Attentat contre l’avion russe en Égypte : la piste turque

L’attentat perpétré le 31 octobre 2015 au-dessus de la péninsule du Sinaï contre un avion de ligne A321 russe pourrait avoir été organisé par le mouvement ultranationaliste turc « Les loups gris », indique, le 1er février, le quotidien russe Kommersant.

Fin décembre 2015, le directeur du FSB, Alexandre Bortnikov, avait annoncé que le service de sécurité russe avait une idée de qui pouvait se trouver derrière l’attentat, sans toutefois nommer personne.

À en croire une source de Kommersant au sein du FSB, il pourrait s’agir du mouvement ultranationaliste turc « Les loups gris », lié à l’État islamique et actif dans plusieurs pays arabes, y compris en Égypte.

Les loups gris sont apparus en Turquie à la fin des années 1960. Le fondateur de l’organisation serait Alparslan Türkeş, chef du parti d’extrême-droite Parti national républicain et paysan, rebaptisé Parti d’action nationaliste en 1969.

L’organisation est responsable de la tuerie du 1er mai 1977, sur la place Taksim, à Istanbul, qui avait fait 42 morts, du massacre de Marash, en 1978, lors duquel près de 100 alévis avaient été tués en une semaine, de la tentative d’assassinat du pape Jean-Paul II, le 13 mai 1981, et d’autres actions à l’impact retentissant.

Selon le renseignement russe, les Loups ont également pris part au conflit tchétchène, en organisant le transfert d’armes dans la république rebelle. Un temps interdite, l’organisation a toutefois repris ses activités en Turquie dans les années 1990.

Par ailleurs, Alparslan Çelik, un des leaders du mouvement, âgé de 32 ans, a revendiqué l’exécution d’un des pilotes de l’avion russe Su-24, qui s’était éjecté de l’appareil après que celui-ci a été abattu sur le territoire syrien par un F-16 turc le 24 novembre.

Bombe artisanale

La piste terroriste est devenue la principale thèse de la catastrophe de l’avion A321 à la mi-novembre 2015, après qu’Alexandre Bortnikov a informé le président Vladimir Poutine de la présence de « traces d’une substance explosive de fabrication étrangère » parmi les effets personnels des passagers, les bagages et les débris de l’avion.

Par la suite, selon Kommersant, les experts ont localisé l’épicentre de l’explosion au fond à droite de la cabine, où une bombe aurait été placée sous un siège, côté hublot. Le déclenchement de celle-ci a entraîné la dislocation de la queue de l’appareil ainsi qu’une dépressurisation explosive de la cabine.

L’État islamique, qui a revendiqué l’attentat, a publié la photo d’une bombe artisanale fabriquée à partir d’une canette de Schweppes de 33cl, contenant entre 250 et 300g de plastic. Selon des sources de Kommersant, il s’agit probablement de C-4, une variété d’explosif conçue aux États-Unis au milieu des années 1960 et actuellement produite dans de nombreux pays du monde.

La bombe aurait été déclenchée à l’aide d’un minuteur par un membre du personnel de l’aéroport de Charm el-Cheikh, par exemple par un des employés qui nettoient la cabine ou distribuent la nourriture. Fin janvier 2016, plusieurs médias russes et étrangers ont annoncé qu’un des suspects avait été identifié et arrêté. Il s’agirait d’un technicien de la compagnie aérienne égyptienne EgyptAir, disparu juste après l’attentat. Toutefois, cette information a été démentie par les autorités égyptiennes et le Comité national russe anti-terroriste.

L’Airbus A321 de la compagnie aérienne russe Metrojet s’est écrasé le 31 octobre dans le Sinaï, alors qu’il effectuait le trajet Charm-el-Cheikh – Saint-Pétersbourg avec 224 personnes à son bord. Tous les passagers et membres d’équipage ont péri dans le crash.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *