Incidents en mer entre navires turcs et russes

Dimanche 13 décembre, en mer Égée, le navire militaire russe Smetlivi a dû tirer des coups de semonce pour éviter une collision avec un chalutier de pêche turc en approche. Le lendemain, un navire de commerce battant pavillon turc a pour sa part bloqué le passage à un convoi russe embarquant deux installations de forage.

Navire militaire russe Smetlivi. Crédits : WikiMedia

Le ministère russe de la défense rapporte qu’à 9h03, heure de Moscou, l’équipage du Smetlivi a découvert la présence, à environ un kilomètre de distance, d’un navire turc, le Geciciler Balikcilik,  qui s’approchait de son bord par la droite.

L’équipage du bateau turc n’a pas répondu aux tentatives des marins russes d’établir un contact radio, poursuit le ministère, et n’a pas réagi non plus aux signaux visuels de leur sémaphore lumineux, ni à leurs fusées de signalisation.

Alors que la distance entre les deux navires n’était plus que de 600 mètres environ, le Smetlivi a lancé des tirs d’infanterie préventifs « afin d’éviter une collision ». Le ministère russe de la défense souligne que ces tirs ont été lancés « dans le sens du mouvement du navire turc » et à une distance qui garantissait qu’ils n’atteindraient pas leur cible. « Tout de suite après, le bateau turc a changé de trajectoire, puis a continué d’avancer parallèlement au navire de garde russe, à une distance de 540 m, sans jamais entrer en contact avec l’équipage », poursuit le ministère.

Depuis 2013, le Smetlivi participe aux opérations de la Marine russe en mer Méditerranée et est impliqué dans les opérations aériennes militaires de la Russie en Syrie.

Hier, l’attaché militaire à l’ambassade turque en Russie, le contre-amiral Ahmet Gunes, a été convoqué en urgence au ministère russe de la défense. Lors de son entretien avec l’adjoint au ministre russe de la défense, Anatoli Antonov, le diplomate s’est vu « alerter fermement quant à de possibles conséquences funestes liées à des actions irréfléchies d’Ankara visant le contingent militaire russe qui lutte contre le terrorisme international en Syrie », selon le communiqué du ministère russe de la défense. Les militaires russes assurent également que la tragédie n’a pu être évitée « que par un heureux hasard ».

Comment cela a-t-il pu arriver ?

Selon les officiers de marine russes interrogés par Lenta.ru, l’incident peut s’expliquer par toute une série de raisons. Le chalutier turc a d’abord pu s’approcher du navire russe par hasard : il n’est pas rare que les équipages des navires de pêche asiatiques enfreignent les règles de navigation et provoquent des situations dangereuses.

Mais les sources de Lenta.ru n’excluent pas l’hypothèse que le bateau turc se soit approché du navire russe intentionnellement. Peut-être avait-il pour mission de provoquer un incident entraînant l’emploi des armes, qui aurait permis à la Turquie d’accuser la Russie d’agression et de fermer les détroits de la mer Noire : Ankara n’y est autorisée qu’en cas de guerre ou de menace de guerre, selon les dispositions de la Convention de Montreux de 1936 sur le régime des détroits.

Enfin, le bateau de pêche pouvait effectuer une mission pour le compte des services secrets ou des militaires turcs : depuis une simple opération d’espionnage jusqu’à la couverture des agissements d’un navire sous-marin ou d’un robot sous-marin autonome.

Pouvait-on ne pas tirer ?

La sécurité d’un navire relève de la responsabilité directe de son commandant, et les obligations de ce dernier dans chaque situation sont déterminées par les ordres que chaque navire reçoit avant de pénétrer dans une mer ouverte. Dans ce cas, toutes les situations pouvant exiger un recours aux armes sont envisagées dans le moindre détail, jusqu’à la distance d’ouverture de feu.

Les tirs d’infanterie préventifs vers un bateau non identifié qui s’approche d’un navire de guerre sont une des mesures prévues lorsque les autres tentatives d’obliger ce bateau à changer son cours ont échoué. L’étape suivante aurait pu être de tirer directement sur le bateau.

Que dit le navire turc ?

Le propriétaire du chalutier turc a déclaré à CNN Türk que son chalutier, au moment de l’incident en mer Égée, ne se trouvait qu’à deux kilomètres de distance du navire russe.

« Nous suivions notre itinéraire. Nous ne savions même pas que c’était un navire russe, nous pensions que c’était un bateau de l’OTAN. Nous sommes passé à côté de lui à 8h30, et nous n’avons pas entendu de tirs », a déclaré pour sa part le capitaine, M. Muzaffar, au quotidien turc Hurriyet.

Le capitaine a précisé avoir déjà transmis, pour expertise, les enregistrements d’une caméra qui se trouvait à bord de son bateau.

De son côté, le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré qu’Ankara ne s’exprimerait à propos de l’incident en mer Égée qu’après avoir entendu les dépositions des pêcheurs du bateau turc.

Nouvel incident

Membres des services de sécurité russes en action. Crédits : RIAN/WikiMedia
Membres des services de sécurité russes en action. Crédits : RIAN/WikiMedia

Lundi 14 décembre, un autre incident est survenu, en mer Noire, entre des navires russe et turc. La société pétrolière et gazière russe Tchernomornefetgaz a rapporté qu’un navire portant pavillon turc avait refusé de laisser passer un de ses convois de transport, et tenté de lui barrer la route, créant un risque d’accident.

Tchernomornefetgaz précise que le capitaine du navire turc a ignoré tous les appels de l’équipage du bateau russe et refusé d’entrer en contact radio. Finalement, c’est un navire des services de sécurité russes et une vedette lance-missiles de la flotte de la mer Noire qui ont dû contraindre le navire commercial turc à changer de direction afin de ne pas mettre en danger le convoi pétrolier.

La compagnie pétro-gazière précise que ce convoi visait, « dans la situation internationale complexe », à déplacer deux installations de forage depuis le gisement de gaz d’Odessa vers les eaux territoriales russes. Le coût total de cet équipement est estimé à 25 milliards de roubles (environ 320 millions d’euros). « À l’heure actuelle, toutes nos installations de forage se trouvent dans les eaux territoriales de la Fédération russe, et leur sécurité est assurée », peut-on lire dans le communiqué de presse de Tchernomorneftegaz.

Rappelons que les relations entre Moscou et Ankara traversent une mauvaise passe depuis la destruction de l’avion russe Su-24 par un chasseur turc F-16 le 24 novembre à la frontière turco-syrienne. Cette attaque a été qualifiée de « coup de poignard dans le dos » par le président russe Vladimir Poutine. La Russie a adopté en riposte une série de sanctions économiques contre la Turquie.

3 commentaires

  1. NE PAS BAISSER PAVILLON FACE AUX TURCS. LA RUSSIE EST UNE GRANDE NATION, LA SEULE NATION EUROPEENNE QUI RESTE ET LA SEULE A DEFENDRE NOTRE CIVILISATION. MOSCOU CAPITALE DE L ‘EUROPE. LES TURCS SONT TOUJOURS DES INTRIGANTS ET DES TRICHEURS. DES LE PREMIER PROBLEME ILS IRONT SE PLAINDRE A LEUR PROTECTEUR AMERICAIN
    COURAGE RUSSIE COURAGE ET BRAVO. NE PAS LAISSER CES GENS ARROGANTS PENSER QU ILS VONT REFAIRE L EMPIRE OTTOMAN.

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