Les attentats de Bruxelles vus de Russie

Une série d’attentats à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem et dans le métro bruxellois ont fait mardi 22 mars au moins 26 morts et une centaine de blessés, selon différentes sources. Maxim Yousin, journaliste politique du quotidien Kommersant, commente les explosions survenues dans l’aéroport de la capitale belge.

Une double déflagration s’est produite vers 8 heures, dans le grand hall des départs de l’aéroport de Zaventem. Un bilan provisoire fait été de 11 morts et 81 blessés. Crédits : RTBF
Une double déflagration s’est produite vers 8 heures, dans le grand hall des départs de l’aéroport de Zaventem. Un bilan provisoire fait état de 11 morts et 81 blessés. Crédits : RTBF

En déclenchant des explosions dans l’aéroport et le métro bruxellois, les terroristes islamiques envoient simultanément plusieurs messages à la communauté internationale.

Premier message. Vous n’êtes pas en mesure de nous vaincre ni de nous décapiter. Il y a quelques jours à peine, les services spéciaux belges ont réussi à arrêter Salah Abdeslam, l’organisateur des attentats qui ont touché Paris en novembre dernier – l’homme en qui l’Europe voit le symbole de la nouvelle vague terroriste. On pensait les djihadistes neutralisés pour quelque temps, on pensait qu’ils ne se relèveraient pas aussitôt d’une telle frappe. Hélas, il n’en est rien. Un attentat provocateur vient d’être organisé justement à Bruxelles. Autrement dit, la cellule terroriste démantelée est loin d’être la seule existante. Autrement dit, d’autres sont actives. Autrement dit, de nouvelles attaques auront lieu.

Deuxième message. Les terroristes veulent montrer aux Européens que toutes les mesures de sécurité prises par les autorités sont inefficaces, que les « soldats du djihad » sont plus forts, qu’ils maîtrisent complètement la situation et qu’ils ont toujours au moins un coup d’avance sur les services spéciaux. Après l’arrestation de Salah Abdeslam à Molenbeek, il est devenu évident que le pays applique des mesures de sécurité renforcées. Mais celles-ci n’ont servi à rien. Autrement dit, rien ni personne ne servira à quoi que ce soit. On peut vous tuer à tout moment – à l’aéroport, à la gare, au café, au théâtre, à un match de foot, etc. Vous vous êtes lancés dans une guerre dont vous ne pouvez pas sortir vainqueurs. Nous vous battrons de toute façon. Parce que, contrairement à nous, vous avez peur de la mort. Voilà ce que les terroristes veulent faire comprendre aux Européens.

Troisième message. Les victoires remportées ces derniers mois en Syrie et en Irak par les forces internationales dans la guerre contre l’État islamique ne nuisent aucunement à l’attrait du djihad mondial ni à l’état des groupements actifs en Europe. Ces derniers ont suffisamment de forces, de ressources, d’argent et de détermination pour poursuivre leur combat.

Plus tard dans la matinée, une autre explosion a eu lieu dans la station de métro Maelbeek, proche du Parlement européen, faisant 15 morts et 55 blessés, selon un premier bilan.

Face à cela, quelle peut être la réaction de l’Europe et de l’ensemble du monde civilisé, y compris la Russie ? La seule réaction possible est de vivre comme avant, de ne pas se laisser abattre, de continuer à prendre l’avion, d’aller au restaurant et d’assister aux matchs de football. Parce que l’unique alternative serait une capitulation sans condition devant ces fanatiques moyenâgeux qui ne feront qu’imposer de nouvelles exigences et ne s’arrêteront jamais.

Nous ne pouvons pas capituler et nous ne le ferons pas. Nous nous habituerons à ce nouveau monde – un monde où le terrorisme est une réalité quotidienne. Non seulement dans les points chauds mais partout. Même dans les pays qui, comme la Belgique, semblaient être des coins tranquilles où, par définition, rien de grave ne pouvait arriver. Il n’y a plus de coins tranquilles dans le monde.

Pour autant, ce n’est pas une raison pour céder à la panique ni pour déposer les armes. Notre ennemi est puissant, impitoyable et dénué de principes. Mais il ne remportera pas cette guerre.

Vladimir Poutine a pris part dans la mise à feu du lanceur "Angara-5" du cosmodrome Plisetsk par la video-conférence, décembre 2014. Crédit : kremlin.ru

Vladimir Poutine : « Un crime barbare »

« Le président russe Vladimir Poutine condamne ce crime barbare qui n’a aucune justification et qui prouve une fois de plus que le terrorisme n’a pas de frontières et menace tous les pays du monde », peut-on lire dans un communiqué publié mardi 22 mars sur le site du Kremlin. Vladimir Poutine a souligné qu’une coopération internationale active est nécessaire pour lutter contre « ce mal ». Le chef de l’État a également fait part de sa conviction que tous les auteurs des explosions « seront punis comme ils le méritent ».

3 commentaires

  1. Mais qui croyait doc qu’une arrestation mettrait fin aux attentats? Ce qui est certain, c’est qu’on attaque en Europe parce que c’est plus facile que de mener la gurre en Syrie ou ailleurs.

  2. le président POUTINE , a entièrement raison pour une coopération internationale active est nécessaire pour lutter contre ce fléau DAECH!!!!, je rajoute personnellement, un contrôle systématique des frontières surtout en Europe !!!!!! depuis des décennies on a laisser pénétrer ces gens rebelles !!!!!! dans toutes les villes européennes et voila le
    résultat, pour les faires quitter toutes ces villes, c’est une aiguille dans une meule de foin!!!!! voila donc les résultats d’une EUROPE MORBIDE!!!!!! maintenant avec l’oncle SAM
    c’est une autre paire de manche qui ce dessine!!!!!

  3. Toute guerre se gagne « à pied »,..les bombardements peuvent affaiblir l’ennemi mais ne détruisent pas ses forces vives. La seule solution sur le terrain est d’y envoyer environ 30.000 hommes venant de France, Russie, d’Alemegne, du Royaume Uni et d’Itale, bien coordonnées (il est vrai que c’est difficile) et éliminer tous ces demeurés barbares qui ne sont même pas musulmans. Ils veulent détruire pour le plaisir,..nous prendrons plaisir à les détruire. Vive Mr Poutine.

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