Moscou tente de réconcilier les deux Soudans

Jeudi 10 septembre, à Moscou, des négociations ont eu lieu entre le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov et ses homologues respectifs du Soudan et du Soudan du Sud, Ibrahim Ghandour et Benjamin Barnaba. Cette rencontre doit se conclure, le 11 septembre, sur la signature d’un accord de coopération, qui viendra renforcer le rôle de Moscou en tant que médiateur clé dans la résolution du conflit inter-soudanais, annonce le journal Kommersant.

De gauche à droite : Ibrahim Ghandour, Sergueï Lavrov et Benjamin Barnaba. Crédits : MID RU
De gauche à droite : Ibrahim Ghandour, Sergueï Lavrov et Benjamin Barnaba. Crédits : MID RU

La veille de la rencontre, Sergueï Lavrov a rappelé que Moscou « soutient l’établissement de relations amicales entre le Soudan et le Soudan du Sud ». Le ministre russe a également salué les efforts fournis en ce sens par les autres médiateurs internationaux. Selon Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, « [l’établissement d’un] dialogue inter-soudanais au niveau ministériel a un caractère sans précédent » et « démontre l’intérêt marqué des partenaires soudanais et sud-soudanais pour une coopération avec la Russie ».

Les hôtes africains ont l’intention de signer à Moscou un accord de coopération sous la médiation de la Russie, a annoncé Ibrahim Ghandour à l’issue des pourparlers trilatéraux. Son collègue Benjamin Barnaba a pour sa part ajouté : « Il sera indiqué dans le document que Moscou deviendra le centre des interactions entre Khartoum et Djouba [capitales respectives du Soudan et du Soudan du Sud]. »

Après avoir remercié Moscou pour ses efforts de médiation qui ont « permis d’arriver rapidement à un accord », le ministre soudanais des affaires étrangères a déclaré être prêt à commencer à réaliser l’accord sur la sécurité signé en 2012 par les dirigeants des deux États, Omar el-Bechir et Salva Kiir, et qui prévoit la création d’une zone démilitarisée s’étendant sur 1 800 km et le refus « de tout soutien à des groupes partisans sur les deux territoires ». Encore récemment, ces accords n’avaient pas pu être complètement respectés.

« Moscou a le potentiel non négligeable de jouer le rôle de médiateur dans la résolution du conflit inter-soudanais », affirme Alexandre Tkatchenko, directeur du Centre d’étude des pays d’Afrique du Nord de l’Institut de l’Afrique de l’Académie russe des sciences. « Compte tenu des relations positives que Khartoum et Djouba ont nouées avec Moscou et des liens économiques et politiques de longue date entre le Soudan et la Russie, cette dernière pourrait apporter aux deux États une aide efficace dans la résolution des questions en suspens, en premier lieu celles ayant trait au territoire contesté d’Abiyé et à d’autres régions concentrant les principales réserves de pétrole », conclut l’expert.

Le conflit inter-soudanais est un conflit armé en cours depuis le 21 mai 2011 entre le Soudan et des factions proches du Soudan du Sud pour le contrôle de l’Abiyé, région riche en pétrole. Il fait suite au référendum sur l’indépendance du Soudan du Sud, qui s’est déroulé du 9 au 15 janvier et qui prévoyait la scission du pays le 9 juillet 2011. Le conflit a fait plus de 100 000 déplacés.

3 commentaires

  1. Je connais mal le problème qui oppose les deux Soudan, mais c’est l’occasion de souligner l’action bénéfique pour la paix dans le monde qui anime la Russie d’aujourd’hui, ici en Afrique, mais aussi ailleurs, comme en Syrie par exemple où les initiatives russes sont les bienvenues, comme encore en Ukraine, où la modération russe évite la guerre à laquelle l’OTAN, les USA et leurs représentants à Kiev ne cessent de pousser. Il est heureux que la Russie retrouve une place incontournable dans la géopolitique mondiale.

  2. Ca change de la méthode US qui consiste a trouver un méchant parmi les deux, à l’écraser sous les bombes et a finir par se mettre le deuxième à dos

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