Macron à Moscou pour rafraîchir les relations franco-russes

Le ministre français de l’économie Emmanuel Macron était en déplacement à Moscou, dimanche 24 et lundi 25 janvier. Une visite express au cours de laquelle le ministre est parvenu à charmer l’ensemble de la communauté d’affaires, des Russes aux Français, en passant par les Innovateurs.

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Emmanuel Macron a d’emblée annoncé que l’objectif de la France était de lever les sanctions contre la Russie d’ici l’été 2016. Crédits : Manon Masset/LCDR

Le séducteur

Même si Emmanuel Macron est le quatrième ministre français à se rendre à Moscou au cours des trois derniers mois, la visite du patron de Bercy dans un pays sous sanctions et en pleine crise économique était particulièrement symbolique.

Ainsi, à peine avait-il posé le pied sur le sol russe – pour la première fois de sa vie – qu’Emmanuel Macron a su trouver les mots pour réconforter la communauté d’affaires française en Russie, rassemblée en nombre dans l’ambassade de France à Moscou.

« L’objectif que nous partageons toutes et tous, c’est de pouvoir lever les sanctions à l’été prochain, parce que le processus de Minsk aura été respecté », a lancé le ministre, évoquant les accords signés début 2015 dans la capitale biélorusse, qui visent à mettre fin au conflit dans l’Est de l’Ukraine, sous la médiation conjointe de Paris et de Berlin.

Le business man

La communauté française dans la poche, le ministre s’est attaqué dès le lendemain aux hommes d’affaires russes, à l’occasion de la 21e session plénière du Conseil économique, financier, industriel et commercial franco-russe (CEFIC), qui ne s’était plus réuni depuis deux ans à cause de la crise ukrainienne.

Au diable les différends politiques : ici, c’est la logique économique qui prime. Car alors que la Russie représentait le troisième marché d’exportation pour l’Hexagone jusqu’à l’introduction des sanctions, les échanges entre les deux pays ont diminué de 30 % en 2015. « L’objectif, aujourd’hui, est de ne pas perdre le fil (…), quel que soit le contexte », a insisté Emmanuel Macron.

Face à son homologue russe, Alexeï Oulioukaïev, le patron de Bercy a ainsi tenu à rappeler qu’indépendamment du contexte géopolitique, « il existe entre la Russie et la France une relation historique », ajoutant que les deux parties devaient continuer à travailler « avec réalisme et pragmatisme ».

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Les chefs d’entreprises russes impliqués en France ont partagé leurs succès et leurs difficultés avec le ministre. Crédits : Manon Masset/LCDR

De son côté, le ministre russe de l’économie a précisé, après la réunion, qu’il n’avait pas abordé directement le thème des sanctions avec Emmanuel Macron, relevant toutefois « avec satisfaction » que « ces derniers temps, les représentants de la France se sont exprimés plusieurs fois de façon positive » au sujet de ces mesures restrictives.

« Nous sommes tous fatigués de l’évolution négative des événements, des sanctions et des contre-sanctions, a poursuivi M. Oulioukaïev. Nous devons agir dans l’intérêt des milieux d’affaires français et russes, qui ont connu assez de difficultés. »

À l’issue de la session plénière, les deux parties ont signé une série de contrats dans les secteurs de l’aéronautique et de l’énergie. Airbus et Safran ont notamment étendu leur coopération avec la société UWCA pour la construction en Russie d’un nouvel hélicoptère destiné aux services médicaux d’urgence. La Fondation russe pour les investissements directs et la Caisse française des dépôts et consignations (CDC) ont signé quant à elles un accord pour la création d’un nouveau fonds franco-russe, dédié au financement de projets communs de développement des PME.

Les deux ministres de l’économie, enfin, ont annoncé avoir trouvé une solution pour que certaines banques françaises puissent, sans tomber sous le coup des sanctions américaines, recommencer à financer les projets internationaux des entreprises russes. Cela concerne en premier lieu l’énorme projet gazier Yamal LNG [estimé à 27 milliards de dollars, ndlr], piloté par le groupe russe Novatek, sous le coup des sanctions économiques, en partenariat avec le pétrolier français Total.

Après le déjeuner, le ministre français a rencontré une trentaine de chefs d’entreprises russes impliqués en France. À l’issue d’un bref état des lieux global de la situation économique dans l’Hexagone, le ministre a laissé la parole aux directeurs russes, qui lui ont fait part de leurs succès, mais aussi de leurs difficultés. Le groupe Kidzania, qui vient d’ouvrir son 21e parc à thème à Moscou et prévoit d’investir en France dans les années à venir, a notamment exprimé ses inquiétudes quant au coût du travail élevé et au poids des syndicats en France. Des « problèmes » sur lesquels le ministre socialiste a assuré « travailler » pour faciliter la vie des entrepreneurs, rappelant qu’à ce niveau, « la France faisait mieux que ses voisins européens ».

M. Startup

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Emmanuel Macron a lancé l’antenne locale de l’écosystème de startups « French Tech » à Skolkovo. Crédits : Manon Masset/LCDR

Fin d’après-midi, direction Skolkovo : cette « Silicon Valley russe », où le ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique a lancé l’antenne locale de l’écosystème de startups « French Tech ».

Le gratin des entrepreneurs, startups, PME, grands groupes, investisseurs français et russes, s’était donné rendez-vous sur place, à 25 km de Moscou, pour écouter le discours éclair – dix minutes, montre en main – du M. Startup français.

« Il y a des hubs French Tech à Tel Aviv, San Francisco, New York, Tokyo, dans des endroits très dynamiques où sont installées de nombreuses startups françaises, avec beaucoup de Français. Et c’est aussi le cas ici », a déclaré le ministre, en anglais, lors de la cérémonie d’inauguration.

Parmi les startups bénéficiant du label French Tech, on retrouve notamment le champion français du covoiturage BlaBlaCar ou l’agence de retargeting publicitaire Criteo, présents tous deux en Russie depuis deux ans.

« Ce lancement montre notre volonté de renforcer le partenariat entre nos deux systèmes d’innovations et de startups. C’est un levier important pour la Russie, c’est un levier de transformation des modèles d’affaires classiques et c’est un levier de création d’emplois et de partenariats », a conclu le ministre, satisfait, avant de s’éclipser pour attraper son avion, un vol commercial d’Aeroflot direction l’Inde, où l’attendait François Hollande.

Réchauffement

Pour Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe, la visite du ministre français de l’économie à Moscou est un « signal fort envoyé à la communauté d’affaires en Russie ». « Emmanuel Macron est quelqu’un d’important en France, c’est – de fait – le numéro deux du gouvernement et il a la confiance du président. Son annonce concernant le souhait de la France de lever les sanctions à l’été 2016 n’a pas été faite au hasard et s’inscrit pleinement dans le contexte politico-diplomatique. Le ministre envoie un message aux Russes : la France mise sur une sortie de crise ukrainienne et se tient prête à la levée des sanctions », estime l’expert.

Ce processus de « réchauffement des relations bilatérales » a été enclenché en automne dernier, avec le renforcement de la coopération franco-russe en matière de sécurité. François Hollande était à Moscou en novembre, pour inviter la Russie à rejoindre son projet de grande coalition en Syrie, le chef d’état-major des armées françaises, Pierre de Villiers, a suivi en décembre, et le coordinateur du renseignement français, Didier Le Bret, s’est récemment entretenu avec Oleg Syromolotov, vice-ministre russe des affaires étrangères en charge de la lutte anti-terroriste.

« Si les dirigeants français et russes continuent de se parler et de coopérer, cela ne signifie pas pour autant que, sur le volet politique, les positions se soient rapprochées, notamment autour de la composition de la délégation de l’opposition syrienne. Toutefois, cette visite de Macron indique qu’il est hors de question pour la France de laisser filer un partenariat économique important », conclut Arnaud Dubien.

9 commentaires

  1. il faut impérativement lever les sanctions économiques avec nos amis Russes, et reprendre un dialogue constructif entre nos deux pays, nous avons une histoire pour nous rassembler !!!!!! et laisser certaines affaires avec les américains concernant l’économie.

  2. Macron n’est pas l’avenir du peuple laborieux français,il n’ arien mais vraiment rien apporté suaf des chômeurs en plus et des précaires.Partant de là vu côté français,je ne crois pas que ces rencontres et autres entretiens débouchent sur quoique ce soit de vraiment marquant.

  3. Macron est un rockefelerien , c’est une taupe formée au USA qui se fout de la France . S’il est en Russie c’est pour rencontrer ses confrères taupes étatsuniennes et les rassurés du soutien de ceux-ci ! Il est sans doute possible que les valises diplomatiques accompagnant ce monsieur soient bien fournies de ce qu’il faut pour convaincre ! Ce type est sorti de nulle part pour s’imposer au gouvernement français adoubé facilement par François Hollande , il n’ est en fait qu’ un joker AIPAC & co bien préparé , parce que « in fine » qu’est ce qu’il fout en Russie et quel est son mandat ? La France suit l’embargo et subit l’embargo en retour : qu’est ce qu’il espère à part faire le tour des popotes de la dissidences payées et faire rapport au copain de Soros ! Va-t-il revendre les Mistrals gagnants au gouvernement russe pour se faire bien voir : chiche !

  4. La Russie a été beaucoup trop oubliée ces derniers temps par les Occidentaux et notamment par les Français qui avaient souvent le regard à l’Ouest. Bien sûr, la guerre froide, les nombreux essais atomiques dans les années 60, une démocratie hésitante encore et des interrogations sur les droits de l’homme ont pesé lourd dans la création de cette espèce d’éloignement ombrageux. Mais il me semble que les choses ont changé depuis peu, d’abord le monde réalise que les Russes n’ont pas à rougir de leur actions militaires pendant la 2ème guerre mondiale, le monde se souvient que ce sont eux qui ont décroché la conquête spatiale avec le petit Spoutnik, le monde constate que la Russie est présente dans tous les espaces économiques, culturels et sportifs.
    Quelles que soient les raisons pour lesquelles on crée un embargo, on ne peut pas être fier de son résultat. On crée des animosités chez les victimes, on crée des manques à gagner chez les coupables. Et que dire de l’annulation de ventes de bateaux, pourtant payés à l’avance. Ah oui, il fallait punir l’action en Ukraine, c’est vrai. Mais quel gâchis !
    Quand on pense qu’à une période déjà lointaine ( en 882 ) Kiev a été la capitale du premier Etat Russe ! Quand on pense qu’au début de Saint-Pétersbourg on parlait français couramment !
    Il est grand temps d’arrêter ces conflits négatifs et de reprendre un chemin de relations solides et tournées vers l’avenir, construire le futur devant être la feuille de route de tous les diplomates.

  5. Macron l’ Atlantiste formé à l’ école des Rockeffeler fait la tournée de popottes en Russie pour dire aux oligarques inféodés aux USA que l’ AIPAC & co ne les oublie pas et se tient prête à soutenir toutes actions anti-gouvernement actuel ! La valise diplomatique devait être chargée de bonnes intentions ! Sinon qu ‘allait-il faire ce ministre de l’ économie dans un pays sous embargo où on ne peut rien vendre sans l’ autorisation expresse de l’ ami Yankee ennemi juré de la Russie ?

  6. J’ai bien peur que la France soit un valet des USA et …………………………………… bla bla bla sans l’aval des Usa !!!

  7. quoi qu il en soit le gouvernement de HOLLANDE doit dégager , il n a rien compris au début de la crise avec nos amis russes , MISTRAL la viande de porc etc etc etc . rien que ça montre que HOLLANDE est un toutotu chien aux ordres des USA . Je ne vois DE GAULLE faire ce que HOLLANDOUILLE a fait . et le RIPOUX-BLICAIN SARKO qui nous a mis dans de salle draps avec le retour a l OTAN , et nous faire rentrer dans l UE par le traité de LISBONNE dont 55% des Français avaient rejeté.

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