OTSC : Vladimir Poutine appelle à faire front commun contre la menace terroriste

Intervenant le 15 septembre lors du sommet de l’OTSC à Douchanbé, au Tadjikistan, le président russe Vladimir Poutine a exprimé son inquiétude quant à la situation au Proche-Orient et a justifié la position de Moscou vis-à-vis du régime de Bachar el-Assad.

Vladimir Poutine à Douchambé. Crédits : kremlin.ru
Vladimir Poutine lors de la rencontre de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), qui regroupe la Russie, la Biélorussie, l’Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan. Crédits : kremlin.ru

« Depuis le retrait de la plupart des contingents militaires étrangers qui y stationnaient, la situation, malheureusement, se dégrade en Afghanistan. On voit croître une réelle menace de pénétration, sur le territoire des États frontaliers de l’Afghanistan, de groupes terroristes et extrémistes. Et cette menace est d’autant plus inquiétante que le groupe que l’on connaît sous le nom d’ État islamique (EI) a aussi, à côté d’autres organisations terroristes, étendu son influence sur le territoire afghan », a-t-il déclaré.

L’échelle des activités de cette organisation a largement dépassé les frontières de l’Irak et de la Syrie, a souligné Vladimir Poutine, ajoutant que les terroristes précipitaient des peuples entiers dans le chaos et la misère.

« La situation est très grave, a martelé le président russe. L’EI contrôle des territoires importants en Irak et en Syrie. Les terroristes disent qu’ils avancent vers La Mecque et Médine. Ils prévoient d’étendre leur activité en Europe, en Russie et en Asie centrale et du Sud-Est. »

Le président a rappelé que des combattants originaires de nombreux pays du monde, y compris des États membres de l’OTSC, suivaient dans les rangs de l’EI « un endoctrinement idéologique et une formation militaire », et qu’il existait, par conséquent, un risque qu’ils reviennent dans leur pays.

La réunion de Douchanbé a également été l’occasion pour Vladimir Poutine de réitérer ses appels à la formation d’une coalition mondiale contre l’EI, précisant que la base de cette coalition devrait être composée « du gouvernement syrien, des milices kurdes et de ce qu’on appelle l’opposition modérée », ainsi que des autres pays-clés de la région.

Dans tous les cas, estime-t-on à Moscou, une telle initiative serait vouée à l’échec sans la participation des autorités syriennes. « Nous soutenons le gouvernement syrien dans sa résistance à l’agression terroriste, nous lui fournissons et nous continuerons de lui fournir toute l’aide technique et militaire nécessaire, et nous appelons les autres pays à se joindre à nous, a promis le président russe. Il est indispensable de penser également aux réformes politiques dans ce pays en guise de compromis. Et nous savons que le président Assad est prêt à partager la gestion de l’État avec les forces saines de l’opposition. »

Syrie intervention Russes
Un enfant blessé en Syrie, théâtre d’une guerre civile depuis mars 2011. Crédits : worldhumanrights

Le dirigeant russe en a profité pour répondre aux accusations des pays occidentaux, qui établissent un lien entre la position de Moscou sur la question syrienne et l’augmentation du nombre de réfugiés quittant ce pays. « Les gens fuient avant tout les affrontements militaires, qui sont dans une large mesure provoqués depuis l’extérieur, a rappelé Vladimir Poutine. Si la Russie n’avait pas soutenu la Syrie, la situation y serait aujourd’hui encore plus catastrophique qu’en Libye, et l’afflux de réfugiés, encore plus important. » Rappelons que, depuis le début du conflit, plus de 4 millions de Syriens ont quitté leur lieu de résidence.

Enfin, le président Poutine a évoqué les pays où Moscou n’avait pas « tenu bon » pour soutenir le maintien des régimes en place : la Libye, l’Irak, le Yémen et l’Afghanistan. « Ce n’est pas nous qui y avons détruit et continuons d’y détruire les institutions étatiques du pouvoir, en créant un vide que remplissent immédiatement les terroristes, a laissé entendre Vladimir Poutine, avant de résumer : donc personne ne réussira à nous faire porter le chapeau dans cette affaire. »

Le président russe a appelé les pays occidentaux à cesser d’utiliser les organisations terroristes pour remplacer les gouvernements qui leur déplaisent. « Il faut mettre de côté ses ambitions géopolitiques et renoncer aux doubles standards et à la politique d’utilisation directe ou indirecte de certains groupuscules terroristes pour atteindre ses objectifs propres, notamment le remplacement de gouvernements qui ne conviennent pas à tel ou tel », a annoncé Vladimir Poutine. Pour le président russe, « le bon sens élémentaire et la responsabilité en matière de sécurité régionale et globale exigent que la communauté internationale unisse ses forces contre la menace terroriste. »

Le président russe a également fait part de sa vision du système commun de sécurité euro-atlantique, qu’il estime nécessaire de mettre en place. « Je suis convaincu qu’il est indispensable de relancer le débat sur le thème de la création, dans la zone euro-atlantique, d’un système de sécurité commune et indivisible », a-t-il déclaré, soulignant qu’il fallait « conduire un inventaire complet des problèmes et désaccords accumulés » et, « sur la base de cette analyse, aller vers un débat sur les principes d’un développement politique stable ».

Vladimir Poutine a finalement assuré que « la collaboration dans le cadre de l’OTSC n’est pas dirigée contre qui que ce soit », et que l’organisation était ouverte à toute interaction constructive.

L’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), fondée en 1992, regroupe la Russie, la Biélorussie, l’Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan. Elle s’est fixé pour mission de garantir la sécurité et défendre la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de ses États-membres.

11 commentaires

  1. Monsieur Poutine doit comprendre que l’instigateur principal de tous les problèmes que l’on rencontre sur la surface de la Terre ont pour origine Washington.
    Il faut cesser de tergiverser et voir la vérité comme elle est. Jusqu’à ce que le peuple américain ait fait le ménage, il faut considérer les USA comme ayant la peste, la lèpre et le choléra et les boycotter totalement. Il n’y a pas d’autres alternatives pacifiques pour éviter la guerre et même l’ultime apocalypse… Vladimir arrêtez de jouer la comédie ! Allez à New-York et exprimez-vous clairement. De plus en plus d’humains vous font confiance. Cela pourrait ne pas durer…

    1. Ne vous en faite pas M. Jean-Claude Meslin cela ne saura plus tarder, les Russes tardent á se mettre en selle, mais après, ils chevauchent très vite. Tout ira très vite après le retour de notre Mozart de la politique á savoir le Président Poutine de l´Assemblée des Nations-Unies, oú il ira prendre le monde entier á témoin avant de donner l´ordre d´écraser les terroristes islamistes.

  2. et il a raison Poutine . quand on voit tous ces incapables européens qui n ont de vision que leur petit confort , c est lamentable . heureusement qu il y a des gens sur terre qui voient clair comme le président Russe . En France , des que le menteur de l Elysee degagera en 2017 la lumiere reviendra

  3. Monsieur Poutine – Dieu le garde- a, comme l’avait Winston Churchill, le sens de la formule.
    Il évoque le « bon sens élémentaire » et sa démonstration est limpide : les alliés occidentaux n’ont de cesse que de détruire des régimes, certes souvent peu recommandables, mais au moins …laïques !
    Ces pays sont aujourd’hui tous en train d’être récupérés par les islamistes durs, comme l’Afganistan, l’Irak, la Libye. Etc…
    Pour certains, ce n’est plus qu’une question de temps : Egypte, Tunisie…Liban ? Syrie ?
    Et encore aujourd’hui, que déclare la France ?…que Mr Assad doit abandonner le pouvoir !
    N’y a-t’il vraiment rien de plus urgent à faire ?…ou a déclarer ? Ceci est tout simplement consternant !
    Le problème avoué pour l’Europe est le déferlement de réfugiés qui ne font que fuir des pays dans lequel leur vies sont menacées par daesh.
    Un flux qui ne s’arrêtera qu’avec la suppression de sa cause.
    Qu’attendent les gouvernants européens pour régler le problème à la racine ?
    Et surtout un grand bravo aux journalistes et hommes politiques de tous bords !…pas un seul en Europe n’a évoqué la fabuleuse occasion, trop belle pour être inusitée par daesh, de faire entrer en Europe en toute discrétion leurs agents parmi les réfugiés.
    Lâcheté et malhonnêteté intellectuelle obligent !

  4. maintenant nous arrivons dans la phase la plus grave concernant toute l’EUROPE AVEC DAECH.je pense qu’il faut comme a la 2 guerre mondiale se serrer
    les coudes avec nos amis russes, cela a trop traîné depuis des années, et l’ UE n’a pas pris les décisions au bon moment pour fermer les frontières, ce qui
    est regrettable!!!!!!!

  5. Pour moi, le monde est courant de tout ce qui se passe. vous n’avez qu’à regarder ce qui s’est passé au sommet de la 70 eme conférence de l’ONU. Après la prise de parole de Mr POUTINE, toute la salle était très concentrée et une pluie d’applaudissement s’est faite entendre alors que pour celui de washington, pas vraiment. Le guignol de l’élisée s’était plus grave. Bon en clair le monde doit être multipolaire et les RUSSES se chargeront de cela. Ils vont très lentement mais surement. De plus, tout ce que Mr POUTINE a affirmé ce jour est clair et très cohérent. Cet homme a une parole et un franc parler

  6. Le grand mérite de la Russie c’est aussi d’avoir démasqué les dirigeants des principaux pays de l’Otan, qui durant des années ont fait semblant de bombarder et combattre les hordes terroristes, puisqu’en quelques semaines d’intervention directe russe, les résultats furent spectaculaires

  7. V. Putin est le seul défenseur de l’Occident Chrétien et à dénoncer la décadence occidentale ! Il fait preuve de compétence et d’intelligence politique ! Za Yevropa ot Atlantik do Urala !!!! Rossiya s nim velikaya sila !!!

  8. Je viens de relire le commentaire que j´ai fais après la publication de cet article, sans me vanter, je pense que j´avais vu juste.
    Comme je l´avais écris á l´époque, après le retour du Président Poutine des Nations-Unies, que tout irait très vite.
    Il a suffit de moins de six mois de campagne militaire en Syrie pour changer la donne, et la situation en Syrie a changé.
     » Les Russes tardent á se mettre en selle, mais après ils chevauchent très vite », proverbe Russe.
    Bravo la Russie.

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