[VIDEO] Un voyageur français réalise un film sur le lac Baïkal

Nicolas Pernot, voyageur invétéré, parcourt le monde depuis onze ans, du Tadjikistan à la Mauritanie en passant par le Danemark. Il y a deux ans et demi, il a décidé de poser ses valises sur l’île d’Olkhon, au bord de la plus grande réserve d’eau douce du monde, le lac Baïkal. Après avoir publié deux livres de photographies sur ce lieu que ses habitants surnomment la Grande mer et que lui-même qualifie de « perle de la Sibérie », le voyageur de 33 ans réalise actuellement son premier film documentaire, qui devrait être achevé à l’automne 2017. À l’occasion de la sortie de sa bande-annonce, Le Courrier de Russie a discuté, via Skype, avec le jeune homme, emmitouflé dans son abri par -30°C.

En vidéo, la bande-annonce du film documentaire « Lac Baïkal : Perle de Sibérie » :

Nicolas Pernot
Nicolas Pernot

LCDR : De quoi parlera ton film ?

Nicolas Pernot : C’est encore un peu tôt pour le dire précisément, car il s’agit d’une première expérience et j’apprends tous les jours. Ce film servira principalement à accompagner mes photos et mon récit sur le Baïkal, lors des conférences illustrées que je donne en France. Je tiens à dire que je ne me prétends ni photographe, ni écrivain, ni autre chose encore. Je suis simplement un voyageur. Et en montrant mon travail, je veux faire voyager ceux qui ne voyagent pas et, éventuellement, donner à certains l’envie de venir ici, sur le Baïkal. Quand, à la fin d’une conférence, quelqu’un me demande : « Comment fait-on pour y aller ? », je suis le plus heureux des hommes !

LCDR : Qu’est-ce qui intéresse le plus ton public, généralement ?

N.P. : Le moment clé de la conférence est le plus souvent la fête orthodoxe du Baptême : la Théophanie. Les images de tous ces Russes qui plongent dans l’eau glacée par -40° C impressionnent toujours. Les gens apprécient aussi les étendues glacées du lac, qui prennent des formes improbables pendant les 40 jours au cours desquels la glace se forme, jusqu’au 1er janvier cette année, puis au moment où elle fond, courant mai.

LCDR : Qu’est ce qui t’a amené à t’installer au bord du Baïkal, dans le sud sibérien ?

N.P. : Je voyage depuis onze ans, et toujours d’une seule et même façon : je cherche non à collectionner les destinations mais, au contraire, à m’imprégner de chaque lieu, en m’y installant pour plus ou moins longtemps. Ainsi, j’ai été professeur de français en Lettonie pendant un an, j’ai enseigné l’informatique à des enfants d’expatriés au Tadjikistan pendant un an et demi, puis j’ai fini par arriver sur le Baïkal au terme d’un voyage à bord du Transsibérien, en 2012.

Depuis, je suis ici, chez un ami, Nikita, qui tient une auberge de jeunesse sur l’île d’Olkhon. Je ne paye pas de loyer mais je rends divers services dans la maison en échange.

Outre la beauté époustouflante des paysages et le calme qui règne, bien sûr, j’apprécie particulièrement une chose, ici : un certain équilibre que je trouve entre les locaux, avec qui je m’entends à merveille, et tous les gens de passage, tous ces voyageurs venus d’un peu partout dans le monde, que je croise à l’auberge.

LCDR : Tu vis donc ici depuis deux ans et demi – comment te considèrent les locaux, aujourd’hui ?

N.P. : Pour eux, je suis et je resterai cet étranger qui a décidé d’échanger le confort de sa vie contre les conditions extrêmes de la Sibérie. Les habitants du Baïkal ne réalisent toujours pas à quel point le lieu où ils vivent est exceptionnel. La France et l’Europe les font rêver, et ils se demandent bien ce qui a pu passer par la tête d’un Français pour qu’il veuille acheter une capricieuse UAZ et se balader en voiture sur le lac !

Crédits photographiques : Nicolas Pernot

LCDR : Depuis ton arrivée sur l’île, certaines choses ont-elles changé, pourtant ?

N.P. : Les locaux sont de plus en plus prêts à recevoir les touristes. Il y a deux fois plus de touristes qu’avant, et les infrastructures pour leur hébergement et leur accueil se sont largement développées. Le paysage du village de Khoujir, sur l’île d’Olkhon, a d’ailleurs été modifié par toutes ces nouvelles constructions. Et puis, on a vu des touristes chinois arriver sur l’île, c’est une première.

LCDR : Vois-tu ces changements d’un bon œil ?

N.P. : De manière générale, je suis inquiet pour le Baïkal. Le lac doit faire face à de nombreux problèmes écologiques, notamment liés au traitement des déchets et des eaux usées, à la gestion du tourisme… Mais je constate des améliorations, certains endroits où l’on se contentait de balancer les déchets ont par exemple été nettoyés.

LCDR : N’as-tu pas le sentiment d’avoir « fait le tour » du Baïkal ?

N.P. : J’ai eu ce sentiment après avoir publié mon livre de photos Le Lac Baïkal : au cœur de la Sibérie, mais ce projet de film m’a donné une raison de revenir. Et aujourd’hui, je réalise qu’il reste énormément d’endroits autour du lac que je ne connais pas.

Pourtant, je ne pense pas m’établir définitivement ici. Je prévois de me rendre ensuite en Géorgie. Mais je sais déjà que ce ne sera pas évident de quitter l’île. À chaque fois que je laisse Olkhon, c’est un déchirement.

Pour aller plus loin : le site de Nicolas Pernot ici

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *