Forum économique oriental : l’intervention de Vladimir Poutine en cinq points

Du 3 au 5 septembre, Vladivostok accueille le Forum économique oriental, institué par Vladimir Poutine le 19 mai 2015. Le président russe a personnellement inauguré cet événement. Retour sur ses principales déclarations de la journée.

Le discours de Vladimir Poutine au premier Forum économique oriental à Vladivostok. Crédits : kremlin.ru
Discours de Vladimir Poutine lors du premier Forum économique oriental à Vladivostok, le 3 septembre. Crédits : kremlin.ru

Sur le développement de l’Extrême-Orient

« Le développement de l’Extrême-Orient est une priorité historique de la Russie. Aujourd’hui encore, nous voyons l’avenir de l’Extrême-Orient comme celui d’un des principaux centres de développement socio-économique de notre pays. Ce centre doit être intégré à l’ensemble de la région Asie-Pacifique, en pleine croissance. Et l’essor de l’économie et des infrastructures ainsi que la création de nouvelles usines et d’emplois constituent les principaux objectifs vers lesquels nous tendons dans la région.

Nos priorités en Extrême-Orient sont : une politique active de développement social, l’installation d’infrastructures modernes de transport et d’éducation, la construction de logements abordables et l’élaboration d’un système de santé de qualité. Il faut également, bien entendu, élargir la liberté économique et créer pour les investisseurs russes et étrangers un climat propice aux affaires, afin qu’en termes d’efficacité et de rendement, l’Extrême-Orient russe rivalise avec les plus grands centres d’affaires.

Les résidents du port franc de Vladivostok bénéficieront d’un éventail encore plus large d’avantages douaniers. Dès octobre 2015, une loi correspondante entrera en vigueur, dont l’application s’étendra à tous les ports clés du sud du Primorié, de Zaroubino à Nakhodka, ainsi qu’à 15 municipalités représentant près de 75 % de la population du kraï du Primorié.

Les citoyens étrangers pénétrant sur le territoire russe via le port franc de Vladivostok pourront demander un visa de huit jours, directement à la frontière.

Sur l’Ukraine

« Puisque nous parlons de l’exécution des accords de Minsk, je voudrais rappeler certaines choses. Premièrement, tout amendement à la Constitution ukrainienne doit être introduit en accord avec le Donbass. Deuxièmement, la loi sur les élections municipales doit être validée avec le Donbass. Troisièmement, une loi d’amnistie devait être adoptée, ce qui n’a pas été fait. Enfin, l’entrée en vigueur de la loi sur le statut spécial de ces territoires, pourtant votée, a été repoussée.

En d’autres termes, à ce jour, nos homologues à Kiev n’ont malheureusement rempli aucune des quatre conditions essentielles de ces accords politiques.

D’autre part, le fait que l’Ukraine ait été placée sous contrôle extérieur et que tous les postes clés du gouvernement – et maintenant de certaines régions clés – soient occupés par des étrangers constitue, selon moi, une insulte au peuple ukrainien. L’Ukraine manquerait-elle de personnes honnêtes et décentes, de dirigeants compétents ?! Évidemment que non. »

Samedi 30 mai, le président ukrainien Petro Porochenko a nommé au poste de gouverneur de la région d’Odessa l’ex-président géorgien (2004-2013) Mikhaïl Saakachvili, naturalisé ukrainien la veille. Crédits : oda.odessa.gov.ua/
Samedi 30 mai, le président ukrainien Petro Porochenko a notamment nommé au poste de gouverneur de la région d’Odessa l’ex-président géorgien (2004-2013) Mikhaïl Saakachvili, naturalisé ukrainien la veille. Crédits : oda.odessa.gov.ua/

Sur la crise des migrants en Europe

« Nous en parlons depuis longtemps. Cette crise était inévitable. Il y a plusieurs années, la Russie – et votre humble serviteur en particulier [moi, Vladimir Poutine, ndt] – avait prédit que d’importants problèmes surviendraient si nos « partenaires occidentaux » s’entêtaient à mener cette politique étrangère erronée dans les régions du monde musulman, du Proche-Orient et d’Afrique du Nord.

De quelle politique suis-je en train de parler ? De celle qui impose ses standards sans prendre en compte les particularités historiques, religieuses, nationales et culturelles de ces régions. Cette politique que mènent, avant tout, nos partenaires américains.

Et j’entends aujourd’hui avec étonnement plusieurs médias américains critiquer l’Europe pour sa « fermeté exagérée », disent-ils, à l’égard des migrants. Mais les États-Unis ne font pas face à un tel afflux migratoire. Alors que si l’Europe porte aujourd’hui ce lourd fardeau, c’est, selon moi, parce qu’elle a aveuglément suivi les instructions américaines. »

Sur d’éventuelles frappes contre l’État islamique

« Il est encore trop tôt pour envisager cette éventualité. Mais nous fournissons déjà à la Syrie un soutien assez significatif, autant technologique qu’en termes de formation de leurs soldats et d’équipement.

Nous devons combattre le terrorisme ensemble – je tiens à insister là-dessus. Ensemble, nous devons lutter contre ce fléau et contre les extrémismes de tout poil, et ce, particulièrement dans les pays qui posent problème. Cette question cruciale doit être résolue – autrement, il sera absolument impossible d’aller de l’avant. Enfin, comment voulez-vous avancer dans les régions contrôlées par cet « État islamique » auto-proclamé ? C’est impossible, les gens fuient ces zones, des centaines de milliers de vies humaines sont anéanties, le patrimoine culturel est détruit, des gens sont brûlés vifs, noyés et décapités… De quelle vie s’agit-il ? Évidemment, que les gens s’enfuient.

Premièrement, l’essentiel est donc de lutter ensemble contre le terrorisme et l’extrémisme. Deuxièmement, il faut remettre sur pieds l’économie et la sphère sociale de ces pays. Et seulement de cette façon, dans le respect de l’histoire, des traditions et des religions de ces peuples et de ces pays, il faudra ensuite y rétablir les structures étatiques et de gouvernement et leur fournir une aide économique et politique de grande envergure. »

Durant la session du premier Forum économique oriental à Vladivostok. Crédits : kremlin.ru
Au total, la Russie compte réunir 4 000 investisseurs originaires de 24 pays lors de ce premier forum. Crédits : kremlin.ru

Sur la crise économique

« Notre ligne de conduite générale ne consiste pas seulement à dépenser nos réserves ou à utiliser les sources budgétaires pour soutenir des secteurs de production ou des entreprises en particulier. Notre ligne consiste à élargir la liberté d’entreprendre, à « débureaucratiser » notre système économique et à améliorer la prise de décision et le climat d’affaires.

Quant à la volatilité des prix des ressources énergétiques – nos produits d’exportation traditionnels –, elle existe bel et bien. Et elle dépend des processus à l’œuvre dans l’économie mondiale et sur les marchés asiatiques. Mais je tiens à préciser que nos partenaires chinois et nous-mêmes ne voyons là rien de dramatique. »

1 commentaire

  1. bravo : !!vladimir poutin fait une politique ²audacieuse internationale en tenant à distance l otan (usa frace r.u), en ukraine, et se presente en homme de paiX en syrie. Daech est l ennemi,commun certes! apres l occident criminalise encore plus le pdt assad (pas un enfant de choeur non plus), pour envahir la syrie, crée sa zone dinfluene economique, afin de construire des terminaux petroliers et de gaz sur la cote syrienne;;;;;ce qui evite aux multinationales usa et ue (ou liés) de passer par la longue route de l’afrique du sud! bien plus couteuse et encore des profits à faire mais en s’ingerant dans les affaires syriennes. Le pretexte humanitaire des americains et leur caniche européen « puant le neo liberalisme pour le profit d’une minorite de boursiers parasites, interesé en fait par le seul petrole plus daz est un montage grossier faisant passer ²l europe et usa pour des faux liberateurs et poutin, pour un soutien a un dictateur syrien qui a le dos large aussi! puisse v putin mettre un sd veto à la politique us agressive, ainsi que du tres mediocre hollande, s’etant fait ramasser une fois deja pour une intervention aerienne vvoire plus en irak, car en perte d’influence interieure ve ses trahisons sociales en france ( smic gelé, petites retraites gelés, tabassage fical des petits foyaux avec les impots locaux etc) dominique lhotellier

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