’entrée de pratiquement aucun lieu public, ce qui frappe particulièrement les citoyens russes.

La célèbre tolérance maison ne s’exprime pas seulement dans la cordialité avec laquelle sont traités les ressortissants d’Asie et d’Afrique. À l’université où je fais mon stage, il y a quelques jours, j’ai vu une souris. Un étudiant l’a attrapée à l’aide d’une pelle et d’un balai, puis précautionneusement emportée dehors pour la libérer… Évidemment, la souris est revenue très rapidement.

On ne peut pas dire, pourtant, que les Belges soient si peu conflictuels qu’ils aient oublié ce qu’est la guerre. En se promenant dans les rues de Bruxelles, on croise à tout bout de champ la formule Morts pour la Patrie. Certes, cette politique de mémoire incite plutôt à ne pas laisser advenir d’autres souffrances qu’elle n’inspire à la société le désir d’accomplir de nouveaux exploits guerriers, mais c’est une autre question.

On est contraint de se demander si les Européens auront assez de force et de sagesse pour se défendre face à la nouvelle barbarie sans renoncer pour autant à une liberté et une ouverture si difficilement acquises. Combien de temps encore l’Europe pourra-t-elle préserver sa culture de la porte ouverte ? Beaucoup de Bruxellois cherchent déjà à passer de moins en moins de temps au travail, voire à ne même pas sortir de chez eux. Dans les petites villes, les chauffeurs de bus regardent les passagers qui entrent avec crainte et méfiance. Et le pays ne manque pas de forces prêtes à ériger cette méfiance en bouclier.

Jeudi dernier, quand la police a attrapé Abdeslam et ses compagnons, des hélicoptères patrouillaient le ciel belge ; ce que, de ma vie, il ne m’avait jamais été donné de voir. Mais ces mesures de précaution, en réalité, n’étaient absolument pas motivées par l’opération policière antiterroriste. Ce jour-là, le mouvement politique flamand d’extrême-droite Nationalistische Studentenvereniging organisait une action, à laquelle devaient participer le nationaliste hongrois Laszlo Toroczkai ainsi que des membres du mouvement italien Blocco Studentesco, qui se baptisent eux-mêmes les « fascistes du Troisième millénaire ». Plus les attentats terroristes se multiplient en Europe, plus souvent la droite y descend dans la rue. Et la confrontation avec les partisans du maintien de la politique du multiculturalisme est lourde de menaces de violence. Les autorités des villes doivent donc prendre des mesures de précaution qui ne sont pas moins importantes que celles prévues en cas de menace terroriste accrue ou lors de matchs de football à forte résonance.

Pourtant, la montée du nationalisme en Belgique est fortement freinée par l’Église catholique. À la différence de quelques-unes de ses « sœurs » ou de certaines autres confessions, cette dernière ne véhicule en aucune façon des idées radicales. Le Vatican, prenant le parti de l’universalisme, constitue une force de soutien extrêmement sérieuse au multiculturalisme. On trouve parmi les prêtres catholiques de nombreux Africains, Indiens, Philippins, Marocains et ressortissants du Proche-Orient. Les Européens n’y sont nullement majoritaires. Le catholicisme demeure fidèle à ses positions universalistes, continuant de rassembler, par le biais de l’Église, les différentes nations. Ce n’est pas un hasard si l’actuel président du Conseil européen, tout comme son prédécesseur, sont de confession catholique. Et peut-être sera-t-il difficile, aujourd’hui comme il y a mille ans, de trouver une autre force capable de défendre l’Ancien Monde de la barbarie contemporaine, quelle que soit sa forme.

4 commentaires

  1. Qui peut aider la Belgique ? Mais la Belgique elle-même ! Un état croupion qui s’est prêté, voire a devancé toutes les idées destructrices de la construction de l’Union Européenne sous la pression américaine.

  2. Wow… cette personne n’a définitivement pas l’air d’habiter à Bruxelles 🙂
    Contrairement à ce qu’il dit, les rues étaient, et sont toujours, bien moins pleines après qu’avant les attentats. Il suffit de s’y promener pour le constater. En cas de doute, demandez aux commercants, cafetiers et restaurateurs du centre. La réponse ne laisse aucun doute.
    Quant au thé dans les commissariats. Il a oublié de préciser que les policiers offraient aussi systématiquement un p’tit joint maison et un bon gros rail de coke.

    Et pour les fenêtres qui n’ont pas de rideau. Il s’agit de quelque chose de culturellement flamand. Les gens de regardent simplement pas à l’intérieur car c’est impoli. Les russes ne sourient jamais, c’est la mm chose. Il ne viendra jamais à l’idée d’un belge ou d’un néerlandais de s’arrêter pour regarder ce qui se passe chez vous. Respect de la vie privée, et manque d’habitude de la délation durant la période soviétique sans doute.

    Bref, article douteux, tant par le manque de qualité des informations fournies que par la piètre compréhension du pays et les conclusions pour le moins douteuses

  3. Je suis français, j’ai vécu à Moscou et vis à Bruxelles depuis une dizaine d’années. Je parle français et comprend le néerlandais. Autant dire que je connais bien cette ville, avec ces qualités et ces défauts aussi.
    Quoiqu’il en soit, cet article fabrique de toutes pièces de nombreux « faits » et c’est une simple fiction , pas du journalisme.
    La vérité est qu’on ne vous offira jamais un thé dans un commissariat bruxellois, tout au plus une bière. Vous ne verrez pas non plus de policiers sur des monocycles.

    Ce monsieur est un fourbe menteur qui ne connais pas son sujet.
    C’est donc une diatribe douteuse et nauséabonde que vous relayez.

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