Syrie : Moscou et Washington d’accord sur un cessez-le-feu « partiel »

Lundi 22 février, les présidents russe et américain Vladimir Poutine et Barack Obama se sont mis d’accord sur une trêve en Syrie à partir du 27 février, alors que les combats font toujours rage près d’Alep.

Vladimir Poutine et Barack Obama lors de leur rencontre en marge de la 70e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Crédits : kremlin.ru
Vladimir Poutine et Barack Obama lors de leur rencontre en marge de la 70e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Crédits : kremlin.ru

« Nos négociateurs ont mené plusieurs rencontres secrètes qui ont permis d’arriver à ce résultat. Le cessez-le-feu prendra effet samedi 27 février à 00:00, heure de Damas, a déclaré Vladimir Poutine, avant de souligner : C’est un vrai pas en avant dans l’arrêt de ce bain de sang. »

La trêve ne concerne toutefois pas les actions menées contre les groupes djihadistes, tels l’État islamique et Jabhat al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, a précisé le président russe.

Les parties prenantes au conflit ont jusqu’à vendredi midi pour faire part de leur adhésion à cette trêve, indique un communiqué conjoint russo-américain. Le document prévoit une cessation des tirs, la fin des prises de territoires détenus par les camps concernés par la trêve, la mise en place de convois humanitaires et la mise en place de négociations sous l’égide de l’ONU. Damas a d’ores et déjà fait savoir qu’elle respecterait le plan proposé par la Russie et les Etats-Unis.

Les présidents américain et russe ont évoqué cet accord lundi, lors d’un contact téléphonique. Barack Obama a insisté sur la nécessité de respecter cet accord pour « soulager les souffrances du peuple syrien » et « se concentrer » sur le combat contre l’EI.

Vladimir Poutine a pour sa part assuré que son pays, allié militaire de Damas, « fera[it] le nécessaire » pour que les autorités syriennes respectent l’interruption des hostilités et espère que les États-Unis « feront la même chose » avec les groupes rebelles.

Cette proposition d’arrêt des combats intervient près de trois semaines après l’échec de négociations de paix inter-syriennes à Genève, et alors qu’une trêve, censée entrer en vigueur vendredi 19 février conformément à un accord parrainé par Moscou et Washington, a été complètement ignorée.

Bachar el-Assad avait alors rejeté les demandes d’arrêt des actions militaires émises par l’opposition syrienne modérée. Le dirigeant avait répété son intention de « combattre jusqu’à la victoire » après une série de succès militaires dans la région d’Alep.

Ce précédent laisse peser des doutes sur les chances réelles de voir s’installer un cessez-le-feu dans la région, dans la mesure où, à première vue, l’accord ne joue pas en faveur de Bachar el-Assad, souligne Guevorg Mirzayan, chercheur en sciences politiques à l’Institut des États-Unis et du Canada de l’Académie des sciences de Russie : « Si la progression de l’armée syrienne continue sur cette lancée, tout l’ouest de la Syrie pourrait revenir à Damas très prochainement. Un cessez-le-feu briserait cette avance et permettrait aux opposants d’Assad de reprendre leurs forces », explique l’expert.

Néanmoins, poursuit Guevorg Mirzayan, le gouvernement syrien peut également tirer son épingle du jeu en ce que la trêve lui permettrait de dégager ses troupes armées combattant l’opposition afin de les envoyer à l’Est, vers les territoires contrôlés par l’État islamique.

« On assiste aujourd’hui à une course à la victoire contre l’EI entre les participants au conflit syrien, tels les Kurdes et les Américains. Le premier qui reprendra Raqqa, la capitale du groupe djihadiste, sera le grand vainqueur », assure le chercheur, soulignant que l’accord de cessez-le-feu garantit à Assad que les territoires conquis récemment ne pourront être repris par l’opposition.

La trêve laissera enfin le temps à Moscou et Washington de trouver un compromis afin d’éviter une attaque directe de la Turquie contre la Syrie, suite à la perte de terrain de l’opposition syrienne – qu’Ankara soutient, selon les Russes – et au renforcement des Kurdes, soutenus par la Russie, au nord du territoire syrien, insiste Ilia Kramnik, expert militaire.

« Un affrontement direct entre Ankara et Damas peut se transformer en une guerre entre la Russie et la Turquie, dont les conséquences seraient imprévisibles. Le cessez-le-feu donnera la possibilité aux principaux acteurs du conflit de rapprocher leurs positions », estime ce dernier.

Depuis début février, les troupes de Damas ont repris au moins 18 villages dans la région d’Alep et progressent en direction de la frontière turque, se rapprochant notamment du fief rebelle de Tall Rifaat. Aidées par Moscou dans les airs, les forces gouvernementales bénéficient, au sol, de l’appui du Hezbollah libanais et de miliciens chiites, sous la supervision de conseillers militaires iraniens.

Source : Figaro
Source : Figaro

2 commentaires

  1. c’est un pas de fait, avec les deux super puissance, car vraiment la SYRIE, c’est vraiment terrible les civils , les enfants il faut un arrêt immédiat des combats!!!!! par contre il faut un laminage de DAECH, avec toute la coalition, compris les troupes Russes avec les américains!!!!!! ils faut en finir avec cette vermine qui contamine le monde!!!!!

    je dit un grand merci a la RUSSIE, vous êtes un grand pays!!!!!

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