Intéressé par un Mistral ? Achetez l’hélicoptère qui va avec !

La Russie souhaite vendre ses hélicoptères Ka-52K au futur acheteur des Mistral français, a annoncé le journal Kommersant, mercredi 2 septembre, en citant des sources russes travaillant dans la sphère de la coopération militaro-technique.

Le Mistral. Crédits : Wikimedia
Le Mistral. Crédits : Wikimedia

« Moscou a l’intention de proposer aux pays intéressés par les Mistral d’acheter, en même temps que les navires français, les hélicoptères russes Ka-52K, conçus spécialement pour être embarqués à leur bord », affirme une source citée par le quotidien russe.

La Russie se réserve en outre un droit de veto sur l’acheteur des deux porte-hélicoptères, ont annoncé plusieurs agences de presse le 1er septembre en citant une source au sein du gouvernement russe.

Parmi les pays figurant dans la liste des acheteurs potentiels publiée par Le Figaro, se trouvent notamment l’Inde, le Brésil, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Vietnam, l’Égypte et Singapour. Kommersant souligne que la Russie développe une coopération militaro-technique poussée avec l’Égypte, l’Arabie saoudite et l’Inde et qu’elle ne devrait par conséquent pas s’opposer à l’acquisition éventuelle des navires français par ces Etats.

Les interlocuteurs de Kommersant qualifient de « peu fondée » la déclaration faite, le 6 août dernier, par le président François Hollande, qui affirmait que la France n’aurait « aucune difficulté pour trouver des preneurs ». Ils reconnaissent toutefois que certains pays s’intéressent effectivement aux Mistral.

« Durant la récente rencontre [le 26 août] entre le président Vladimir Poutine et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, ce dernier a évoqué un achat éventuel des porte-hélicoptères français, mais cet intérêt n’était que purement hypothétique », explique une source du quotidien russe en précisant que l’Égypte pourrait utiliser les navires pour mener des manœuvres militaires au Sinaï. « Il est évident que, dans le contexte actuel, l’Égypte aura besoin de l’aide financière d’un pays tiers », a ajouté la source en refusant de confirmer ou non si la Russie pouvait remplir le rôle de bailleur de fonds.

KA-52, "Alligator", sur lequel sera basé le KA-52K destiné aux Mistral. Crédits : militaryrussia.ru/
KA-52 « Alligator », sur lequel sera basé le KA-52K destiné aux Mistral. Crédits : militaryrussia.ru/

Malgré la non-livraison des Mistral et le paiement par la France de ses obligations vis-à-vis de la Russie (949 754 859 euros, selon l’accord signé par la France et la Russie le 5 août et publié sur le site de l’Assemblée nationale), Moscou continue de suivre attentivement le dossier et les contacts se poursuivent entre les deux pays. Dans un avenir proche, chacun devra démonter les équipements installés sur les porte-hélicoptères dans le cadre du contrat afin de les retourner à leurs producteurs.

Évalué à près d’1,2 milliard d’euros, le contrat de construction des deux navires de type Mistral avait été signé entre le constructeur français DCNS et la société publique russe Rossoboronexport en juin 2011. Le premier de ces vaisseaux, le Vladivostok, devait initialement être remis à Moscou à la mi-novembre 2014, mais il stationne aujourd’hui encore dans le port de Saint-Nazaire, tout comme le deuxième, le Sébastopol, en raison de l’implication présumée de Moscou dans le conflit ukrainien. Le 5 août, après près d’un an de discussions, François Hollande et Vladimir Poutine sont finalement parvenus à un accord pour mettre un terme au contrat signé et se sont entendus sur le fait que « désormais, ce dossier [était] clos ».

Le Mistral est un navire de guerre polyvalent capable de transporter des hélicoptères, des chars ou des chalands de débarquement et d’accueillir un état-major embarqué ou un hôpital.

5 commentaires

  1. Cher Courrier de Russie,
    Il y a quelques jours, vous affirmiez que les Français pouvaient désormais disposer de ces navires à leur guise. Ce qui n’était pas le cas puisque le contrat prévoyait initialement une clause qui stipulait qu’en cas de non livraison, même si le remboursement est effectué, l’accord des Russes quant au futur acquéreur devait être requis. Un peu plus d’attention, s’il vous plaît, car cela ne fait pas très sérieux.

  2. La Russie a bien raison de s’être ménagé un droit de véto sur la vente de ces navires.
    C’est la Russie qui est en position de force …
    Quel pays osera encore faire confiance à la France qui n’honore pas ses contrats?

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