Guerre par procuration entre la Russie et les États-Unis en Syrie

Tandis que l’armée syrienne attaque les provinces de Lattaquié, Alep et Homs, l’opposition armée soutenue par l’Occident s’efforce de reprendre le dessus non seulement sur les champs de bataille, mais aussi dans la guerre de propagande. Dans les pages des grands médias mondiaux, les chefs de guerre de l’« Armée syrienne libre » font le compte des blindés gouvernementaux de fabrication russe anéantis grâce aux missiles antichars américains BGM-71 TOW.

Crédits : ministère de la défense russe.
Crédits : ministère de la défense russe.

Toutes ces informations visent à démontrer qu’une bonne utilisation des systèmes antichars peut stopper les avancées de l’armée régulière et changer le cours de la guerre, souligne le quotidien russe Kommersant, jeudi 15 octobre. Washington cherche à faire comprendre que, si les États-Unis ont renoncé à leur programme d’entraînement des insurgés syriens à 500 millions de dollars, ils comptent bien continuer d’équiper les opposants en missiles antichars, comme ils le font depuis 2013.

Les livraisons de ces systèmes de missiles sont assurées par les alliés de Washington dans la région, mais c’est l’administration de Barack Obama, selon The New York Times, qui a pris la décision récente de renouveler les équipements.

Ces annonces sur les destructions des armes russes des troupes du président Assad à l’aide de la technologie américaine en possession des insurgés syriens ont engendré plusieurs réflexions sur une possible proxy war (« guerre par procuration »), selon le terme consacré, entre la Russie et les États-Unis. « Cette guerre par intermédiaires n’est pas le fruit d’un choix conscient, mais d’un concours de circonstances. Celles-ci ont voulu que les insurgés syriens se retrouvent en possession de nombreux missiles antichars, alors que le régime les affronte avec l’aide de la Fédération de Russie », estime Jeffrey White, expert de l’Institute for Near East Policy, basé à Washington, cité par le New York Times.

De son côté, le président Obama a déjà exclu la possibilité d’une guerre par procuration contre la Russie. Il a en outre confirmé, à l’occasion d’une conférence de presse à la Maison Blanche, la volonté américaine d’interagir avec le président Vladimir Poutine sur la Syrie dans l’avenir. « Nous sommes prêts à travailler avec lui, s’il veut contribuer au changement du pouvoir [en Syrie] par la voie politique », a déclaré le président Obama.

Au cours des négociations et rencontres avec ses interlocuteurs américains et européens, la partie russe s’efforce de les convaincre du danger de fournir des armes aux opposants au régime de Damas, a expliqué à Kommersant Maria Zakharova, directrice du département de l’information et de la presse du ministère russe des affaires étrangères. « Nous leur disons une chose : qu’en armant l’opposition modérée, ils ne pourront jamais garantir que ces technologies et ces gens ne se retrouveront pas un jour dans le camp des organisations terroristes. Il n’y a absolument aucune certitude que les SATCP [Sol-Air À Très Courte Portée], dont parle la presse occidentale, ne tombent pas entre les mains de ceux à qui ils n’étaient pas destinés », a souligné Mme Zakharova.

Mercredi 14 octobre, Washington a toutefois annoncé son refus d’accueillir une délégation russe dirigée par le Premier ministre Dmitri Medvedev, chargée de débattre de la situation en Syrie. Vladimir Poutine avait parlé la veille de cette proposition, faite par la Russie à Washington, de négociations pour un règlement de la situation en Syrie. « Nous avons proposé une rencontre au plus haut niveau politique et militaire à Moscou. J’ai aussi dit que nous pouvions envoyer une délégation à Washington, afin de débattre en priorité de la régulation de la crise syrienne, mais nous n’avons pas reçu de réponse pour l’instant », avait indiqué le président russe.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, a répondu que l’administration américaine n’était pas intéressée par des contacts avec la partie russe tant que Moscou « ne chercherait pas à contribuer de façon significative » aux efforts de Washington pour lutter contre le groupe terroriste État islamique.

« L’objectif déclaré de la délégation dont a parlé M. Poutine consistait à œuvrer à la collaboration militaire et à la coordination entre les États-Unis et la Russie. Mais pour être honnête, nous avons répondu que nous n’étions pas intéressés par cette proposition, tant que la Russie ne chercherait pas à apporter une contribution significative à nos efforts dans la lutte contre l’État islamique, a déclaré Josh Earnest lors de son briefing avec la presse, mercredi soir. La Russie a ses propres plans en Syrie. Et pour l’instant, elle les exécute en solitaire. »

Le porte-parole de la Maison Blanche a ajouté que « la tentative de Moscou de convaincre les États-Unis de se rallier à ses agissements » témoignait seulement du caractère isolé des efforts de la Russie. « Nous sommes prêts à saluer toute contribution constructive de la Russie, à condition que celle-ci s’inscrive dans la continuité des actions de la coalition internationale de lutte contre l’État islamique. Mais la Russie a une autre position », a précisé Josh Earnest, cité par l’agence RIA Novosti.

Le lendemain, jeudi 15 octobre, à l’occasion d’une conférence de presse à Astana, Vladimir Poutine a qualifié la position des États-Unis de « non constructive ». « La faiblesse de cette position s’explique, visiblement, par l’absence d’un quelconque ordre du jour. Manifestement, il est plus simple de ne parler de rien », a déclaré Vladimir Poutine, cité par l’agence TASS.

Au cours des dernières 24 heures, l’aviation russe a mené 33 sorties et frappé 32 cibles de l’Etat islamique dans les provinces d’Idleb, Hama, Damas, Alep et Deir ez-Zor, a indiqué le ministère de la défense russe, jeudi 15 octobre. Vidéo du raid à Idleb. 

La Russie a mené ses premiers raids aériens en Syrie mercredi 30 septembre, quelques heures après avoir reçu le feu vert unanime du Conseil de la Fédération. D’après le président de la Commission des affaires étrangères de la Douma, Alexeï Pouchkov, la campagne de frappes aériennes russes en Syrie devrait durer de trois à quatre mois.

La guerre civile syrienne est un conflit armé qui fait rage depuis mars 2011. Au départ, il opposait le gouvernement aux rebelles, qui exigeaient le départ de l’actuel président, Bachar el-Assad. Depuis 2014, plusieurs autres factions ont rejoint les combats pour le contrôle du territoire, dont l’État islamique, qui contrôle tout l’Est du pays, le Jabhat al-Nosra et d’autres groupuscules de plus petite taille. Le Nord du pays est contrôlé par le Parti de l’Union démocratique kurde, qui se bat également contre l’EI.

Le régime syrien bénéficie des renforts du Hezbollah, de groupes armés irréguliers et de brigades chiites irakiennes et étrangères, ainsi que du soutien de l’Iran et de la Russie. Téhéran a déjà envoyé de nombreux conseillers militaires à Damas et promis de soutenir le gouvernement syrien jusqu’au bout.

Toutes formations militaires confondues, Bachar el-Assad disposerait d’environ 140 000 soldats, estime l’expert militaire russe Vladimir Evseev, cité par RBK.

Source : Figaro
Source : Figaro

6 commentaires

  1. En surarmant l’opposition modérée les SSHA jouent à l’apprenti sorcier !!!! Quelle frontière existe-t-il entre l’opposition dite modérée et celle qui ne le serait pas ????
    « L’opposition modérée  » n’est que le cheval de Troie de dae’ch !!!!! Le mirage médiatique continue…
    Da Russkaya Armiya !!!

  2. il faut que l’aviation russe anéantisse au plus vite ces fous d’hallats pour notre sécurité à tous dans le monde

  3. Toutes ces informations visent à démontrer qu’une bonne utilisation des systèmes antichars peut stopper les avancées de l’armée régulière et changer le cours de la guerre ?
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    Pourquoi vous contrarier ? par expérience, chaque nouvelle arme infaillible, déclenche une nouvelle arme qui elle, annule les effets des précédentes.
    -C’est ce qui s’est passé fin 1941 avec les invincibles Panzer divisions, Le T-34 les écrasa pour quelques 3 années qui, changèrent tout !
    -C’est ce qui s’est passé avec le Sherman dont on nous annonça être le meilleur Char Blindé du Monde, les Soviétiques et les Alliés, réalisèrent rapidement que,
    les Tigres et les Jag-PANTHERS désarticulaient tous les chars existants en moins de deux secondes, sur deux kms de distance; Puis vinrent…………………….
    les destructions massives des Tigres et Panthers anéantis par roquettes aériennes. Ensuite les centaines de >Forteresses Volantes des U.S.A, descendues
    par le premier avion à réaction Allemand, la seule feinte inventée par les U.S.A fut, toutes affaires cessantes, de détruire tous les terrains d’aviations Allemands
    empêchant l’atterissage des avions à réaction qui durent se poser en catastrophe dans les champs d’où ils ne pouvaient plus décoller !!! Ceci vous démontre
    que, la Russie est en mesure de réagir comme ce fut le cas pour la Bombe H des USA, prévue pour 5 Mégatonnes qui, accidentèlement devint de 15 Mégatonnes.
    ce qui faisait des U.S.A définitivement les Champions du Monde sauf que, les adversaires mettaient en route une Bombe H théoriquement de 100 Mégatonnes !
    le Concepteur de cette bombe, effrayé par les conséquences possibles de destruction de la planète, en réduisit la puissance de moitié soit 50 Mégatonnes !
    Résultats elle fut de 57 Mégatonnes, contrairement à celle des USA INTRANSPORTABLE CAR, était équivalente à un immeuble H.L..M
    de trois étages,

    – La nouvelle Bombe H elle, contrairement à celle des U.S.A, ne pesant que 23 Tonnes était transportée sous la carlingue d’un Quadrimoteur d’où, panique !
    Inutile de broder plus loin , C.Q.F.D !!!!!!!

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