Rencontre entre Vladimir Poutine et Bachar el-Assad à Moscou

Dans la soirée du 20 octobre, le président syrien Bachar el-Assad s’est rendu à Moscou, où il s’est entretenu avec Vladimir Poutine, trois semaines après le début des frappes russes en Syrie.

Rencontre Poutine - Assad à Moscou, le 20 octobre. Crédits : kremlin.ru
Rencontre Poutine – Assad à Moscou, le 20 octobre. Crédits : kremlin.ru

Depuis le début de la crise syrienne, en 2011, Bachar el-Assad n’avait jamais officiellement quitté la Syrie. L’annonce de sa visite dans la capitale a d’ailleurs été tenue secrète jusqu’au lendemain matin par le Kremlin, qui a attendu le retour du président syrien à Damas pour publier un communiqué de presse et un enregistrement vidéo de la rencontre sur son site.

Selon le compte-rendu du gouvernement russe, Vladimir Poutine a de nouveau rappelé à son homologue que Moscou ne pouvait tolérer l’expansion du terrorisme au Moyen-Orient. « Cela représente un danger pour de nombreux pays du monde, dont la Russie, puisque malheureusement, quelque 4 000 ressortissants des républiques ex-soviétiques, au minimum, combattent contre l’armée régulière syrienne. Et nous ne pouvons admettre que ces individus reviennent sur le territoire russe après avoir reçu une formation militaire et un endoctrinement idéologique », a déclaré le président russe.

La Russie, a insisté M. Poutine, part du principe que la résolution de la crise syrienne sur le long terme est possible sur une base politique avec la participation de toutes les forces civiles, ethniques et religieuses. « Et bien évidemment, le dernier mot doit revenir au peuple syrien », a souligné le chef d’Etat, précisant que Moscou contribuerait également à ce processus.

Bachar el-Assad a pour sa part tenu à remercier la Russie pour son engagement militaire en Syrie. « Le terrorisme qui s’est répandu dans la région aurait gagné encore plus de terrain sans vos actions et votre décision [d’intervenir] », a salué le président.

Outre ce tête-à-tête présidentiel, le dirigeant syrien s’est entretenu avec plusieurs hauts représentants politiques russes sur la situation dans son pays et la lutte contre le terrorisme, indique le communiqué du Kremlin, sans donner plus de précisions.

Pour le représentant du Conseil national syrien d’opposition (CNS) à Moscou, Mahmud al-Hamza, interrogé par le quotidien Kommersant, la visite de Bachar el-Assad constitue un vrai signal positif pour la régulation de la crise syrienne. « Il y a deux points à retenir. Premièrement, la Russie est parvenue à ce que Bachar-el-Assad sorte de Syrie après cinq ans de guerre. Deuxièmement, et c’est le plus important, les présidents ont discuté d’une sortie de crise politique. Je pense que les résultats de cette rencontre seront visibles très bientôt », a-t-il assuré.

Un peu plus tôt dans la journée, Moscou et Washington s’étaient pour leur part entendus sur l’établissement d’une zone de sécurité entre avions en Syrie, a informé le ministère russe de la défense.

Moscou espère que ce document concernera tous les acteurs de la coalition dirigée par les États-Unis. Selon le porte-parole du ministère russe de la défense Igor Konachenkov, ce mémorandum règle la totalité des sorties militaires aériennes au-dessus de la Syrie, y compris celles de drones.

« Ce document montre l’important potentiel de la coopération russo-américaine, notamment dans la lutte contre le terrorisme », a salué le ministre adjoint à la défense, Anatoli Antonov.

La Russie poursuit ses frappes aériennes en Syrie. Au cours des dernières 24 heures, l’armée de l’air a frappé 60 positions de l’État islamique dans les provinces de Hama, Lattaquié, Damas, Idleb, Alep et Deir ez-Zor, a indiqué mardi 20 octobre le ministère russe de la défense. 19 quartiers généraux des terroristes ont été détruits ainsi que deux dépôts, une usine de munitions de combat, 30 positions d’engins et neuf fortifications.

La Russie a mené ses premiers raids aériens en Syrie mercredi 30 septembre, quelques heures après avoir reçu le feu vert unanime du Conseil de la Fédération. D’après le président de la Commission des affaires étrangères de la Douma, Alexeï Pouchkov, la campagne de frappes aériennes russes en Syrie devrait durer de trois à quatre mois.

La guerre civile syrienne est un conflit armé qui fait rage depuis mars 2011. Au départ, il opposait le gouvernement aux rebelles, qui exigeaient le départ de l’actuel président, Bachar el-Assad. Depuis 2014, plusieurs autres factions ont rejoint les combats pour le contrôle du territoire, dont l’État islamique, qui contrôle tout l’Est du pays, le Jabhat al-Nosra et d’autres groupuscules de plus petite taille. Le Nord du pays est contrôlé par le Parti de l’Union démocratique kurde, qui se bat également contre l’EI.

Le régime syrien bénéficie des renforts du Hezbollah, de groupes armés irréguliers et de brigades chiites irakiennes et étrangères, ainsi que du soutien de l’Iran et de la Russie. Téhéran a déjà envoyé de nombreux conseillers militaires à Damas et promis de soutenir le gouvernement syrien jusqu’au bout.

Toutes formations militaires confondues, Bachar el-Assad disposerait d’environ 140 000 soldats, estime l’expert militaire russe Vladimir Evseev, cité par RBK.

1 commentaire

  1. Vladimir Putin reçoit le chef légal du peuple Syrien qui est le seul à pouvoir faire obstacle aux groupes terroristes ! Sans Bachar El Assad dae’ch investirait la Syrie ce que ne comprend pas ou ne veut pas comprendre la coalition contrôlée par SSHA !!!!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *