L’armée syrienne poursuit son offensive, la CEI protège ses frontières

Le 16 octobre, les troupes du président syrien Bachar el-Assad ont attaqué une nouvelle zone de front, dans le nord du pays, à proximité d’Alep. Une avancée qui a été rendue possible grâce aux frappes aériennes russes, rapporte la chaîne télévisée libanaise Al Mayadeen.

Les troupes régulières, à l’issue d’un combat contre les groupuscules Ahrar al-Sham et Jaïsh al-Moujahidin, ont pris le contrôle de la ville d’Al-Wadih. Selon la chaîne libanaise, l’objectif des troupes gouvernementales est de débloquer ce tronçon de la route entre Alep et Damas.

Damas a officiellement demandé à ses adversaires de déposer les armes, et aux citoyens syriens de rester loin des combats. Alep, à 355 kilomètres au nord de Damas, est actuellement divisée en deux : l’armée régulière contrôle l’ouest de la ville, tandis que la partie orientale est aux mains des adversaires du régime.

De son côté, Moscou a indiqué vendredi à travers la voix du vice-chef de l’état-major de l’armée russe, Andreï Kartapolov, que les navires russes croisant en mer Méditerranée pourraient si besoin être impliqués dans les frappes contre l’Etat islamique en Syrie. Ce dernier a également fait savoir que l’aviation russe avait réalisé au total, depuis les premières frappes effectuées le 30 septembre,  669 vols, dont 115 de nuit.

Décollage d’un SU-24M russe à Lattaquié, en Syrie

Plus tôt dans la journée du 16, à l’occasion d’une réunion en petit comité du Conseil des chefs d’État de la CEI (Communauté des États indépendants) au Kazakhstan, le président russe Vladimir Poutine a salué les succès des pilotes militaires russes en Syrie. « Des dizaines de points de ravitaillement et d’entrepôts de munitions, des centaines de terroristes et une importante quantité de technologie de combat ont été anéantis. Parallèlement, nous continuons de demander la formation d’une coalition la plus large possible de lutte contre les extrémistes et les terroristes », a déclaré M. Poutine.

Le président russe a confié que certains progrès avaient été obtenus sur le plan de la coordination des actions et des efforts de lutte contre le terrorisme dans la région. « Nous avons pu établir des contacts d’affaires avec plusieurs États du Proche-Orient. Nous négocions avec l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Égypte, la Jordanie, Israël et d’autres pays, et nous nous efforçons de mettre en place une interaction avec les États-Unis et la Turquie », a précisé M. Poutine.

Le président russe a par ailleurs souligné que cinq à sept mille ressortissants de Russie et des pays de la CEI se battaient aujourd’hui dans les rangs de l’État islamique. « Nous ne pouvons évidemment pas admettre que ces gens appliquent demain, chez nous, l’expérience qu’ils acquièrent aujourd’hui en Syrie », a alerté M. Poutine.

Enfin, le chef de l’État a appelé à suivre attentivement la situation aux frontières extérieures des pays de la CEI, soulignant que la situation en Afghanistan était proche de la crise. « Les terroristes de tout poil gagnent en influence et ne cachent pas leurs projets d’expansion future. Un de leurs buts est de se frayer un passage vers la région centre-asiatique. Et il est important que nous soyons prêts à réagir de façon coordonnée à un tel scénario », a prévenu le président russe.

La vieille, le vice-ministre russe de la défense Iouri Borissov avait annoncé que la Russie pourrait rétablir des patrouilles à la frontière afghano-tadjike. « Les dirigeants politiques de nos pays sont en train de discuter cette question et prendront une décision. Tout est possible », avait confié M. Borissov.

Le 6 octobre, lors d’une rencontre avec Vladimir Poutine, le président tadjik Emomalii Rahmon avait déjà indiqué que plus de 60 % de la frontière entre son pays et l’Afghanistan étaient le théâtre d’affrontements militaires. « Le climat et la situation en Afghanistan se détériorent chaque jour », avait martelé M. Rahmon.

De son côté, le président Barack Obama a annoncé que le contingent américain prolongerait sa présence en Afghanistan après l’année 2016, pour pallier la faiblesse de l’armée gouvernementale et contrer la menace des Talibans. La Maison Blanche prévoit de maintenir la quantité actuelle de troupes américaines détachées en Afghanistan (9 800 personnes) pendant la plus grande partie de l’année prochaine.

La Russie a mené ses premiers raids aériens en Syrie mercredi 30 septembre, quelques heures après avoir reçu le feu vert unanime du Conseil de la Fédération. D’après le président de la Commission des affaires étrangères de la Douma, Alexeï Pouchkov, la campagne de frappes aériennes russes en Syrie devrait durer de trois à quatre mois.

La guerre civile syrienne est un conflit armé qui fait rage depuis mars 2011. Au départ, il opposait le gouvernement aux rebelles, qui exigeaient le départ de l’actuel président, Bachar el-Assad. Depuis 2014, plusieurs autres factions ont rejoint les combats pour le contrôle du territoire, dont l’État islamique, qui contrôle tout l’Est du pays, le Jabhat al-Nosra et d’autres groupuscules de plus petite taille. Le Nord du pays est contrôlé par le Parti de l’Union démocratique kurde, qui se bat également contre l’EI.

Le régime syrien bénéficie des renforts du Hezbollah, de groupes armés irréguliers et de brigades chiites irakiennes et étrangères, ainsi que du soutien de l’Iran et de la Russie. Téhéran a déjà envoyé de nombreux conseillers militaires à Damas et promis de soutenir le gouvernement syrien jusqu’au bout.

Toutes formations militaires confondues, Bachar el-Assad disposerait d’environ 140 000 soldats, estime l’expert militaire russe Vladimir Evseev, cité par RBK.

1 commentaire

  1. Depuis un mois la Russie de V.Putin effectue des frappes aériennes ciblées sur des objectifs de l’EI en Syrie à la demande expresse du Président Bachar el Assad. Les forces aériennes russes ont au cours de leurs sorties frappées à bon escient et détruits des postes de commandement , des camps d’entraînement terroristes, des dépôts de munitions et des raffineries et réservoirs de pétrole appartenant à dae’ch et ont liquidé un grand nombre de terroristes !
    Le Président V. Putin fin analyste s’interroge sur les objectifs réels des frappes orchestrées par la coalition internationale contrôlée par SSHA…
    En effet, Dimanche les forces aériennes de SSHA ont bombardé une centrale électrique à Alep …Pourquoi ont-ils fait cela ???? Qui ont-ils puni???? « Personne ne comprend » a très bien dit le Président V. Putin !
    Da Russkaya Armiya !!!!
    Bolchoïe Spassibo Prezidente V. Putin !
    Putin, Tol’ko yedinstvennyy effektivno borot’sya protiv islamskikh terroristov

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