Frappes russes en Syrie : l’armée syrienne progresse

Sur les dernières 24 heures, l’aviation russe a mené 55 attaques aériennes sur 53 cibles de l’Etat islamique (EI) dans les régions de Homs, Hama, Lattaquié et Idleb. Deux semaines après le début des opérations militaires de la Russie en Syrie, la situation sur place a sensiblement changé.

Raid sur un camp d’entraînement de l’EI près d’Idleb lundi 12 octobre

Lundi 12 octobre, le ministère syrien de la défense a annoncé une série de succès des troupes gouvernementales qui, après le début des frappes aériennes russes sur les positions de l’État islamique (EI), ont déployé leurs attaques dans trois directions : sur les provinces de Hama, de Lattaquié et d’Alep. Le général Ali Mayhoub, porte-parole de l’armée syrienne, a indiqué que les troupes gouvernementales avaient pris le contrôle de toute une série de villes et villages et infligé des pertes significatives aux combattants de l’EI. « Un grand nombre de terroristes ont été tués, de nombreux véhicules blindés et entrepôts ont été anéantis et une grande quantité d’armes et de munitions en possession des terroristes ont été saisies », a rapporté le général Mayhoub, cité par l’agence iranienne FSA.

Estimant les pertes infligées par les frappes russes sur les positions de l’État islamique, l’ambassadeur syrien en Fédération de Russie, Riad Haddad, a déclaré le même jour que « près de 40 % de l’infrastructure de l’EI avaient été détruits » depuis le début de l’opération russe, le 30 septembre.

Le porte-parole officiel du ministère russe de la défense, Igor Konachenkov, a pour sa part annoncé que les frappes aériennes russes avaient anéanti le ravitaillement de l’EI sur la ligne de front avec les troupes syriennes. Les islamistes radicaux ont commencé de reculer vers la province syrienne de Idleb, frontalière avec la Turquie.

Igor Konachenkov en conférence de presse. Crédits : ministère de la défense russe.
Igor Konachenkov en conférence de presse. Crédits : ministère de la défense russe.

Dans le même temps, le président Barack Obama a annoncé le gel du projet de soutien américain aux détachements de l’opposition syrienne modérée. « J’étais sceptique dès le départ quant à cette idée de créer en Syrie une quasi-armée », a été contraint d’admettre le président des États-Unis dans une interview pour la chaîne télévisée CBS, dimanche.

À la fin de la semaine dernière, le ministre américain de la défense Ashton Carter avait annoncé que l’armée américaine mettait sur « pause » son programme de formation et d’armement de détachements de l’opposition syrienne modérée à hauteur de 500 millions de dollars. Ce qui met fin, de fait, à la sélection de combattants de l’opposition syrienne en vue de leur entraînement en Jordanie, au Qatar, en Arabie saoudite et dans les Émirats arabes unis. Les représentants de l’opposition syrienne ne seront désormais formés que dans un petit centre d’entraînement en Turquie.

En pratique, cette décision annonce la fin de l’existence de l’ « Armée syrienne libre » comme force active, capable de s’opposer à Damas, ce qui modifie radicalement la situation sur le terrain.

Dans ce nouveau contexte régional, le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a proposé lundi 12 octobre aux États-Unis et à leurs partenaires de s’entendre sur une « division du travail ». Moscou suggère que la coalition dirigée par les États-Unis lutte contre l’EI en Irak, dont les autorités ont demandé l’aide de Washington, tandis que la Russie combattrait l’organisation terroriste en Syrie. Le ministre russe a également annoncé la volonté de Moscou d’ « interagir avec les détachements patriotes de l’opposition armée » afin de les impliquer dans le processus politique. De son côté, le président russe Vladimir Poutine a expliqué dimanche, sur l’antenne de la chaîne télévisée Rossia 1, que la politique russe en Syrie visait à « stabiliser le pouvoir légal en Syrie et créer les conditions pour une recherche de compromis politique ».

De façon inattendue, c’est aussi ce dont se sont mis à parler les principaux opposants internationaux de Moscou sur le problème syrien. « Tous les États impliqués dans le conflit et qui soutiennent tels ou tels groupes doivent participer à un large dialogue » a ainsi déclaré mardi 13 octobre le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. De son côté, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a annoncé la volonté d’Ankara « de mener des négociations avec la Russie et l’Iran sur un règlement en Syrie ». Enfin, le ministre saoudien des affaires étrangères Mohammed ben Salmane Al Saoud s’est prononcé pour « un mouvement capital vers une période de transition, impliquant la participation des représentants du pouvoir en place syrien et de l’opposition ».

La Russie a mené ses premiers raids aériens en Syrie mercredi 30 septembre, quelques heures après avoir reçu le feu vert unanime du Conseil de la Fédération. D’après le président de la Commission des affaires étrangères de la Douma, Alexeï Pouchkov, la campagne de frappes aériennes russes en Syrie devrait durer de trois à quatre mois.

La guerre civile syrienne est un conflit armé qui fait rage depuis mars 2011. Au départ, il opposait le gouvernement aux rebelles, qui exigeaient le départ de l’actuel président, Bachar el-Assad. Depuis 2014, plusieurs autres factions ont rejoint les combats pour le contrôle du territoire, dont l’État islamique, qui contrôle tout l’Est du pays, le Jabhat al-Nosra et d’autres groupuscules de plus petite taille. Le Nord du pays est contrôlé par le Parti de l’Union démocratique kurde, qui se bat également contre l’EI.

Le régime syrien bénéficie des renforts du Hezbollah, de groupes armés irréguliers et de brigades chiites irakiennes et étrangères, ainsi que du soutien de l’Iran et de la Russie. Téhéran a déjà envoyé de nombreux conseillers militaires à Damas et promis de soutenir le gouvernement syrien jusqu’au bout.

Toutes formations militaires confondues, Bachar el-Assad disposerait d’environ 140 000 soldats, estime l’expert militaire russe Vladimir Evseev, cité par RBK.

Source : Figaro
Source : Figaro

2 commentaires

  1. Quelle est la différence entre l’opposition dite modérée et celle qui ne l’est pas ???? Cette prétendue opposition modérée manipulée par daech’ n’est qu’un mirage médiatique entretenu par SSHA ! Yevropa kamerdiner SSHA !!!!
    Seule la Russie de Putin mène une guerre contre le fanatisme barbare religio-fasciste !
    Les chancelleries occidentales marshallisées sont indignées des bombardements Russes !! On rêve !!!!! Une véritable guerre de l’info est lancée à l’encontre de Moscou !!!

    Za V. Putin ! Mirovoy Liderom !
    Ya Lyublyu Rossiya !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *